Papier de blé

Envoyer Imprimer PDF

Jeff Golfman est le gagnant du prix 2013 de l'innovation 3M. Ses recherches l'ont amené à s'intéresser aux déchets de blé comme source de fibre pour produire un papier de tous les jours.

Avril dernier : le magazine Canadian Geographic consacrait un article complet sur une innovation environnementale qui pourrait avoir des retombées sur l'industrie des pâtes et papiers. Cai Lun, eunuque Chinois qui aurait inventé le papier en l'an 105 ne serait probablement pas surpris. Selon la légende, il serait le premier à utiliser la pâte de bois avec un mélange de fibre de plantes : du lin et du chanvre! Presque 2000 ans plus tard, voilà qu'arrive le papier de blé. Concurrence pour le papier dérivé du bois?

« Nous ne voulons pas d'un produit niche »

L'inventeur et éco-entrepreneurJeff Golfman a reçu le Prix 3M de l'Innovation en environnement 2013. Il développe un papier qui n'utilise pas la fibre de l'arbre. Jeff Golfman n'est pas le premier à y penser. On utilise en effet depuis longtemps les déchets de fibre de bambou, la paille de chanvre et d'autres produits agricoles. Vers 1978, l'ancêtre de Produits forestiers Résolu essayait même le papier journal à base de kénaf. Aujourd'hui, plus de 200 usines de papier à travers le monde utilisent des fibres d'origines agricoles. Ça représenterait entre 8 et 10 % du papier produit à l'échelle de la planète et jusqu'à 20 % dans un pays comme l'Inde ou la Chine.

La différence entre ces différentes expériences et celle de Golfman c'est qu'elle vise la quantité grâce aux déchets de blé des agriculteurs. « Nous ne voulons pas d'un produit niche » dit-il. Et c'est un double avantage pour l'environnement, car on recycle des déchets de blé qui ne trouveraient pas d'utilité tout en réduisant le nombre d'arbres coupés.

L'entreprise de Golfman, Prairie Paper Ventures Inc., une start-up produit un papier composé à 80 % de déchets de blé et à 20 % de papier recyclé. Le marché potentiel pour cette entreprise manitobaine ? Les États-Unis et le Canada. Voilà d'ailleurs deux pays qui pourraient aussi fournir de la matière première.

Appui d'Hollywood

Après une quinzaine d'années de recherche et développement, Jeff Golfman reçoit l'appui financier de l'acteur américain Woody Harrelson. Ce soutien et la visibilité qui l'accompagne, en plus du Prix 3M a certainement aidé l'entreprise à prendre son envol.

Le papier produit par Prairie Paper est donc composé de fibre de paille. Il est décrit comme assez fort pour résister aux photocopieurs et, en 2012, Bureau en gros commence à le vendre sous le nom de « Step Forward Paper ». Pour l'instant, l'entreprise utilise une usine en Inde pour assurer sa production, mais les plans de Prairie Paper comprennent la construction d'une usine dans les Prairies canadiennes, probablement au sud du Manitoba, au cœur d'une région où l'on retrouve des millions d'hectares de déchets de paille.

Défis à venir

« Ce sera économiquement viable lorsque la demande sera suffisante pour soutenir une exploitation de 300 000 tonnes par année » affirme Jeff Golfman, mais est-ce bien réaliste? Les critiques disent que la paille de blé est trop éparpillée pour être transportée de manière abordable. Autre point négatif : la paille de blé moisit facilement et la construction d'entrepôts est coûteuse. Cela ne ralentit pourtant pas les ardeurs de la petite compagnie qui croit pouvoir relever ces défis et qui se rassure à la lecture d'une étude indépendante affirmant que le marché est déjà prêt pour absorber 1,5 tonne de papier de blé.


 

 

 
paptac-portal

inscription-infolettre

acces-infolettres
fpinnovations banner
nalco banner
valmet banner
enerquin air banner
kemira banner
cristini banner