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Vendredi 14 décembre 2018

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Industrie forestière cherche engagement politique

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Quelques jours avant le Rendez-vous de la forêt québécoise, qui se tiendra les 21 et 22 novembre, le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) formule une demande au gouvernement: développer un partenariat avec l'industrie pour concrétiser les promesses de l'économie verte.

Six dirigeants d'entreprises forestières se sont joints au CIFQ le lundi 18 novembre pour interpeller le gouvernement. Le Maître papetier y était ; témoin du sentiment d'urgence qui anime les industriels. Pour reprendre les mots de Richard Garneau de Produits forestiers Résolu : « nous lançons un appel au gouvernement : il faut améliorer la position concurrentielle du Québec. En retour, ceci influera le climat d'investissement ». Terre à terre, Charles Tardif de Maibec suggère qu'il est grand temps d'inclure un plan stratégique derrière la vision développée par le gouvernement en 2012.

Les mesures proposées tournent autour de trois axes stratégiques : accès à la fibre, coût du bois et transformation de l'industrie. Elles impliquent un engagement politique et le développement d'une stratégie industrielle favorable au secteur par l'intégration d'une vision à long terme. Parmi les mesures présentées : la révision du fonctionnement du Bureau de mise en marché du bois, la révision de la structure tarifaire des grands consommateurs d'électricité ou encore la permission de transporter des surcharges de marchandise quand le sol est gelé en profondeur.

Un plan d'action inscrit dans la longévité

D'entrée de jeu, les dirigeants de certaines des plus grandes compagnies forestières québécoises se sont entendus sur les enjeux de compétitivité auxquels ils font face. Un message ressort des présentations successives de Louis Brassard (Tafisa Canada), Richard Garneau (Produits forestiers Résolu), James N. Hogg, (Uniboard), James Lopez, (Tembec), Yvon Pelletier (Fortress Paper), et Charles Tardif, (Maibec). Comme le souligne André Tremblay, le président-directeur général du CIFQ : « nous opérons dans une province où le coût de la fibre et du bois sont les plus élevés en Amérique du Nord ». D'ailleurs, l'arrivée du nouveau régime forestier n'a fait qu'accentuer cette réalité. C'est un point sur lequel les dirigeants réunis sont unanimes. Œuvrant ces jours-ci à la préparation des budgets 2014, ils sont à même de réaliser une augmentation du coût de la fibre de 15 à 20 % depuis l'entrée en vigueur du régime en avril.

Louis Brassard de Tafisa Canada explique le poids de ces chiffres pour l'industrie des panneaux composites, une filière qui utilisait à l'origine des résidus des scieries, mais qui diversifie aujourd'hui ses sources d'approvisionnement: résidus des usines de transformation et bois recyclé provenant de la démolition. Malgré tout, l'approvisionnement demeure un réel enjeu pour son entreprise : « nos coûts dans les usines du Québec sont parmi les plus élevés à travers le monde » dit-il avant d'ajouter : « naturellement les décisions d'affaires se prennent en fonction de cette réalité. »

« Il nous faut un plan d'action », lance André Tremblay. Le défi est de taille. Pour le relever, pour rendre compétitive et pérenne une industrie soutenant 61 500 emplois directs dans toutes les régions du Québec, les propositions du CIFQ supposent l'implication de tous les acteurs de l'industrie. Pour y voir, le Conseil suggère de prioriser les actions à mettre en œuvre pour améliorer la compétitivité de la filière bois et supporter la transformation de l'industrie.

Stratégies régionales, vision provinciale

La conférence fut l'occasion de rappeler que « la possibilité forestière a diminué de près de 40 % depuis une dizaine d'années ». De ce constat, André Tremblay conclut que des choix sociaux peuvent entre autres expliquer la situation. Parmi ceux-ci, il y aurait peut-être celui de faire primer l'environnement au détriment des autres piliers du développement durable. Pour y remédier, on propose par exemple au gouvernement l'instauration de stratégies régionales ou les acteurs locaux pourraient prendre des décisions en toute connaissance de cause. Aux dires d'André Tremblay, ceci permettrait de « jeter les bases d'un nouveau partenariat appuyant le développement d'une économie verte (...) pour faire de l'industrie un véritable partenaire du développement durable au Québec ».

Trois axes vers la compétitivité

« Accès à la fibre », « coût du bois » et « transformation de l'industrie » sont les trois axes autour desquels s'articulent les mesures proposées pour redéfinir l'industrie forestière du Québec. Trois axes et trois grands défis sur lesquels le Rendez-vous de la forêt québécoise ne pourra pas entièrement se pencher cette semaine. C'est pour cette raison que les chefs d'entreprises présents à la rencontre de lundi suggèrent la création d'un Forum stratégique sur la compétitivité et la transformation de l'industrie forestière ainsi que l'instauration de programmes permettant de supporter l'évolution de l'industrie sur la base d'une utilisation ciblée et structurante des surplus énergétiques.

Indiscutablement, l'industrie forestière doit faire partie intégrante de la future politique économique du gouvernement du Québec. Les marchés se transforment à grande vitesse et le Québec doit rattraper le temps perdu face à des concurrents qui se sont adaptés rapidement devant les réalités de l'après-récession. C'est ce que martèle avec raison le CIFQ en exposant des chiffres qui parlent d'eux-mêmes: 61 500 emplois, 15,7 milliards de dollars en chiffre d'affaires, 11% des exportations totales et un demi-milliard d'investissements en machinerie et équipements chaque année. Pour l'instant.


 

 

 
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