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Révolution sécurité au Québec depuis 10 ans

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Depuis un peu plus de 10 ans, l'industrie des pâtes et papiers a connu une véritable révolution en terme de santé et sécurité an travail. Un changement de mentalité important a fait en sorte que la santé et sécurité est devenue plus qu'une simple priorité. C'est devenu une valeur ancrée dans les mentalités où chaque travailleur doit participer. Tour d'horizon.

En mai dernier, Produits forestiers Résolu annonce qu'elle ferme temporairement l'usine de pâtes et papiers de Dolbeau-Mistassini. La cause : six accidents sont survenus récemment. « Les statistiques ne mentent pas. Lorsqu'il y a beaucoup d'accidents, ça finit presque toujours par un accident majeur. On ne voulait pas attendre que les statistiques aient raison », explique Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales de Résolu. Pendant les deux jours de fermeture à l'usine de Dolbeau, les employés ont été rencontrés pour faire le tour de la situation. « On a voulu s'assurer que chaque employé s'engage à faire les efforts nécessaires pour la santé et sécurité », ajoute M. Blackburn. Depuis, aucun accident n'est survenu.

Cette situation démontre bien l'importance de la santé et sécurité des travailleurs. Selon M. Blackburn, la santé et sécurité des travailleurs fait partie des responsabilités de l'entreprise, mais les travailleurs doivent également assumer la responsabilité d'améliorer constamment leur propre sécurité et celle de leurs pairs.

De 2007 à 2014, le nombre de blessés chez Résolu est passé de 508 à 67, alors que le taux OSHA a atteint 0,86.

Chez Domtar, même son de cloche. Alors qu'il y avait un à deux accidents par mois il y a 10 ans à l'usine de Windsor, on a recensé que deux accidents en 2014. Selon Éric Ashby, directeur général de l'usine Windsor, ces améliorations sont dues en grande partie à un changement de mentalité.

Depuis plus de 10 ans, c'est toute une culture de santé et sécurité au travail qui a été bâtie chez Domtar. « Selon les études, chaque employé fait cinq erreurs par heure. L'humain fait des erreurs et l'erreur est humaine, avoue humblement M. Ashby avant d'ajouter : la première étape est d'accepter cette réalité ». C'est alors que l'employeur réalise qu'il porte une part des responsabilités en ce qui concerne la santé et sécurité de ses travailleurs.

« Chaque décision a un impact sur la santé et la sécurité des travailleurs. On doit tous apprendre à minimiser le risque d'erreurs ensemble », ajoute ce dernier avec passion. Il existe en fait quatre grands stades d'évolution de la philosophie sur la santé et sécurité au travail dans une entreprise. D'abord, c'est l'instinct naturel où il n'existe aucun plan concret. Puis, il y a le stade de supervision, où les employés sont sanctionnés lorsqu'ils enfreignent les règlements. Au troisième stade, le travailleur est sensibilisé pour son bien-être et il se prend en charge. Le stade ultime est celui de l'interdépendance, où chaque travailleur a le courage d'intervenir pour sa santé et celle de ses collègues.

« Après 25 ans de travail, j'ai rarement vu des entreprises au dernier stade. Nous n'y sommes pas encore, mais nous travaillons très fort pour l'atteindre », lance Éric Ashby, qui assume un rôle de leader dans l'industrie. Il n'existe pas de recette miracle pour rendre une usine sécuritaire, c'est un travail de tous les instants.

Il y a une dizaine d'années, on observait beaucoup plus de mortalité avec des bobineuses et des enrouleuses selon Pascal Rousseau, coordonnateur de l'Association de la santé et de la sécurité des pâtes et papiers et des industries de la forêt du Québec. Après avoir effectué d'importantes installations techniques pour réduire les accidents, l'industrie québécoise des pâtes et papiers a pris un important virage comportemental. « Les entreprises se sont rendu compte que tous les travailleurs ont un rôle à jouer. Ils peuvent tous s'aider. Il ne faut pas simplement des inspecteurs. Il faut que de plus en plus de travailleurs prennent la santé et sécurité en charge », dit-il.

Kruger a également suivi cette tendance. « On ne peut rien faire dans nos usines ou dans nos bureaux si ce n'est pas fait de façon sécuritaire », mentionne Daniel Archambault, vice-président de direction chez Kruger. Pour améliorer son bilan en terme de santé et sécurité, l'entreprise a mis en place 24 mécanismes de contrôle du risque, qui traitent des méthodes de travail, du milieu de travail, de l'équipement de protection personnel et autres.

Ces actions portent fruit, mais c'est aussi à toute l'équipe de direction d'assumer un leadership dans le domaine, ajoute M. Archambault. « Le PDG a une responsabilité comme tous les employés chez Kruger », dit-il. Ce changement de mentalité a permis à l'entreprise d'abaisser son taux OSHA de 10 à 2 en 10 ans. M. Archambault admet qu'il reste encore beaucoup de travail à faire, mais que toute l'industrie est dans la bonne direction. De plus, c'est un secteur non compétitif où les sociétés peuvent partager l'expertise et les connaissances sur le sujet sans perdre d'avantages concurrentiels.


 

 
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