Accueil Blogues Mathieu Régnier Emballages en carton : étiqueter l’info environnementale

Emballages en carton : étiqueter l’info environnementale

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Les étiquettes décrivant en détail les ingrédients des produits alimentaires sont maintenant bien connues. Ceci est venu en grande partie de demandes des consommateurs au cours des années 1970 et 1980. Encore aujourd'hui, nous voulons être en mesure de prendre des décisions éclairées sur nos achats. Il y a toutefois encore beaucoup à faire en ce qui concerne les informations relatives aux méthodes d'emballage.

De quoi est fait le paquet de carton livré par le facteur ?

Une étude de Asia Pulp and Paper (APP) basée sur un sondage qu'elle a elle-même effectuée auprès de consommateurs nord-américains révélait que ceux-ci souhaitaient obtenir plus d'information sur les impacts environnementaux des produits qu'ils achetaient et que cette information, ils la souhaitait, bien visible, à même les emballages. Faut-il revoir les étiquettes ? Sodium, gras trans, forêt FSC, 50% de contenu recyclé ?

Comme l'explique, Ian Lifshitz, le directeur nord-américain de APP dans un billet publié sur le site Sustainable Brands, les consommateurs sondés exigeraient une plus grande transparence de la part des marques, ce qui obligera celles-ci à collaborer de plus en plus avec les fournisseurs tels que les producteurs de cartons.

Ceci n'est pas une bien grande nouvelle. La tendance est connue depuis quelques années. Ce qui est intéressant ici c'est qu'une entreprise comme APP s'y intéresse. Mais là encore, est-ce bien surprenant alors que les entreprises du secteur se tournent de plus en plus vers ce segment de marché ? L'emballage a le potentiel de devenir la vache à lait des compagnies forestières à l'heure où le papier journal est de moins en moins demandé.

Aux dires de monsieur Lifshitz, plus de 4 consommateurs américains sur 10 considèrent que l'information sur la durabilité que l'on retrouve sur les étiquettes est source de confusion. Ils veulent qu'elle soit simplifiée. En outre, seulement un tiers des Américains croient que l'information trouvée actuellement sur ces étiquettes est fiable et précise. « C'est inacceptable » dit Ian Lifshitz qui prône un front commun entre le secteur privé et les autorités réglementaires afin d'y mettre un peu d'ordre. Il faut dire que sa compagnie a mis en place un programme pour réduire son empreinte environnementale en 2013.

Voici les informations que les consommateurs souhaitent obtenir selon APP :

  • 57% voudraient savoir si l'emballage est issu de matières recyclables ;
  • 43% voudraient savoir si l'emballage est fabriqué à partir d'énergie renouvelable ;
  • 25% voudraient savoir si l'emballage est fabriqué à partir de fibres qui ne proviennent pas de la déforestation.

Selon un autre sondage de APP datant de 2014, plus de 77% des Canadiens veulent des emballages écoresponsables pour les produits alimentaires et près de la moitié (46%) sont prêts à payer plus cher pour des produits du bois et des emballages durables – ceux qui ne sont pas issus de la déforestation par exemple.

Lacunes et manque d'espace

Aux dires de plusieurs et peut-être tout particulièrement des groupes environnementaux ou des entreprises qui souhaitent se distinguer de la compétition par leurs engagements environnementaux, les étiquettes n'offrent pas d'explications suffisantes ou suffisamment claires entourant l'approvisionnement en matière première ou les méthodes de production des emballages. Il deviendrait donc important pour les entreprises actives dans le cartonnage d'accompagner leurs produits d'informations vérifiables.

L'argument environnementaliste est que les matériaux utilisés pour développer l'emballage d'un produit sont, toute proportion gardée, aussi importants que les ingrédients qui entrent dans la confection du produit que cet emballage renferme. L'argument marketing est qu'il est facile de se distinguer de la compétition avec de telles informations. Comme l'espace est limité sur l'étiquette d'un produit, ce que l'on y place est hautement stratégique.

Dans d'autres secteurs industriels, plusieurs prétentions environnementales peuvent être affirmées par l'ensemble des entreprises. C'est en effet la loi qui le dicte. La 'verdeur' d'un produit n'est donc pas l'apanage de quelques entreprises seulement. C'est le cas du secteur des produits nettoyants par exemple. Puisque la loi oblige celles-ci à respecter certaines normes environnementales strictes, certaines décident de ne pas s'en vanter sur leurs étiquettes, d'autant plus que les consommateurs cherchent d'abord à connaître l'efficacité du nettoyant. Ainsi, selon un article récent du The Economist, des entreprises comme Method qui annoncent leurs produits comme plus verts que ceux des compétiteurs auraient un créneau de marché qui ne serait pas nécessairement basé sur les faits. La situation est loin d'être la même dans le secteur des pâtes, papiers et cartonnages, mais voilà qui fera réfléchir les participants au séminaire sur les emballages du 28 octobre prochain à Mississauga : "The Future of Paper Packaging" (ainsi que tous ceux qui ont récemment investi dans le carton).


 

 
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