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Ouvrir la porte à l’innovation

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Les brevets sont censés diffuser les connaissances, car ceux qui les déposent doivent décrire leur invention en détail. Mais les avocats spécialisés en brevets d'invention sont les maîtres dans l'art d'embrouiller les renseignements et de faire des réclamations qui couvrent toutes les permutations auxquelles ils peuvent penser, qu'ils aient essayé ces permutations ou non. Leurs concurrents essaient alors à leur tour de contourner le brevet pour éviter de payer des redevances. On peut même dire qu'en fait les brevets ralentissent l'innovation, en particulier lorsque les idées peuvent être copiées beaucoup plus facilement à l'ère de l'information que dans les années 1700 lorsque le système de brevets actuel a été créé.

Mon nom apparaît sur deux brevets dans le domaine des pâtes et papiers. L'un concerne un procédé qui a fonctionné en laboratoire mais pas dans une véritable usine de pâte. L'autre a résolu un problème qui n'arrive presque jamais. Il est très fréquent de ne jamais se servir d'un brevet ou l'utiliser en vertu d'une licence. Selon le domaine, de 40 à 90% des brevets ne sont jamais exploités. Dans l'industrie des pâtes et papiers, il est difficile de trouver aujourd'hui un procédé protégé par un brevet. Toute innovation mise en œuvre par une entreprise est souvent reproduite ou surpassée par ses concurrents sans qu'aucune action en justice ne soit engagée. Mais qu'en est-il du nouvel horizon des bioproduits - une industrie émergente est-elle mieux servie par les barrières protectrices du système des brevets, ou par un système d'innovation ouvert qui accélère la production d'idées sans protection?

Regardons ce qui se passe dans deux autres industries. L'une est l'industrie pharmaceutique, où le dépôt de brevets multiples demeure une pratique commerciale normale. La possibilité d'avoir le monopole d'un nouveau traitement pour une maladie ou un problème de santé pendant environ 20 ans est un énorme incitatif pour ces entreprises. Mais récemment, une expérience intéressante a commencé. Le Consortium de génomique structurelle (SGC), fondé par six universités dans six pays, a lancé son « Initiative scientifique extrême ouverte » plus tôt cette année, avec l'objectif d'utiliser l'accès libre et la science ouverte pour accélérer la découverte de nouveaux médicaments. Les chercheurs des six pays cultivent un dialogue ouvert et partagent des cahiers en ligne.

Mon deuxième exemple est l'industrie du logiciel, qui a grandement bénéficié de l'accès libre (contrairement aux logiciels propriétaires qui ne permettent pas aux utilisateurs d'accéder au code source, le logiciel à accès libre permet aux utilisateurs d'avoir accès au code source en retour d'un accès aux modifications ou applications qu'ils développent.). Le système Android à accès libre de Google en est un exemple qui est maintenant utilisé par des milliards d'utilisateurs pour exécuter des millions d'applications, et je pense que nous pouvons convenir que cela profite à la société.

Il y a vingt-cinq ans, la plupart des entreprises de pâtes et papiers avaient leur propre centre de recherche où elles développaient leurs propres technologies, mais elles obtenaient rarement un avantage concurrentiel, en partie parce qu'elles produisaient surtout des produits de base. La situation est très différente dans l'industrie pharmaceutique où les développeurs de nouveaux médicaments semblent être en mesure de facturer autant qu'ils le veulent. Aujourd'hui, la plupart des entreprises de pâtes et papiers qui font de la recherche et du développement opèrent selon un modèle de courtage et espèrent trouver un projet gagnant en gérant un portefeuille de projets dans de nombreux domaines différents, réalisés principalement par d'autres groupes. Compte tenu des défis pour trouver des processus rentables et de nouveaux bioproduits avec un vrai marché, sans parler des obstacles de la commercialisation, la collaboration avec d'autres qui ont l'expertise est une approche plus rentable pour ces entreprises et plus susceptible de réussir que d'essayer de faire tout elles-mêmes. Mener une recherche coopérative de cette façon est cependant difficile à faire quand les arguments sur les droits de propriété intellectuelle nuisent à cette recherche. Peut-être que l'industrie des produits forestiers devrait essayer une approche basée sur l'innovation ouverte, comme celle de SGC et de Google?


Martin Fairbank a travaillé dans le domaine de la foresterie pendant 31 ans, y compris de nombreuses années pour un producteur de pâtes et papier et deux ans avec Ressources Naturelles Canada. Détenteur d'un PhD en chimie et d'une expérience en amélioration de procédés, développement de produits, gestion d'énergie et de production rentable, Martin est actuellement un conseiller indépendant basé à Montréal. Il est également écrivain et a publié récemment Resolute Roots qui relate les 200 ans d'histoire de la compagnie Produits forestiers Résolu et de ses prédécesseurs.

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