Accueil Blogues Guillaume Roy Résolu n’a plus les moyens de payer « une taxe injuste »

Résolu n’a plus les moyens de payer « une taxe injuste »

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Produits forestiers Résolu n'a plus les moyens de payer la taxe sur le papier surcalendré, qui lui coute 2,8 millions de dollars par mois. Sans l'aide de l'état, les usines de Dolbeau-Mistassini et de Kénogami pourraient fermer prochainement, mettant en danger plus de 1000 emplois.

« Nous avons payé 43 millions de dollars depuis l'instauration de cette taxe en 2015, lance Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales. On ne pourra continuer encore longtemps à perdre autant d'argent sans aide gouvernementale. »

L'administration américaine qui a récemment analysé la situation, a révisé le taux de taxation sur le papier surcalendré, en l'abaissant de 18% à 6% pour Irving et 0% pour Catalyst, alors que le taux de PFR est passé de 17,8 à 17,1%.

Quelle serait la solution ? Un programme de garantie de prêt du gouvernement fédéral ajoute ce dernier. « Un prêt nous aiderait à payer cette taxe-là sans hypothéquer nos liquidités, car Résolu n'a pas les moyens de payer 2,8 M$ par mois pour une taxe injuste », dit-il. Plusieurs contacts ont été faits avec la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, pour tenter de résoudre le litige, mais le gouvernement est encore à l'étape des négociations et il continue d'évaluer ses options.

Pourtant, Résolu a besoin d'un coup de main pour absorber le choc, car l'appel de la décision du département du commerce américain ne sera reçu qu'en 2018. Sans l'aide du gouvernement fédéral, Résolu devrait débourser au total près de 100 M$ pour tenir le coup d'ici là. « L'heure est grave, car dans le contexte actuel, nous n'avons pas la capacité de financer cette taxe-là », note Blackburn. Si Ottawa n'intervient pas, les usines de Kénogami et Dolbeau pourraient donc fermer.

Contrairement à d'autres conflits commerciaux aux sources plus nuancées, il est facile d'identifier la source de ce conflit : le redémarrage de la papetière de Port Hawkesbury. En subventionnant le redémarrage de la papetière Newpage à la hauteur de 125 M$, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a complètement déséquilibré le marché du papier surcalendré, qui était déjà en déclin en Amérique du Nord. Le gouvernement fédéral aurait pu s'opposer, car cette subvention contrevient aux accords de libre-échange, soutient Karl Blackburn, mais il a préféré laisser faire, causant des conséquences néfastes tant aux États-Unis qu'au Canada.

Deux papetières américaines ont alors déposé une plainte pour concurrence déloyale au Département du Commerce américain, qui a décidé d'imposer une taxe de 17,87% sur le papier surcalendré canadien, fragilisant la survie de deux usines de Produits forestiers Résolu.

En plus d'avoir bénéficié d'une subvention de 125 M$ du gouvernement provincial, les dirigeants ont aussi sabré 130 M$ dans le fonds de retraite. Résultat : l'usine dispose d'un avantage compétitif de plus de 250 M$ sur ses compétiteurs. De plus, ce redémarrage a ajouté 400?000 tonnes de papier surcalendré dans un marché déjà en déclin.

Dès 2014, c'est l'usine Laurentides de Shawinigan qui a écopé. Puis, quelques mois plus tard, c'est l'usine de Madison, aux États-Unis, qui fermait ses portes. Avec une production respective de 130?000 et 140?000 tonnes de papier surcalendré – soit 100% de la production, ce sont maintenant les usines de Kénogami et de Dolbeau qui sont menacées de fermeture.

Seule l'usine de Port Hawkesbury, qui a reçu un soutien de l'État, devrait composer avec cette taxe, estime Karl Blackburn. « À armes égales, on est capable de tirer notre épingle du jeu », soutien l'homme de Résolu. Pour l'instant, Résolu est pénalisée pour une subvention que ses compétiteurs à reçue. Difficile à avaler.

Dans le pire scénario, les deux usines du Lac-Saint-Jean pourraient fermer leurs portes prochainement, car « ça ne peut pas continuer comme ça bien longtemps », a rappelé Karl Blackburn a plusieurs reprises. En plus de 330 employés dans ces usines, c'est l'ensemble de la filière du sciage et de la récolte en forêt qui sera déséquilibré. À terme, ce sont donc plus de 1000 emplois qui sont menacés.

Si le gouvernement du Québec a été en mesure de débloquer rapidement 300 millions de dollars pour aider l'industrie forestière à faire face aux droits compensatoires imposés sur le bois d'œuvre, le gouvernement fédéral devrait être capable de faire sa part pour soutenir l'industrie forestière canadienne, autant pour aider le secteur du bois d'œuvre que les producteurs de papier surcalendré. Cette aide viendrait simplement aider les producteurs à faire valoir leurs droits en démontrant clairement que ces taxes sont injustes.


 

 
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