Accueil Blogues Guillaume Roy Forum Innovation Bois - Des pistes de solutions pour réinventer l’industrie des pâtes et papier

Forum Innovation Bois - Des pistes de solutions pour réinventer l’industrie des pâtes et papier

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L'industrie des pâtes et papiers doit investir massivement pour se moderniser et se diversifier. Pour y parvenir, le gouvernement du Québec devra élaborer des mesures d'aides et des programmes favorisant les produits à faible empreinte carbone.

« Depuis une quinzaine d'années l'industrie des pâtes et papiers va de crise en crise, ce qui veut dire que l'on a moins de capital disponible pour moderniser nos usines », a soutenu Daniel Archambault, président du chantier Pâtes, papiers et Bioproduits, lors du Forum Innovation Bois tenu à Rivière-du-Loup le 31 octobre dernier. Résultat : il est de plus en plus difficile de gérer une industrie en décroissance. « C'est pourquoi il faut soutenir la modernisation et la transformation des usines qui veulent faire de nouveaux produits », ajoute ce dernier.

Mais comme les cycles de développement de produits sont très longs, le gouvernement doit trouver le moyen de venir en aide au développement et à la mise en marché de nouveaux produits lancés par les « startup » de haute technologie de l'industrie des pâtes et papiers. «Lancer un nouveau produit, c'est un cycle de 5 à 10 ans qui demande beaucoup d'investissements et aujourd'hui l'industrie n'a plus les reins assez solides pour prendre de tels risques. Il faut donc développer des approches de partenariats et développer des programmes pour supporter le développement de ces nouvelles technologies-là sur le cycle complet », explique Daniel Archambault.

L'entreprise CelluForce, qui fabrique de la cellulose nanocristalline (CNC), en est l'exemple, car plus de cinq ans après son lancement, en 2011, l'entreprise devrait annoncer les premières applications commerciales au cours des prochains mois. C'est la preuve que même si la coentreprise gérée par Domtar, Schlumberger et FPInnovations est le leader mondial de la commercialisation et de la production d'un produit révolutionnaire, il est difficile de mettre en marché des produits innovants et de les rentabiliser sur une courte période. « Contrairement aux startups de logiciels par exemple, il faut faire de très gros investissements dans la machinerie dans une startup manufacturière, souligne Stéphane Corbeil, président et chef de la direction de CelluForce. On a toujours besoin de financement pour améliorer nos procédés et trouver de nouveaux débouchés. »

Créer la demande pour la bioénergie

Il existe aussi un énorme potentiel de croissance de la bioénergie au Québec... si le gouvernement crée la demande. « Au Québec, les importations de pétrole représentent un déficit commercial de 30 milliards de dollars. La lutte aux changements climatiques crée un marché pour les produits de bioénergie », mentionne Serge Mercier, président du chantier sur les bioproduits.

Mais comment créer la demande ? Comme 64 autres pays dans le monde, le Québec doit fixer des mesures pour aider au développement de l'industrie, croit Patrice Mangin, directeur général de Bioénergie La Tuque qui caresse un projet de bioraffinerie d'un milliard de dollars. « Le gouvernement est un peu frileux pour l'instant, mais à terme il devra déposer une loi obligeant les entreprises à incorporer un certain pourcentage, par exemple 10%, de carburant renouvelable dans l'essence et le diesel pour les transports », dit-il.

C'est le genre d'initiative gouvernementale qui créerait davantage de valeur pour le biomazout qui sera produit à compter de l'automne 2017 par Bioénergie AE Côte-Nord, la nouvelle usine de pyrolyse qui utilisera de la biomasse forestière pour produire 40 millions de litres de biocarburant pouvant remplacer le mazout lourd. Si le Québec n'impose pas un taux minimal de biocarburants, les produits québécois seront exportés au sud de la frontière,où des mesures contraignantes imposées par le gouvernement créent une valeur ajoutée pour les produits verts, estime Serge Mercier, qui est président également président d'Arbec, un investisseur dans Bioénergie AE Côte-Nord.

Sans investir d'argent directement, le gouvernement pourrait aussi créer une demande pour la biomasse forestière en favorisant l'utilisation de ce combustible dans les villages éloignés desservis par un réseau autonome.

Alors que l'industrie des pâtes et papiers a déjà réduit de 70% sa production de gaz à effets de serre (GES), l'industrie forestière s'est engagée à réduire de 8 mégatonnes de GES, ce qui représente 30% de l'objectif fixé par Québec d'ici 2030.

« L'industrie fait partie de la solution pour lutter contre les changements climatiques. On a une belle histoire à conter et on doit le faire connaitre au public, et plus particulièrement aux jeunes pour qu'ils viennent travailler dans notre industrie », ajoute Daniel Archambault.

Attirer la main-d'œuvre et redorer l'image de l'industrie sont deux enjeux majeurs qui ont été soulignés par les cinq chantiers lancés par le gouvernement.

Un premier pas du gouvernement

Après la présentation des enjeux et des solutions proposées par les cinq chantiers, le gouvernement a lancé un plan d'intervention de 38 millions de dollars sur 5 ans pour aider à la modernisation l'industrie forestière où il s'engage à adopter une politique québécoise pour favoriser l'utilisation de biocombustibles dans les bâtiments publics. Un plan considéré comme timide par plusieurs acteurs de l'industrie. « Ce n'est que la première phase à différentes interventions que l'on fera », a mentionné le ministre Luc Blanchette.


Signature du plan de travail de l'industrie forestière par Marco Veilleux, vice-président Pâtes, papiers, cartons et panneaux au CIFQ, Luc Blanchette, ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, et Éric Bouchard, président du conseil d'administration du CIFQ.

Sur les 38 millions de dollars annoncés pour mettre en place le plan de travail sur l'industrie forestière, 22,5 M$ seront dédiés au programme Innovation Bois, un programme dédié à la veille technologique, à la recherche appliquée et à la démonstration de produits innovants. Des sommes seront aussi allouées à la formation et à la tenue d'une tournée de promotion du secteur.

Le ministre Blanchette a aussi confirmé les investissements de 225 millions de dollars sur deux ans en sylviculture, tout en soulignant le programme de 200 millions de dollars mis sur pied pour abaisser les tarifs électriques pour les entreprises manufacturières, dont font partie les industriels des pâtes et papiers.


Plusieurs ministres et présidents des chantiers lancés pour le Forum Innovation Bois se félicitent du travail accompli au terme de la journée de présentation des résultats.


Les pâtes et papiers au Québec en bref

  • 38 usines
  • 9000 emplois
  • 9 milliards de dollars de chiffre d'affaires
  • Applications d'avenir : substitution à l'uréthane dans les isolants, matériaux composites, utilisation dans le ciment, lubrifiant pour le forage, substitut au sucre, nutriments animaliers, claviers d'ordinateur, bioplastiques, et plus encore.
  • Rapport de chantier Pâtes, papier et bioproduits

La bioénergie au Québec en bref

  • 30 usines
  • 500 emplois estimés
  • 222 millions de dollars de vente totale
  • Applications d'avenir : chauffage institutionnel, commercial, agricole et industriel, biocarburants pour les transports.
  • Rapport de chantier sur la bioénergie

 

 
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