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Samedi 16 décembre 2017

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Le conte de deux villes et leurs journaux

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Si vous ne demeurez pas dans l'une des deux plus grandes villes du Canada, soit Toronto ou Montréal, vous n'êtes probablement pas au courant des plus récentes escarmouches entre les formats papier et numérique pour les lecteurs de journaux.

Depuis environ dix ans, plusieurs éditeurs de journaux ont décidé de publier une édition numérique, d'habitude en parallèle avec leur édition imprimée. À Montréal, en 2013, La Presse a lancé sa version « La Presse + » en grande pompe. Elle a affirmé avoir dépensé trois ans et 40 millions de dollars pour son développement. Conçue initialement pour les utilisateurs d'iPad, une version Android a été lancée environ un an plus tard. Aujourd'hui, La Presse + affirme compter 270 000 lecteurs quotidiens.

À l'automne 2015, le Toronto Star, le journal publié 7 jours/semaine avec le plus grand nombre de lecteurs au Canada (environ 1,5 million), a adopté le modèle de La Presse + et l'a nommé « Star Touch ». Dans les 50 premiers jours suivant sa sortie, 100 000 lecteurs ont téléchargé l'application Star Touch.

En 2016, La Presse a cessé d'imprimer l'édition papier du lundi au vendredi, en retenant seulement l'édition du samedi en version imprimée. Ceci était un geste audacieux, parce que La Presse + est une application gratuite; ainsi, ses propriétaires renonçaient au revenu des abonnements et comptaient sur les recettes publicitaires comme revenu principal.

En juin 2017, les deux éditeurs ont annoncé les tout derniers développements, qui semblent aller dans des directions opposées. D'abord, La Presse a annoncé qu'elle deviendra complètement numérique dès 2018 et qu'elle abandonnera son édition imprimée du samedi. Ensuite le Toronto Star a annoncé qu'il abandonnait Star Touch, après avoir dépensé 35 millions de dollars sur cette application depuis sa sortie. Apparemment, le lectorat numérique avait diminué à seulement
60 000, bien en deçà des attentes. Alors, avec mes excuses à Charles Dickens, est-ce la meilleure époque à Montréal et la pire époque à Toronto ?

Penchons-nous un peu plus sur la question et comparons les deux situations.

À Montréal, le propriétaire de La Presse est Power Corporation du Canada, une société privée qui détient beaucoup d'autres entreprises qui sont probablement plus rentables que la publication de journaux. Son principal concurrent pour le lectorat est Le Journal de Montréal, un tabloïd publié par Québecor qui attire un public différent. Donc, les lecteurs de La Presse n'ont guère autre choix que de passer au numérique (à condition qu'ils aient investi dans une tablette, bien sûr).

À Toronto, le propriétaire du Star est la Corporation TorStar, qui est également propriétaire de Metro, un tabloïd imprimé et distribué gratuitement dans 7 villes. Comme La Presse, son principal concurrent pour le lectorat est un tabloïd, le Toronto Sun. Deux quotidiens nationaux sont aussi situés à Toronto, soit le Globe and Mail et le National Post. Devenir 100% numérique dans un tel marché se traduirait sans doute par une perte de nombreux lecteurs à la concurrence. TorStar est une société publique qui a enregistré des pertes nettes de 400 millions de dollars en 2015 et de 75 millions de dollars en 2016. On imagine sans peine le conseil d'administration qui a demandé de mettre fin à cette expérience déficitaire.

En résumé, les propriétaires de La Presse ont le luxe de la propriété privée avec un quasi- monopole, pendant que leurs voisins à Toronto sont une propriété publique dans un environnement plus concurrentiel.

Peu importe les raisons qui ont mené La Presse à abandonner le papier journal, ce n'était probablement pas dû à la demande des lecteurs. Un sondage effectué dans dix pays, commandité par Two Sides et publié en mai 2017 a démontré que 64 à 80% des personnes interrogées préfèrent lire du papier au lieu d'un écran. En plus, 71 à 79% ont convenu que, par rapport aux autres médias, le papier imprimé est plus agréable à toucher et à manipuler.

Sans les frais d'abonnement et avec la disparition des petites annonces en raison de modèles tels que Kijiji et Craigslist, la rentabilité des journaux numériques dépendra fortement du revenu publicitaire fourni par les entreprises locales. Et des avis de décès!


Martin Fairbank a travaillé dans le domaine de la foresterie pendant 31 ans, y compris de nombreuses années pour un producteur de pâtes et papier et deux ans avec Ressources Naturelles Canada. Détenteur d'un PhD en chimie et d'une expérience en amélioration de procédés, développement de produits, gestion d'énergie et de production rentable, Martin est actuellement un conseiller indépendant basé à Montréal. Il est également écrivain et a publié récemment Resolute Roots qui relate les 200 ans d'histoire de la compagnie Produits forestiers Résolu et de ses prédécesseurs.

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