Accueil Blogues Guillaume Roy Garneau demeure confiant malgré l’annonce d’une autre taxe

Garneau demeure confiant malgré l’annonce d’une autre taxe

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Après l'imposition de taxes sur le bois d'œuvre et sur le papier surcalendré par le gouvernement américain, les entreprises canadiennes doivent maintenant composer avec une nouvelle taxe sur le papier journal. Malgré les temps difficiles, le PDG de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau a bon espoir de gagner tous les litiges devant les tribunaux.

« Quand je regarde les conflits sur le bois d'œuvre qui ont eu lieu dans le passé, le Canada a toujours eu gain de cause, soutient Richard Garneau. On vit dans une société de droit et même si ça prend du temps pour avoir justice, je crois que les tribunaux vont infirmer les décisions prises par le Département du commerce américain ».

Rappelons que le Département américain du Commerce a imposé des droits compensatoires préliminaires sur le papier journal de 0,65 % à White Birch, de 4,42 à Résolu, de 6,09 % à Catalyst et de 9,93 % à Kruger, en début de janvier.

Si le PDG de Résolu est persuadé de l'emporter, il admet toutefois que toutes ces taxes viennent limiter la capacité de son entreprise à investir. « On a déjà déposé 93 millions de dollars en réserve au Trésor américain, dit-il. En 2018, on versera un autre 144 millions de dollars, pour un total de près de 240 millions de dollars, une somme qui a un impact majeur sur le niveau de la dette ».

Ce manque à gagner fait particulièrement mal, alors que l'industrie des pâtes et papiers, en décroissance depuis plusieurs années, est à la recherche de solutions innovantes pour se transformer. « C'est un frein important sur la capacité de l'industrie à investir dans les nouveaux produits. On pense continuer à faire de la recherche, avec l'aide des gouvernements, mais les projets seront peut-être un peu moins gros.»

À court terme, le PDG ne croit pas que cette taxe force la multinationale à fermer des usines ou des machines à papier, car la demande excède l'offre en ce moment.

Refiler la taxe aux consommateurs?

Alors que la taxe sur le bois d'œuvre a pu être refilée aux consommateurs, elle a dû être absorbée par les producteurs pour le papier surcalendré et il reste à voir comment le marché du papier journal réagira à cette nouvelle taxe, d'autant plus que plusieurs médias sont déjà fragilisés.

Malgré les temps difficiles, Richard Garneau se réjouit de la réaction des différents paliers de gouvernements qui ont assuré leur appui. « Si l'industrie manque de liquidité, le gouvernement du Québec souhaite faciliter le crédit aux entreprises pour leur permettre de se rendre jusqu'aux recours devant les tribunaux », ajoute ce dernier.

Les différents recours déjà entamés pour infirmer la décision sur le papier surcalendré ou encore sur le bois d'œuvre devraient par ailleurs accélérer le traitement du dossier sur le papier journal, estime Richard Garneau.

À court terme, le PDG ne croit pas que cette taxe force la multinationale à fermer des usines ou des machines à papier, car la demande excède l'offre en ce moment. «?Il y a toujours des risques, mais c'est une question d'offre et de demande, dit-il. Même s'il y a une réduction de la consommation depuis plusieurs années, la demande est bonne en ce moment et les prix augmentent. Reste à savoir combien de temps cet équilibre durera.?»

En mars prochain, une autre tuile pourrait s'abattre sur l'industrie forestière, car c'est à ce moment que le département du Commerce annoncera le taux de taxes antidumping sur le papier journal. Selon Richard Garneau, ce taux devrait être de zéro, car il n'y a pas de dumping dans ce secteur, comme c'est aussi le cas avec le bois d'œuvre. Ce dernier explique que les Américains ont utilisé la technique du « zeroing », condamnée par l'Organisation mondiale du commerce pour imposer des droits antidumping sur le bois d'œuvre. Au lieu de comptabiliser tous les tarifs de bois vendus sur le marché américain, soit les plus élevé autant que les plus bas, le département du commerce n'a utilisé qu'un petit nombre de transactions où les tarifs étaient plus faibles. « Au final, on a les recours judiciaires et on gagnera », a soutenu l'homme qui croit que l'ALENA survivra à Trump, car le Congrès américain doit entériner la sortie de ce traité de libre-échange et c'est loin d'être acquis.

Les syndicats se font aussi rassurants... à court terme

« La taxe sur le papier journal est inquiétante, mais pas alarmante, remarque Jean-Pierre Lebel, président du Syndicat national des travailleuses et travailleurs des pâtes et papiers d'Alma. Ça fait plus de 20 ans que l'on reçoit des mauvaises nouvelles une après les autres. On va continuer à faire ce qu'il faut pour garder des couts les plus bas possible et maintenir production de qualité. »

À court terme, le syndicaliste ne croit pas que cette annonce mette en danger le récent redémarrage de la troisième machine à papier à Alma. « C'est le marché qui va dicter l'avenir », dit-il. L'usine d'Alma produit environ 350?000 tonnes de papier annuellement, dont près de 300 000 tonnes sont exportées aux États-Unis.

À plus long terme, l'industrie des pâtes et papiers canadienne pourrait toutefois souffrir, car le temps est le principal ennemi, estime Louis Bégin, premier vice-président de la Fédération de l'industrie manufacturière. « Cette surtaxe enlève une marge de manœuvre qui était déjà très mince pour les producteurs de papier et les éditeurs de journaux américains, dit-il. Si cette taxe force des petits journaux à arrêter leur publication, il pourrait y avoir des pertes d'emplois et des fermetures.»

La fermeture d'usines de pâtes et papiers pourrait par la suite avoir des impacts sur les scieries qui ont déjà de la difficulté à écouler leurs copeaux, ajoute de dernier. « À terme, ça pourrait même abaisser le niveau de récolte », soutient l'homme qui croit également que le Canada va gagner tous les litiges devant les tribunaux. Reste à voir si la réponse sera assez rapide pour que l'industrie en sorte intacte.


 

 
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