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Le potentiel de croissance de l’Inde

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À l'APFC, nous avons la chance de faire partie d'un milieu de travail composé de gens qui ont une variété de formations et d'expériences. Certains ont travaillé au gouvernement, d'autres dans l'industrie. Certains sont relativement nouveaux dans le milieu des produits forestiers et d'autres y ont passé toute leur carrière. Nous avons des ingénieurs, des forestiers, des spécialistes des relations publiques et bien d'autres. Cela nous donne des points de vue différents sur de nombreux enjeux et, comme dans la nature où la biodiversité de la forêt rend l'écosystème plus fort, la diversité d'un milieu de travail le rend plus solide.

Nancy Tupper, notre analyste économique, est diplômée de l'Université Carleton (et passionnées de rugby). Dans le blogue de cette semaine, Nancy partage certaines de ses constatations sur les possibilités qui s'offrent aux produits forestiers sur les marchés en croissance de l'Inde. -- David Lindsay, président et chef de la direction, APFC.

par Nancy Tupper, analyste économique, APFC

L’Inde connaît une remarquable transformation. Comme analyste économique, je suis frappée par la capacité de ce pays à changer la dynamique du commerce du secteur canadien des produits forestiers. La question est de savoir comment pénétrer ce marché qui se développe rapidement et comprendre les réalités qui composent le visage moderne de l’Inde.

Les principaux facteurs qui expliquent la croissance de l’Inde sont une population d’âge actif qui est jeune et qui augmente rapidement, un développement du secteur manufacturier découlant de la hausse des niveaux de scolarité et de compétences ainsi qu’une croissance continue du marché de la consommation. L’économie de l’Inde est au dixième rang mondial pour le PIB et elle compte parmi les grandes économies qui ont la croissance la plus rapide. Dans une génération, on verra une nation caractérisée par une classe moyenne en pleine ascension sociale consommant des biens de toutes sortes, des voitures de luxe aux vêtements griffés. D’ici 2030, l’Inde sera le pays le plus peuplé au monde, avec la classe moyenne la plus importante sur la planète. Ce dont on ne parle pas souvent, c’est comment cette croissance modifie le style de vie des familles indiennes. Les entreprises qui ne réussissent pas à comprendre les souhaits et les goûts uniques du nouveau consommateur indien rateront l’une des plus importantes possibilités de croissance des vingt prochaines années.

L’Inde a fait un travail remarquable pour sortir les gens de la pauvreté. En 1985 encore, 93 pour cent des Indiens vivaient avec moins d’un dollar par jour. Aujourd’hui, le nombre d’Indiens défavorisés a chuté pour s’établir à 54 pour cent de la population, car 103 millions de personnes sont sorties de la pauvreté extrême et bien d’autres millions sont nées dans des conditions plus prometteuses. On prévoit que plus de 290 millions de personnes de plus se sortiront de la pauvreté au cours des 20 prochaines années.

La classe moyenne compte actuellement environ 50 millions de personnes, mais d’ici 2025 elle aura augmenté de façon spectaculaire pour s’établir à 583 millions – soit environ 41 pour cent de la population. L’Inde a vu ses taux de salaire horaire plus que doubler au cours de la première décennie du 21e siècle. La nouvelle classe moyenne supérieure en croissance rapide est caractérisée par les jeunes diplômés des grandes universités indiennes qui commandent des salaires élevés et montrent des goûts semblables à ceux des jeunes Occidentaux prospères – véhicules luxueux, vêtements de grands couturiers et vacances à l’étranger. D’ici 2025, il y aura 9,5 millions d’Indiens dans cette classe et leur pouvoir d’achat atteindra 14,1 billions (mille milliards) de roupies, soit 20 pour cent de la consommation totale en Inde. Selon un rapport de PricewaterhouseCoopers paru en 2011, le PIB de l’Inde, lorsque considéré à parité du pouvoir d’achat, pourrait dépasser celui des États-Unis d’ici 2045.

Avec l’augmentation des revenus s’accentue la consommation, en particulier des produits comme les essuie-tout, le papier hygiénique, les serviettes de papier, les couches pour bébés et les emballages, tous importants pour l’industrie des produits forestiers. Les tendances indiquent que la consommation de papier par habitant devrait augmenter de 3 % par année dans un avenir prévisible.

Actuellement, le taux de littératie est d’environ 62 % chez les plus de 15 ans et l’espérance de vie scolaire d’un enfant est de 12 ans. Cependant, le gouvernement de l’Inde a rendu l’éducation obligatoire et gratuite en 2009, ce qui se traduira par 175 millions d’enfants de plus à l’école chaque année et poussera à la hausse la demande pour les livres, les publications et les journaux. En fait, l’Inde est le second importateur de papier journal canadien en importance. L’économie indienne consomme environ 2,91 millions de tonnes métriques de papier journal par année, dont plus de la moitié est importée, et on prévoit que la demande dépassera 5,6 millions de tonnes métriques d’ici 2025. Globalement, les produits forestiers représentent la deuxième exportation du Canada en Inde, pour une valeur de 373 millions de dollars (2013). Cette année, les exportations vers l’Inde sont à la hausse, notamment de 33,7 % pour les produits papetiers.

Le Canada a toutefois des défis à relever. Par exemple, nous sommes désavantagés par la distance qui sépare les deux pays; le transport constitue donc un coût important. La Chine, la Russie, l’Indonésie et l’Afrique du Sud développent leurs opérations forestières et leur capacité de production pour répondre aux besoins grandissants de l’Inde, et ces pays ont un avantage géographique sur le Canada pour les coûts d’expédition. Par contre, le Canada utilise des pratiques d’aménagement forestier durable parmi les meilleures au monde, et compte le plus de produits forestiers certifiés.

L’APFC aimerait voir l’Inde réduire ses barrières tarifaires et non tarifaires pour que le Canada puisse continuer à être concurrentiel sur ce marché en croissance. On pense à l’élimination d’un tarif douanier de 10 % sur le papier, y compris le papier journal, à l’élimination des droits qui rendent les produits de bois moins abordables, comme des droits antidumping, et au retrait de tarifs graduels variant de 5,1 % à 34,4 %, qui sont plus élevés sur les produits à valeur ajoutée et encouragent donc les importations de fibre non transformée. L’exigence d’un certificat indiquant que tout le bois résineux du Canada subit des traitements thermiques et par fumigation constitue un autre problème, qui réduit la compétitivité des produits canadiens.

Idéalement, le Canada et l’Inde se tourneraient vers le libre-échange. Considérant le brillant avenir de l’Inde et sa classe moyenne en croissance, le libre-échange permettrait des relations commerciales plus étroites et d’intéressantes possibilités qui entraîneraient plus de prospérité et d’emplois pour l’industrie des produits forestiers chez nous.

 Source: Le blog du Président / Association des produits forestiers du Canada

 

 
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