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Qu’est-ce qui fait tourner le monde?

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Des passionnés aux idées nouvelles créent en Suède une grappe industrielle de bioraffineries prospères.

Il existe plusieurs réponses à cette question : l'argent, un équipement nec plus ultra, et des investisseurs. Mais il existe aussi une autre réponse : la Passion! Et pas seulement quand il s'agit de créer une approche non traditionnelle comme le développement de la bioraffinerie. Aujourd'hui, le besoin de transformer de plus en plus de molécules provenant des arbres en d'autres produits que ceux traditionnels est devenu une priorité pour plusieurs usines de pâtes et papiers. Jusqu'à maintenant, cela n'était pas le cas quand des sociétés comme Domsjö en Suède et Borregaard en Norvège étaient considérées comme bizarres.

La zone de développement de Domsjö, située à côté de Örnsköldsvik au nord de la Suède, est un très bon exemple de l'importance de passionnés et de ce qui y a été réalisé au cours des quinze dernières années. Pendant plus d'un siècle, MoDo était l'industrie forestière dominante de la région. Pendant des années, on y a produit des sulfites et des pâtes au sulfate, des papiers fins, du bois d'œuvre, de l'équipement de cour à bois, des maisons unifamiliales préfabriquées, des panneaux poreux, des produits chimiques et de l'éthanol. La production de papier sulfite et de pâtes de dissolution, d'éthanol et de produits chimiques ainsi qu'une importante section de recherche et développement étaient situées dans la même zone et l'usine de pâtes au bisulfite fournissait le chauffage, l'eau et le traitement des eaux vannes pour toute la zone.


                            La zone de développement de Domsjö située au nord de la Suède.

Durant la deuxième guerre mondiale, une industrie chimique basée sur l'éthanol provenant de l'usine de pâtes au bisulfite de Domsjö, a donné naissance à un secteur important de l'industrie chimique de la Suède. Lorsque le pétrole à bon marché est devenu disponible après la guerre, la majorité des produits de Domsjö n'étaient plus concurrentiels et beaucoup d'activités chimiques de la compagnie ont déménagé sur la côte ouest de la Suède et ont utilisé le pétrole. La politique de la compagnie passa alors de la diversité à la concentration vers les pâtes et papiers fins et les activités connexes comme les produits chimiques furent progressivement abandonnées.

Une usine de pâtes aux neuf vies

Bien que le Do de MoDo signifie Domsjö, plusieurs essais furent tentés pour fermer l'usine. Mais comme un chat, l'usine avait encore des vies en réserve. Lorsque l'ultime effort de la direction de MoDo pour fermer l'usine n'aboutit à rien, un groupe de six passionnés investisseurs achetèrent l'usine le 31 décembre 1999. Comme disait plus tard l'un d'entre eux : « MoDo a vendu une usine de pâtes et nous avons acheté une bioraffinerie ». Ce fut le point tournant pour cette zone qui non seulement fournit des idées de produits et d'investissements pour transformer une fabrique de pâtes au bisulfites en une vraie bioraffinerie, mais aussi des idées de collaboration entre les compagnies, les universités et le secteur public pour former une grappe industrielle basée sur les produits forestiers bruts et leurs résidus.

Afin de créer de nouvelles idées, trois passionnés imaginèrent que les compagnies majeures de cette région devraient s'appeler Processum Biorefinery Initiative. Pour démarrer ce développement, on embaucha comme directeur exécutif un vrai passionné entrepreneur qui s'est arrangé pour amener des compagnies et des universités du nord de la Suède à créer avec succès une vraie grappe industrielle de bioraffinerie.

La bioraffinerie du futur

Ce qui était connu autrefois comme la zone industrielle de Domsjö, est donc appelée maintenant la zone de développement Domsjö et elle est devenue le cœur de la grappe industrielle de la ''bioraffinerie du futur''. Elle comprend une série de compagnie comme des producteurs de pâtes et papiers, des conseillers en processus et de fournisseurs d'équipement qui d'une façon ou d'une autre sont en relation avec l'industrie forestière. D'autres membres importants de la grappe sont les universités, les instituts de recherche ainsi que le public et les organisations privées de financement.

Les clefs du succès de la grappe sont l'enthousiasme et la collaboration. Les compagnies comme les universités, de Suède ou d'ailleurs, collaborent aux projets de bioraffinerie en vue du développement de nouveaux produits et procédés basés sur les produits forestiers renouvelables ainsi que sur les écoulements résiduels et les déchets. Chaque projet doit avoir plusieurs partenaires différents et les résultats, à moins qu'ils ne fassent l'objet d'un brevet, sont publiés sur le site Internet www.processum.se. Au cours des sept dernières années, plus de 150 projets ont été réalisés et 30 d'entre eux ont fait l'objet d'un brevet ou sont actuellement en instance d'en obtenir un.


                            Le bioréacteur

Un essai concluant en laboratoire se doit d'être vérifié en phase pilote ou de démonstration avant d'atteindre le marché public. Afin d'accélérer le processus, SP Processum a investi dans 15 équipements pilotes différents parmi lesquels des projets de recherche sont choisis pour être développés. Dans la zone, existe une bioraffinerie de démonstration qui reproduit une usine avec procédés industriels réels ce qui signifie que la zone de développement Domsjö peut, en collaboration avec une gamme étendue de partenaires, transférer des idées de bioraffinerie prometteuses à partir du laboratoire vers une usine pilote possédant des conditions similaires à celles de l'industrie.

Des projets prometteurs

À titre d'exemple de quelques projets prometteurs, une méthode de production de protéines unicellulaires a été créée à partir d'un écoulement résiduel industriel, protéine qui, mélangée à de la nourriture de poisson, a été testée avec succès sur les poissons. Il en est résulté que ceux-ci ont pris du poids plus rapidement qu'avec la nourriture habituelle. Ce projet fait partie des trois projets de recherche européens qui on reçu le trophée EARTO l'année dernière. L'EARTO est l'organisation européenne des instituts de recherche. Les boues de liqueur verte ont constitué un problème de déchets pour les papetières, mais on a développé une méthode de colmatage des déchets de mine avec un mélange de boues de liqueur verte et de till et soudainement un problème est devenu une opportunité.


                            La cérémonie de remise de prix de l'EARTO (l'organisation européenne des instituts de recherche)

Le procédé au sulfate provoque la formation de gaz d'extraction qui est constitué surtout de méthanol, d'ammoniac et de plusieurs composés sulfurés organiques. On a monté un projet pour extraire les autres gaz de l'éthanol et il en est résulté une méthode brevetée basée sur l'oxydation et la distillation. Une usine pilote sera bientôt construite dans une fabrique de pâtes au bisulfite en Suède. Un dernier exemple de projet de la grappe est le ''Plastique Produit Localement'' qui étudie la possibilité de bâtir un industrie européenne qui collecte la biomasse forestière et la convertit en produits de plastique biologique.

Grâce aux passionnés courageux et clairvoyants et de concert avec des partenaires nationaux et internationaux ainsi que les compagnies de la zone de développement Domsjö, SP Processum est devenue le noyau très viable du développement extensif de la bioraffinerie. Sans ces visionnaires passionnés d'il y a quinze ans, de même que ceux du développement et ceux d'aujourd'hui, la zone actuelle aurait été fermée. La plupart des idées et des innovations seraient nées ailleurs et peut-être même pas du tout.


 

 

 
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