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Le pari de Nordic Kraft

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En février dernier, je vous exposais à coups de statistiques combien l'économie souffre de la pénurie de main-d'œuvre. 117 700 postes à combler dans le secteur privé québécois, 429 000 à l'échelle canadienne. Et la situation s'aggrave d'un trimestre à l'autre.

Dans l'industrie des produits forestiers, la situation n'est guère plus reluisante. C'est aussi en février dernier que l'usine de Domtar à Espanola, ON, a été obligée de fermer l'usine pendant quelques temps, faute de main d'œuvre qualifiée. On parle ici d'un impact direct sur des milliers d'emplois.

Quelle ne fut ma surprise lorsque j'ai appris la réouverture prochaine de l'usine de pâte kraft de Lebel-sur-Quevillon. Nordic Kraft, la filiale de Chantiers Chibougamau qui relance l'usine de pâtes et papiers de Lebel-sur-Quévillon, mise sur une stratégie audacieuse pour recruter de la main-d'œuvre : elle va payer 16 étudiants qui désirent entreprendre un diplôme d'études professionnel de 1170 heures. Les candidats choisis recevront ainsi 23 400 $ pour étudier, avant d'accéder à un emploi leur permettant de gagner un minimum de 65 000 $ par an.

Pour attirer la main-d'œuvre à Lebel-sur-Quévillon, situé au nord de l'Abitibi, au début de ce vaste territoire qu'est la Baie James, Nordic Kraft a décidé de miser sur une approche créative et lucrative pour les travailleurs.

« On ne se fera pas de cachettes ; on a un défi de localisation », faisait remarquer Frédéric Verreault, directeur exécutif au développement corporatif de Chantiers Chibougamau, lors d'une récente entrevue, lui qui souligne au passage les qualités du milieu de vie de l'endroit.

Pour ne se priver d'aucun talent, Nordic Kraft a décidé de rémunérer les étudiants sur les bancs d'école, à partir du moment où ils s'engagent à travailler pour l'entreprise en démarrage. « On voulait s'assurer qu'un père ou une mère de famille qui considère un changement de carrière puisse continuer à payer son appartement et ses dépenses courantes pendant sa formation », ajoute Frédéric Verreault.

Ainsi, les étudiants, qui commenceront la formation le 10 juin, recevront un salaire de 23 $ de l'heure pour les 1170 heures de formation dispensée par le Centre de formation professionnelle de la Baie-James. Des cours pourront être offerts en visioconférence, et des compensations financières seront offertes pour l'hébergement, selon le lieu de résidence des candidats. « On cherche à avoir les candidats les plus motivés et qui ont la meilleure attitude », remarque le directeur exécutif. A cela il faut ajouter le désir d'aller vivre en région très éloignée. Le candidat doit être sérieux et désireux de s'éloigner des membres de sa famille, voire de s'exiler.

Mais les conditions de travail sont alléchantes. Après la formation, les travailleurs seront embauchés à un salaire minimal de 28,33 $ de l'heure, ce qui représente 65 000 $ par année, en plus des avantages sociaux. En quelques années, ce salaire annuel peut facilement grimper jusqu'à 80 000 $, note Frédéric Verreault.

La relance de l'usine, fermée depuis plus de 10 ans, est prévue en 2020, mais plusieurs travailleurs sont déjà à la tâche pour assurer le redémarrage. Je souhaite bonne chance à toute l'équipe impliquée : le pari n'est pas gagné d'avance mais avec les bons travailleurs et des moyens financiers généreux, le projet a de bonnes chances de prendre son envol l'an prochain.

Travailleurs mexicains à la rescousse

Après une première expérience concluante l'an dernier, le Groupement forestier de Kamouraska, dans le Bas St-Laurent, fera de nouveau appel à des travailleurs sylvicoles mexicains au courant l'été. L'an dernier, quatre avaient prêté main-forte aux travailleurs québécois qui eux se font de plus en plus rares.

Leur venue n'est pas encore officielle, car il reste encore quelques formalités administratives à régler. Néanmoins, le Groupement forestier de Kamouraska devrait accueillir cet été sept ouvriers sylvicoles en provenance du Mexique.
Frappé par la pénurie de main-d'œuvre comme plusieurs autres entreprises de la région, le Groupement forestier de Kamouraska n'a eu d'autres choix que de se tourner vers l'étranger l'an dernier pour répondre à ses besoins en la matière. « Il s'agit de postes que nous n'avons pas été en mesure de pourvoir localement. Il faut dire que le métier d'ouvrier sylvicole, en plus d'être saisonnier, est réputé pour être très exigeant », de préciser Maryse Hénault-Tessier, responsable du développement au sein du Groupement forestier.

La première cuvée de travailleurs accueillie l'an dernier, composée de quatre Mexicains, possédait pour la plupart une expérience dans des domaines connexes au milieu sylvicole. Ils avaient été intégrés dès leur arrivée au programme de formation du Groupement forestier afin d'améliorer leurs qualifications. Visiblement, l'expérience a été concluante, car le Groupement forestier n'a pas hésité à entreprendre les démarches pour faire revenir ces quatre travailleurs cet été. Toutefois, seulement trois d'entre eux seraient de retour, le quatrième ayant décliné l'offre pour des raisons personnelles, de mentionner Maryse Hénault-Tessier. Quatre autres devraient tout de même s'ajouter à eux, pour un total de sept.

En ce qui concerne les employés québécois, une rencontre des travailleurs est prévue avec le contremaître ayant supervisé les ouvriers sylvicoles mexicains l'an dernier, dans le but de les sensibiliser aux différences culturelles, mais également pour les rassurer sur leurs compétences professionnelles. « Comme nous investissons du temps dans leur formation, notre objectif est que ces travailleurs reviennent pour plusieurs années. Déjà, si trois d'entre eux reviennent, c'est bon signe. Ça montre qu'ils ont apprécié leur expérience », de conclure Maryse Hénault-Tessier.


 

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