Accueil Blogues Mathieu Régnier L’APFC attend l’annexe « produits forestiers » du nouvel accord de libre-échange avec l’Europe

L’APFC attend l’annexe « produits forestiers » du nouvel accord de libre-échange avec l’Europe

Envoyer Imprimer PDF

L'Association des produits forestiers du Canada (APFC) est partisane du libre-échange depuis longtemps. Elle ne pouvait que se réjouir de la signature de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne, mais il reste un peu de travail aux négociateurs. « L'annexe » consacrée aux produits forestiers doit encore voir le jour.

Le secteur forestier canadien fait valoir depuis longtemps que les industries du secteur bénéficieront d'un accord économique et commercial global (AECG) qui abolirait les droits de douane. On pense par exemple aux produits de contreplaqué, aux panneaux OSB ou aux panneaux de particules. Or une entente sur un texte final a été annoncée au tout début du mois d'août et c'est le 26 septembre dernier que Stephen Harper serrait la main de son homologue européen, Jose Manuel Barroso. Une étape importante est donc franchie. Théoriquement, l'élimination complète des droits de douane pourrait aider à développer le commerce entre le Canada et l'Europe. Ceci permettrait au secteur de se diversifier face à une dépendance un peu trop grande vis-à-vis les États-Unis.

L'industrie des produits forestiers a toujours compté sur l'exportation pour assurer sa croissance. On se rappellera que l'industrie était déjà très prolibre-échange sous Brian Mulroney alors que le Canada négociait l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Environ deux tiers des produits à base de bois et de dérivés comme la pâte à papier sont exportés chez notre voisin du sud.

Pour l'industrie, outre les tarifs qui seront abolis, un autre avantage de l'AECG tient dans la transparence des processus de marchés publics de l'Union européenne(UE) pour ses produits. On note aussi des bénéfices en termes de fluidité des investissements et de mobilité de la main-d'œuvre.

Comme le souligne un communiqué de l'APFC, le secteur profitera donc certainement d'une éventuelle élimination des tarifs européens. Ceux-ci « pouvaient représenter jusqu'à 10 %. » Pour diversifier ses marchés, l'industrie canadienne ne peut voir cet accord qu'avec positivisme. « L'an dernier, le secteur forestier canadien a exporté pour plus d'un milliard de dollars de bois, de pâte et de produits papetiers vers les États membres de l'UE. Il s'agit de 4 % du total des exportations de produits forestiers canadiens, ce qui fait de l'Europe le 3e marché international en importance pour le secteur. » Mais pas si vite... l'AECG n'a pas encore force de loi, il y a encore des points d'achoppement sur la table de négociation et l'entente doit être ratifiée par chaque État membre de l'UE – il y en a 28. Ça pourrait prendre encore deux ans. On savait qu'il y avait des bureaucrates à Bruxelles, mais il y en a aussi à Paris, Stockholm, Madrid et Berlin ! Par ailleurs, certains pays comme l'Allemagne sont réticents en lien avec la question du droit des entreprises à poursuivre un État qui aurait des lois jugées nuisibles à la bonne marche de ses affaires. Là, c'est plutôt l'affaire des juristes !

Comme nous le confirme W. Joel Neuheimer, Directeur, Commerce international et transport à l'APFC, le regroupement est impatient d'en savoir plus sur la suite des négociations en ce qui concerne les barrières non tarifaires existantes et potentielles. Ces mesures restrictives mises en place par un pays visent à protéger son marché de la concurrence extérieure et l'industrie des produits forestiers en pâtit depuis qu'elle est entrée sur le marché européen. Les exemples de barrières non tarifaires les plus connus sont les normes environnementales, techniques, sanitaires ou phytosanitaires. Ces barrières peuvent être des mesures adoptées au niveau de la Commission européenne ou des États membres. C'est souvent là que l'industrie est confrontée à la réalité derrière de telles ententes internationales.

Heureusement, l'AECG prévoit la « création d'un dialogue bilatéral propre aux produits forestiers ». Ceci permettra de« faciliter une communication régulière entre les experts canadiens et européens du secteur de la foresterie ». Les parties conviennent donc que le dialogue, la coopération et l'échange d'informations est d'intérêt mutuel en ce qui concerne les lois, règlements, politiques et toutes questions relatives à la production, au commerce et à la consommation de produits forestiers. C'est sur cette « annexe » à l'accord qu'il faudra porter notre attention au cours des prochains mois.

Depuis la sortie de la crise, l'industrie des produits forestiers travaille d'arrache-pied au développement et à la commercialisation d'une gamme de produits à valeur ajoutée. Ceci vient notamment contrer l'effet de la baisse de demande de papier journal. W. Joel Neuheimer laisse entendre que c'est à ces produits et aux nouveaux débouchés pour la fibre qu'il faudra penser en s'attardant aux barrières non tarifaires.

Pour en savoir plus, consultez le résumé technique de l'accord préparé par le gouvernement canadien.


 

 

 
paptac-portal

inscription-infolettre

acces-infolettres
le maitre papetier
fpinnovations banner
buckman banner
cristini banner
le maitre papetier