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Une leçon d'histoire sur les droits compensatoires sur le papier

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En janvier 2018, le département du Commerce des États-Unis a imposé des droits compensatoires variant de 0,65% à 9,93% à des producteurs canadiens de papier de pâte mécanique non couché. Cela faisait suite à des droits compensatoires appliqués en 2015 sur le papier canadien surcalandré. La dernière fois où les États-Unis ont imposé des droits compensatoires sur l'importation de papier remonte à 1913 alors que la dynamique de l'industrie était très différente de celle d'aujourd'hui.

De 1789 à 1913, le seul revenu qui remplissait les coffres du gouvernement fédéral des États-Unis provenait des frais sur les marchandises importées et des taxes sur les produits fabriqués au pays, appelés les droits de douane et d'accise, respectivement. Le papier journal fabriqué à partir de la pâte de bois était un produit relativement nouveau à l'époque (jusqu'aux années 1870, il était fabriqué à partir de chiffons de coton). Le marché était en pleine expansion et les éditeurs de journaux américains n'en avaient jamais assez. International Paper contrôlait 75% du marché américain du papier journal, et les éditeurs de journaux se plaignaient que ce contrôle les soumettait au monopole virtuel d'International Paper et à des prix élevés. Ils ont plaidé pour l'élimination des droits de douane sur le papier journal provenant du Canada (qui s'élevait alors à 5,75 $ en plus du prix de 50 $/tonne, soit un taux de 11,5%) afin qu'ils puissent importer du papier journal du Canada à un taux concurrentiel. L'élimination de ces droits compensatoires était si fortement anticipée que 81 nouvelles compagnies forestières canadiennes ont été établies en 1911 (bien qu'elles n'aient pas toutes abouti à la construction d'installations !)

En 1913, deux mesures ont finalement permis le libre-échange du papier journal et de la pâte de bois. La loi tarifaire Underwood, promulguée par le président Woodrow Wilson, autorisait «l'importation inconditionnelle gratuite de pâte de bois de toute sorte et de papier d'imprimerie ordinaire», et supprimait ou réduisait les droits de douane sur de nombreux autres produits importés. De plus, la ratification du seizième amendement à la Constitution des États-Unis a donné au Congrès le pouvoir de percevoir un impôt sur le revenu des américains, ce qui remplaçait le revenu perdu par la réduction des droits compensatoires.

Considérez la situation aujourd'hui. Le marché du papier s'est rétréci au cours des vingt dernières années, entraînant la fermeture de nombreuses usines. Le taux de change actuel est d'environ 80 ¢ par rapport au dollar américain, comparativement à un dollar au pair en 1913. Les éditeurs ne veulent toujours pas de droits compensatoires (1 000 d'entre eux ont fait pression pour son retrait), et même 34 membres du Sénat et de la Chambre des représentants se sont plaints des droits compensatoires, mais le département du Commerce semble seulement écouter la plainte d'une usine de papier de l'état de Washington, qui ressent probablement la pression d'être située à la mauvaise extrémité de la courbe des coûts.

Woodrow Wilson était un démocrate qui a servi comme président des États-Unis de 1913 à 1921. Il a été remplacé par Warren Harding, un républicain qui s'est présenté aux élections avec le slogan «America First». Cela vous dit quelque chose ? Harding avait eu le bon sens de maintenir le libre-échange pour le papier journal et la pâte, puisque l'impôt sur le revenu était dorénavant une source de revenu fiable pour son gouvernement. Entre 1913 et 1929, environ 25 nouvelles usines de papier journal ont été établies au Canada, entraînant une période de prospérité à la fois pour les papetiers et pour les éditeurs en Amérique du Nord.


Martin Fairbank a travaillé dans le domaine de la foresterie pendant 31 ans, y compris de nombreuses années pour un producteur de pâtes et papier et deux ans avec Ressources Naturelles Canada. Détenteur d'un PhD en chimie et d'une expérience en amélioration de procédés, développement de produits, gestion d'énergie et de production rentable, Martin est actuellement un conseiller indépendant basé à Montréal. Il est également écrivain et a publié récemment Resolute Roots qui relate les 200 ans d'histoire de la compagnie Produits forestiers Résolu et de ses prédécesseurs.

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