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Mercredi 24 janvier 2018

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Les nouveaux débusqueurs de l’économie forestière

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Le magazine Forces consacrait la semaine dernière un article intéressant sur la santé de l'industrie forestière. Paul Therrien y constate que si la « période sombre » est bel et bien terminée, après une cure d'amaigrissement, les sociétés forestières sont « plus productives que jamais ». Recueillant essentiellement les propos de Jean-François LaRue, l'économiste en chef de l'Association des produits forestiers du Canada (APFC), de Pierre Lapointe, président et directeur général de FPinnovations et de Marc-André Côté, directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ), le journaliste de Forces conclut que le secteur est prêt à « affronter les défis de la prochaine décennie ». L'article du trimestriel soulève bien qu'une partie importante de cette situation favorable résulte d'une conjoncture favorable. Or celles-ci sont, par définition, rarement placides.


En décembre dernier, le Globe and Mail était moins optimiste. Dans « Paper trail: The decline of Canada's forestry industry », les trois journalistes Greg Keenan, David Parkinson et Brent Jang dépeignaient une situation que les gens de l'industrie décrivent encore comme étant la décennie disruptive. Le Globe rappelait qu'il y a dix ans, l'industrie employait quelque 310,000 Canadiens alors qu'en 2014, ce chiffre était tombé à 190,651. Le tiers d'une force de travail ! Les conséquences, qui n'ont jamais été suffisamment soulignées, furent désastreuses pour un nombre considérable de communautés.

Conditions du succès

« Sommes-nous sortis du bois? » titre le magazine Forces. Si l'on en croit l'APFC, FPInnovations ou la FPFQ, pour s'en assurer, il faudra que les différents paliers de gouvernements continuent de supporter une transition vers une nouvelle économie de la forêt. Les débusqueuses du futur se trouveront dans les laboratoires de recherche, sur les bords du lac Léman, au siège de l'Organisation mondiale du commerce, dans les stationnements des grands magasins américains, siège de la reprise économique continentale, et l'on en trouvera aussi quelques-unes à Chengdu, à Guangzhou ou à Zhengzhou.

Apprendre du passé

Après une description des facteurs ayant contribués à la crise (plusieurs pouvant réapparaître selon le contexte socio-économique), tels que l'affaissement du marcher immobilier, la parité du dollar canadien et américain ou la hausse du prix de l'essence, Forces liste six facteurs pour un retour aux conditions gagnantes : la reprise du marché de l'habitation aux États-Unis, le taux de change favorable aux exportateurs canadiens, la baisse des coûts de l'énergie fossile, l'amélioration de « la performance des usines en activités (bond de productivité de 3% entre 2007 et 2013 selon l'APFC), et l'incontournable ouverture du marché chinois.

Travailler de concert

Reconnaissant qu'il existe encore de fortes pressions sur l'industrie, trois composantes devront être respectées pour que le secteur demeure concurrentiel : le développement de nouveaux marchés, l'amélioration de la performance environnementale et la mise en œuvre concertée d'une stratégie de recrutement face au défi posé par l'arrivée à la retraite massive des employés du secteur vers 2020. « L'industrie aura besoin de 120,000 employés », rappelle monsieur LaRue de l'APFC.

Débusqueuses de demain

Les débusqueuses de demain travailleront de manière interconnectée. La bonne lubrification des pièces ne sera pas suffisante aux avancées. Pour sortir du bois, il faudra penser plus loin que l'arbre en face de sa lame. Marc-André Côté souhaite que les propriétaires de forêts privées agissent avec plus de cohésion. Toutefois, ils auront « besoin d'un soutien réel de la part des gouvernements. » Même son de cloche à l'APFC, les gouvernements devront se pencher « sur la manière d'appuyer l'industrie forestière afin qu'elle puisse développer de nouveaux produits, tout en lui permettant de maintenir ses assises solides dans le marché mondial. »

Le ministre Denis Lebel présent à PaperWeek 2015 expliquait aux participants que l'industrie donnait un rendement exceptionnel sur l'investissement public. Défendant l'apport du gouvernement conservateur de Stephen Harper qui aurait investi 2,2 milliards de dollars pour aider l'industrie, le ministre Lebel soulignait la négociation d'accords de libre-échange avec la Corée du Sud et l'Europe ainsi que la considération d'une stratégie d'ouverture des marchés vers l'Inde. Est-ce suffisant pour l'industrie ? Parlons-nous ici de lubrifiant neuf ou de la véritable avancée – concertée – des débusqueuses de demain ?


 

 
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