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Un monopole en vue si Résolu gagne la bataille

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Le bras de fer continue pour l'acquisition de FIBREK

Si Produits forestiers Résolu finit par mettre la main sur Fibrek, ce sera une défaite pour ses petits actionnaires et pour la concurrence sur le marché des produits forestiers au Lac-Saint-Jean.

Lors de son passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean la semaine dernière, Jean Charest a défendu la position de son gouvernement qui a appuyé l'offre d'achat de Mercer grâce à un prêt de 70 millions de dollars d'Investissement Québec. « Nous voulons garder une compétition dans le marché et nous voulons éviter une situation de monopole. Dans ce temps-là, je considère que nous avons raison d'intervenir», a souligné le premier ministre. Si Résolu prend le contrôle de Fibrek, il détiendrait alors l'emprise sur le marché du copeau de bois dans la région.

PG-CoteLe président et chef de la direction de Fibrek, Pierre Gabriel Côté abonde dans le même sens. Dans une entrevue accordée au Quotidien au mois de janvier il déclarait : « Pour Abitibi, on est des Gaulois, car on négocie avec d'autres fournisseurs et ça permet de faire baisser le prix des copeaux. On est une nuisance pour eux, car on est un gros joueur qui arbitre le marché. C'est clair, ils veulent le monopole et avaler un petit pour tenter d'enlever cette épine dans le pied. On s'est fait tirer dans le dos alors qu'on ne s'attendait pas à ça. Le gouvernement ne peut pas donner à Abitibi tout ce qu'il veut. Il faut qui reste de la place pour d'autres joueurs comme nous, les scieries indépendantes, Arbec, Chantiers Chibougamau et Barette Chapais pour éviter ce monopole».

Forcé de se mettre à vendre

Fibrek n'était pas à vendre lorsque Résolu a déposé son offre d'achat hostile. « Nous avions un plan d'affaires sérieux et le support du conseil d'administration sur ce plan d'affaires. On travaillait à redynamiser nos activités depuis 5 ans et on avait une base solide de croissance. À partir du moment où une offre d'achat non sollicitée a été présentée et que l'on veut refuser cette offre, on n'avait pas d'autres choix que de se mettre en vente », résume Dany Paradis, Fibrek, vice-président, Gestion du changement et chaine d'approvisionnement.

D-ParadisLe conseil d'administration de Fibrek a rapidement rejeté l'offre d'achat à 1,00 $ l'action déposée par Résolu et conseillé à ses actionnaires de refuser cette offre. Fibrek exigeait entre autres qu'une évaluation indépendante statue sur la valeur de l'entreprise et soutient que Résolu a profité d'un creux dans la valeur de l'action de Fibrek, à 0,78 $ le 28 novembre 2011, pour faire une offre d'achat hostile. L'évaluation indépendante commandée par Fibrek a finalement statué que la valeur des actions de Fibrek se situe entre 1,25 $ et 1,45 $. En date du 23 février, la valeur de l'action s'établissait à 1,29 $.

« Nos actionnaires ont reçu deux offres, celle d'Abitibi à 1,00 $ l'action et celle de Mercer à 1,30 $ l'action. La demande d'Abitibi de cesser les négociations sur l'offre supérieure de Mercer est une tentative éhontée de recourir indûment à la procédure règlementaire afin d'empêcher nos actionnaires d'obtenir une valeur supérieure », a commenté M. Côté dans un communiqué.

Le rôle de certains holdings financiers brouille les cartes dans cette affaire. Par exemple, Fairfax est à la fois propriétaire d'environ 26 % des actions de Fibrek et de 18 % des actions de Résolu. « Étant donné son rôle dans les deux entreprises, Fairfax aurait du demander une évaluation indépendante de l'entreprise avant de se commettre », estime M. Paradis.

Bataille juridique en cours

Produis forestiers Résolu vient de gagner une manche dans le débat judiciaire l'opposant à Fibrek en faisant interdire les titres d'un placement privé de 32,3 M$. Ces bons de souscription auraient pu permettre à Mercer de devenir majoritaire avec son offre. Fibrek a répliqué immédiatement en portant la cause en appel.

Par contre, le Bureau de décision et de révision en valeurs mobilières du Québec (BDR) a jugé valide l'offre d'achat déposé par Mercer à 1,30 $ l'action. L'offre d'achat de Résolu à 1,00 $ l'action a été à nouveau prolongée jusqu'au 9 mars afin de mettre la main sur 66 et 2/3 % des actions de FIbrek. Pour l'instant, 67 millions d'actions ont été déposées, soit 51,5 % des titres en circulation.

L'offre d'achat de Résolu se chiffre à 130 M$ alors qu'elle s'était départie de Fibrek pour 628 M$ en 2002.

La bataille juridique se poursuit...


Guillaume-Roy

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