Accueil Blogues Guillaume Roy Une biorévolution qui fait rêver le secteur forestier

Une biorévolution qui fait rêver le secteur forestier

Envoyer Imprimer PDF

De résidus à sources de revenus

En exploitant la pleine valeur ajoutée de la fibre de bois, les bioproduits permettraient aux producteurs forestiers canadiens de profiter d'un marché mondial émergent de 200 milliards de dollars, selon une récente étude de l'Association des produits forestiers du Canada (APFC). Avec des investissements massifs, le Canada aurait même le potentiel de devenir le chef de file mondial de la bioéconomie.

L'étude intitulée Le nouveau visage de l'industrie forestière canadienne : une biorévolution en devenir, rendue publique le 1er février, souligne que l'intégration de la bioéconomie aux pratiques de l'industrie forestière offrira le plus de bénéfices sur le plan social et économique, car l'industrie des produits forestiers génère cinq fois plus d'emplois et une plus grande part du PIB que les bio-industries seules. Le regroupement des activités traditionnelles et biotechnologiques permettrait de maximiser les bénéfices en transformant les résidus en sources de revenus tout en offrant des produits plus respectueux de l'environnement.

« Cette étude a permis d'établir la feuille de route d'un nouveau modèle opérationnel qui renforce la rentabilité de la fabrication de la pâte et du papier en allant chercher une valeur supplémentaire de chaque arbre récolté. Il y aura des impacts économiques, environnementaux et sociaux énormes pour le Canada », commente Ivram Lazar, président de l'APFC dans un communiqué.

Ces bioproduits peuvent prendre la forme de carburants renouvelables, de bioplastiques, de produits chimiques non toxiques et d'additifs alimentaires. En termes plus concrets, on pourrait chauffer nos maisons, alimenter nos véhicules, produire de l'électricité, faire des pneus, des gilets pare-balles, des ailes d'avions, des vêtements, des papiers intelligents et des produits pharmaceutiques à partir de composés du bois. Et ce n'est qu'un début...

art1-photo2Au Québec par exemple, l'usine de Thurso près de Gatineau transformera la fibre de bois en pâte de rayonne pour en faire des vêtements. En Estrie, Domtar construit une usine de nanocellulose cristalline qui pourrait en autres servir à la fabrication d'ailes d'avions.

« Plusieurs de ces nouveaux produits, comme les produits biochimiques et les bioplastiques, remplaceront des matériaux fabriqués à partir de combustibles fossiles. Contrairement à ces combustibles, les arbres sont renouvelables et font partie du cycle de la nature. Cela signifie aussi moins d'arbres qui procurent une valeur plus grande et pratiquement aucun déchet », d'ajouter M. Lazar.

Investir dans la croissance... avec des fonds publics

La croissance du marché des bioproduits est de 5 à 25 % annuellement selon les produits, alors que celle de l'industrie forestière canadienne est faible ou nulle (de 0 à 2 %). L'APFC demande au gouvernement et au secteur privé d'investir dans la bioéconomie afin de profiter de cette impulsion et rivaliser avec les États-Unis, l'Europe, et la Chine. « Il est temps d'investir et de profiter de ces perspectives pour que l'une des plus vieilles industries du Canada puisse devenir un acteur crucial d'un des secteurs les plus nouveaux, la bioéconomie. »

Créer des synergies

Pour tirer le maximum de profits, les entreprises du secteur forestier qui développent des bioproduits devront établir de nouveaux partenariats avec des entreprises dans le secteur du gaz et du pétrole, des produits chimiques, de l'automobile, de l'aérospatiale et de l'agriculture, afin de commercialiser les biotechnologies plus rapidement. L'étude mentionne finalement que les politiques gouvernementales doivent faciliter ces partenariats en éliminant les obstacles basés sur les modèles économiques du 20e siècle.

Au Canada, la bioéconomie permettrait de créer de nouveaux emplois en plus de consolider les 600 000 emplois directs ou indirects liés à l'industrie des produits forestiers, qui génère des exportations de 23,6 milliards de dollars et un excédent commercial de 14,4 milliards annuellement.

Cette étude est la seconde phase du projet La voie biotechnologique lancée en 2010 par l'APFC, en collaboration avec FPInnovations, Ressources naturelles Canada et plusieurs experts économiques et scientifiques.


 
paptac-portal

inscription-infolettre

acces-infolettres
enerquin air banner
fpinnovations banner
cellwood banner
solenis banner
kadant banner
tecumseth banner
kemira banner
buckman banner
cristini banner