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Vendredi 14 décembre 2018

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APFC: Priorités, planification et préparation de l'avenir

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L'Association des produits forestiers du Canada (APFC) a un mandat d'envergure. Non seulement être la voix nationale et internationale des producteurs de bois, de pâte et de papier au Canada représente une tâche considérable mais l'Association s'efforce également de tirer parti des multiples opportunités qui se présentent. Malgré un horaire très serré, le PDG, Derek Nighbor, s'est libéré pour discuter avec Le Maître papetier des priorités de la liste de tâches de l'APFC.

"C'est un secteur très occupé et une période très occupée," dit clairement M. Nighbor, prenant un moment pour échanger avec le chauffeur du taxi dans lequel il vient juste de monter. ''Le gouvernement fédéral accomplit beaucoup en matière d'innovation et de changement climatique, et beaucoup d'opportunités se présentent car notre secteur a beaucoup à offrir dans ces domaines.'' Cette déclaration n'a rien d'exagéré. Le récent budget fédéral a promis des investissements élevés dans l'innovation et le développement des compétences, la recherche et la science collaborative, s'inspirant du Plan pour l'innovation et les compétences de 2017 - un plan ambitieux pour positionner le Canada comme un choix privilégié pour les investissements novateurs. "Nous sommes enthousiastes face à ces opportunités, mais l'un des principaux défis auxquels nous sommes confrontés est de suivre le rythme de tous les changements réglementaires et politiques qui se présentent à nous. Le gouvernement a été très actif dans les consultations sur le carbone et autres enjeux, mais en même temps que nous essayons d'être un fournisseur de solutions, nous devons également consacrer beaucoup de temps, d'énergie et de ressources à participer à ces consultations. Nous sommes confrontés à des contraintes de ressources, comme tout le monde », reconnaît M. Nighbor.

Bien que l'APFC puisse manquer de temps, l'Association fait certainement un usage fastidieux des ressources à sa disposition, s'attaquant à des enjeux de taille tels que la gestion durable des forêts. '' L'innovation n'est pas la seule histoire en jeu '', note M. Nighbor, en énumérant une liste de domaines dans lesquels l'organisation est impliquée chaque jour. Et puis, bien sûr, il y a les défis de communication, et le besoin perpétuel d'équilibrer ce qui peut souvent apparaître comme des intérêts conflictuels des parties prenantes. "Différentes valeurs peuvent être en jeu", note M. Nighbor. «Les cycles de 150 ans que nous devons planifier doivent tenir compte de la gestion des espèces, des incendies, des ravageurs, de la protection des terres humides, de la santé des bassins versants - et la liste continue. Nous travaillons constamment pour rappeler aux gens la rigueur de la gestion des forêts, les consultations approfondies avec les communautés locales, y compris les peuples autochtones, l'engagement envers un approvisionnement éthique et responsable. Il y a des groupes activistes qui aiment attaquer la gestion des forêts par principe, qui ne pensent pas que les forêts devraient être récoltées, et c'est notre travail d'expliquer concrètement les avantages d'une forêt en activité - le fait que sans gestion forestière, plus de forêts brûleraient, ou moisiraient, perdant les avantages que procure la gestion des forêts dans la lutte contre le changement climatique. Nous ne serions pas en mesure non plus de renouveler l'habitat pour la faune et serions moins apte à soutenir un certain nombre d'espèces importantes pour les Canadiens, comme l'orignal et le cerf, qui prospèrent dans les jeunes forêts.

À une époque où l'accent est fortement mis sur la réconciliation avec les Premières Nations, l'APFC fournit une aide précieuse, mais comme M. Nighbor le fait remarquer, travailler étroitement avec les populations autochtones n'est pas seulement un élément de la liste de l'Association, c'est une façon de fonctionner à l'oeuvre depuis des années. Comme bon nombre des activités de nos membres sont à proximité des collectivités des Premières nations, nous travaillons avec eux depuis longtemps. Cela se manifeste dans des projets conjoints, des coentreprises, le partage des revenus - et j'en passe. Nous avons beaucoup d'expérience de travail avec les Premières Nations et une grande partie de notre rôle consiste à partager les meilleures pratiques. Il va sans dire que la consultation et l'engagement font partie de notre façon de procéder depuis longtemps mais il y a toujours place à amélioration''. M. Nighbor a souligné l'importance particulière que l'Association accorde à sa capacité d'adaptation face à plusieurs Premières Nations qui souhaitent susciter ou engager des consultations. «Il est certain que certaines communautés des Premières Nations ont moins de ressources à mobiliser que d'autres, et il est important pour nous de comprendre ces défis et d'y répondre. À l'échelle nationale, l'APFC a récemment rencontré le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, pour discuter des politiques sur le carbone, des espèces en péril et des impacts sociaux et environnementaux des activités forestières sur les communautés des Premières Nations. Nous travaillons également à répondre aux recommandations de la Commission de vérité et réconciliation en partageant de l'information et en offrant de la formation et des idées sur la meilleure façon de travailler avec les communautés des Premières Nations. En fait, nous avons lancé un programme de sensibilisation sur la façon dont nous embauchons, car nous avons découvert que nos offres d'emploi peuvent créer des obstacles pour les Premières Nations et les empêcher de présenter une demande, ce qui nous empêche d'avoir accès à un bassin de candidats qualifiés. À titre d'exemple, certaines de nos offres d'emploi pourraient obliger un candidat à détenir un permis de conduire, ce qui pourrait créer des obstacles pour certaines populations. Nous devons créer des possibilités pour que les peuples des Premières nations puissent participer."

L'incertitude entourant la façon dont l'ALENA se déroulera a donné à l'Association un autre appel à l'action, quoique de nature différente. « Les développements récents ont montré que notre environnement commercial est imprévisible », dit M. Nighbor, faisant allusion aux mesures protectionnistes récentes montrées par les États-Unis et la Chine, et les créditant en partie de cette poussée significative en faveur de l'industrie pour diversifier ses marchés et se protéger des fluctuations. « Le partenariat avec le gouvernement du Canada est une grande priorité pour nous », note M. Nighbor. « Nous dépendons fortement des États-Unis et le serons toujours, mais déplacer nos marchés d'exportation vers d'autres régions, que ce soit 2, 5 ou 10%, demeure important. Et rien de tel que quelques bons litiges commerciaux, comme ceux que nous avons connus récemment sur le papier journal, le papier supercalandré et le bois d'œuvre résineux, pour amener les gens à penser à la diversification. M. Nighbor parle comme un parent fier de voir son enfant s'attaquer à une tâche difficile quand il évoque les progrès réalisés par des entreprises comme Résolu, Canfor, West Fraser et Kruger dans la réorganisation de leurs usines en vue de diversifier leurs activités. Il prévient, cependant, que de tels efforts ne sont pas nécessairement une solution à toute épreuve, étant donné le coût souvent associé à la production de biens de consommation.
"L'un des défis auxquels nous sommes confrontés est le développement du marché mondial pour certains de ces produits. Je pense que nous faisons un excellent travail en investissant dans de nouvelles idées, la technologie et l'innovation. Mais dans certains cas, il n'y a tout simplement pas encore de marché.
Deux problèmes sont en jeu: le coût de la commercialisation de l'innovation (après tout, construire une bioraffinerie ou une usine de papier tissu est coûteux) et l'aptitude à convaincre les entreprises que vous avez un nouveau produit viable et les embarquer.

Si vous considérez l'innovation comme un continuum, nous faisons un très bon travail sur les échelons inférieurs et intermédiaires de l'échelle - les idées et l'investissement sont là - mais nous devons nous concentrer sur la commercialisation et le développement des clients - transformer les bonnes idées en produits reconnus et commercialisables » L'une des autres priorités de l'APFC est d'utiliser son rôle d'association pour travailler avec des partenaires tels que FPInnovations, les gouvernements, le monde universitaire et divers partenaires non traditionnels afin d'ouvrir la voie pour que les compagnies membres se fassent connaitre. Bien que ce rôle ne soit pas une nouveauté pour l'APFC, les types de partenaires auxquels l'Association est liée ne sont pas traditionnels. "Les affaires changent", note M. Nighbor. "Nous devons travailler avec des gens avec qui nous n'avons jamais travaillé auparavant. Lorsque vous pensez à toutes les nouvelles possibilités d'emballage qui ouvrent de nouvelles portes avec nos amis de l'agriculture, par exemple - c'est un domaine avec lequel nous devons être branchés."

En même temps, l'APFC demeure très consciente du besoin persistant de protéger et d'entretenir sa ressource la plus importante: les gens. Ainsi, l'Association fait de grands progrès pour rencontrer les gens et les employés potentiels, précisément là où ils en sont, en répondant à leurs préoccupations non seulement sur les types d'emplois disponibles, mais en expliquant concrètement ce que signifie travailler dans les emplois forestiers. "Beaucoup de ces emplois sont dans les zones rurales", note M. Nighbor. « Ainsi, quelqu'un qui vit à Kenora et qui envisage un emploi à Prince George veut savoir à quoi ressemblent les temps de déplacement, à quoi ressemblent les prix du logement, quelles sont les écoles à proximité pour leurs enfants. Pour répondre à cela, nous avons lancé la main-d'œuvre la plus verte sur www.greenestworkforce.ca. Il s'agit d'un partenariat sectoriel avec Emploi et Développement social Canada - le premier du genre au pays - qui fait la promotion de la nouvelle et excitante voie de l'industrie canadienne des produits forestiers, tout en reconnaissant les compétences « vertes » de ceux qui travaillent dans le secteur.
Il s'agit également d'un outil en ligne qui met en évidence les avantages du secteur en matière d'équilibre travail-vie personnelle et décrit les différentes carrières disponibles dans l'industrie. » M. Nighbor a quelque peu écarté la perception selon laquelle les emplois manuels sont révolus. L'industrie aura toujours besoin de main-d'œuvre pour travailler dans les bois et dans les scieries, bien que ce travail puisse sembler considérablement différent de ce qu'il était il y a à peine dix ans. "Certes, l'industrie change, et alors que certains signalent les fermetures d'usines, la vérité est que cette année, nous avons plus de 8 000 emplois à pourvoir. Avec des avancées comme la technologie des drones dans les forêts, par exemple, les emplois changent, mais ils sont là. À l'heure actuelle, nous constatons des pénuries chez les forestiers professionnels inscrits, les camionneurs - et la liste continue.

Tout comme la liste des priorités de l'APFC, que l'Association aborde assidûment, une par une, jour après jour. Si l'énergie et l'enthousiasme de Derek Nighbor sont représentatifs de l'avenir prometteur de l'industrie, le secteur est sur la bonne voie.


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