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Kruger et Québec partenaires pour transformer l’industrie

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Québec a investi 190 M$ des 250 M$ nécessaires à la transformation d'une machine à papier de Kruger, dont 106 M$ en tant qu'actionnaire et 84 M$ sous forme de prêt. Fini le temps où le gouvernement prêtait ou subventionnait simplement l'industrie, il veut maintenant profiter des investissements et faire partie de la réussite.


(de gauche à droite) : Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs; Philippe Couillard, Premier ministre du Québec; Joseph Kruger II, président du Conseil d'administration et chef de la direction, Kruger inc. et Jean-Denis Girard, ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allégement réglementaire et au Développement économique régional et ministre responsable de la région de la Mauricie.
Crédit photo : Courtoisie Kruger / Éric Morissette.

« Le gouvernement veut prendre davantage de participation dans les entreprises pour en faire profiter les contribuables », souligne Chantale Corbeil, porte-parole d'Investissements Québec. Le gouvernement sera désormais un partenaire d'affaires des entreprises qui veulent investir pour transformer l'industrie.

Avec cet investissement de 106 M$, Investissement Québec devient actionnaire de 25 % des parts de la nouvelle entreprise Emballage Kruger (société en commandite Kruger Holding S.E.C.), qui regroupe aussi les activités des usines de Montréal et de Brampton en Ontario. Cette entreprise comprend plus de 600 M$ d'actifs et emploie plus de 800 personnes dont 620 au Québec.

Mais, est-ce que cet investissement signifie que Québec devient un compétiteur des autres papetières ? Pas du tout, répond Mme Corbeil. « Nous sommes ouverts à travailler avec les autres entreprises qui veulent faire la même chose », mentionne la porte-parole qui note qu'Investissement Québec a des parts dans plus d'une centaine d'entreprises dont Cascades.

Pour Kruger, c'est une opportunité de réduire son exposition au papier journal, soutient Daniel Archambault. « Le marché du papier journal a chuté de 12 % en Amérique du Nord l'an dernier. La conversion au carton fait partie de notre stratégie de transformation », dit-il. Alors que Kruger produisait 1,2 million de tonnes de papier journal par an en 2000, l'entreprise n'en produira plus de 600 000 tonnes lorsque la machine numéro 10 cessera sa production.

« Notre gouvernement prend part à ce projet d'envergure à titre de partenaire d'affaires. Nous voulons soutenir des initiatives qui permettront de maintenir et de créer des emplois dans toutes nos régions, tout en récoltant les bénéfices qui y seront associés », avait déclaré le premier ministre Philippe Couillard lors de l'annonce officielle.

Cet investissement permet de maintenir les 270 emplois à l'usine de Trois-Rivières. Le directeur québécois d'Unifor, Renaud Gagné, se réjouit évidemment de cette annonce. « Nous privilégions ce genre d'investissements dans les nouveaux créneaux de transformation de la matière ligneuse depuis longtemps. On ne peut que saluer l'annonce d'aujourd'hui », a-t-il commenté.


Usine Kruger Trois-Rivières. 
Crédit photo : Courtoisie Kruger / Éric Morissette.

Le carton d'emballage :
un marché en pleine expansion


Le Maître papetier s’est entretenu avec Daniel Archambault, vice-président de direction, division Produits industriels chez Kruger, pour en savoir davantage sur la stratégie de transformation de l’entreprise.

Le Maître papetier : Quelle lecture faites-vous de la demande de carton d’emballage ?
Daniel Archambault : Le marché du carton d’emballage représente plus de 30 millions de tonnes par an en Amérique du Nord, alors que le marché du papier journal n’est plus que de 3,5 à 4 M tonnes. Le marché du carton croit de 1,5 à 2 % depuis 2008, ce qui représente 600 000 tonnes par an. De plus, c’est un marché que l’on connaît déjà, car nous opérons deux usines de carton à Montréal et à Brampton.

LMP : Êtes-vous satisfait du rôle du gouvernement dans cet investissement ?
D.A : Oui, car c’est un projet très important et ça fait longtemps que l’on a pas vu un tel investissement dans le monde des pâtes et papiers au Québec. Kruger et le gouvernement du Québec ont travaillé fort au montage financier. Québec est maintenant un partenaire d’affaires qui participe au risque, mais qui sera aussi présent quand on fera des profits.

LMP : Comment pensez-vous vous démarquer dans le marché du carton ?
D.A. : On produira 360 000 tonnes de carton doublure haut de gamme 100 % recyclé. En Amérique du Nord, il y a très peu de production de carton très léger à haute résistance et c’est une tendance que nous souhaitons exploiter. Plus du tiers de la production de 360 000 tonnes sera consommé par nos deux usines de boîtes. On demeurera un petit joueur, mais on sera en mesure d’offrir aux clients un produit plus léger.

LMP : Est-ce que Kruger continuera à produire du papier journal à long terme ?
D.A. : Je pense que le papier journal sera encore présent pour plusieurs décennies, mais je ne pense pas que c’est un secteur qui va croitre à nouveau. Et on doit accepter ça. En tant qu’entreprise, soit tu acceptes de rester le « last man standing », soit tu regardes pour trouver des voies pour assurer la pérennité de tes usines. Kruger a décidé d’investir dans un projet de recherche et développement de filaments de cellulose et dans la conversion d’une machine à papier pour réduire notre exposition au papier journal. Nous y croyons toujours, car nous produisons encore plus de 600 000 t dans nos 3 usines. Mais on regarde le futur à long terme.


 

 
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