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Cascades : nouveaux engagements en développement durable

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Cascades lançait récemment son plan de développement durable pour la période 2016-2020. Suzanne Blanchet, vice-présidente principale, développement corporatif, nous en présente les grandes lignes.

Il s'agit du troisième plan de développement durable de l'entreprise. Le dernier ciblait neuf objectifs, un de moins que dans cette dernière version. Le petit nouveau du plan 2016-2020 est la réduction des gaz à effet de serre (GES). C'est maintenant une cible à part entière alors qu'auparavant, Cascades adressait principalement l'enjeu des changements climatiques sous l'angle de l'efficacité énergétique. Ainsi, alors que Cascades misait sur des projets associés pour réduire ses GES dans l'exercice 2013-2015, elle misera dorénavant sur d'autres types de projets de réduction de GES. On peut penser ici à l'intégration de nouvelles technologies ou à l'optimisation du transport.

Suzanne Blanchet, vice-présidente principale, développement corporatif chez Cascades est chargée de la stratégie de développement durable pour l'entreprise. Elle cerne pour Le Maitre Papetier une autre nouveauté du dernier rapport : Cascades se donne un horizon de cinq ans pour atteindre ses objectifs. « Le plan 2016-2020 est la suite logique du plan précédent dit-elle en soulignant que si la formule est bonne, il n'y avait pas raison de la changer. » Voilà une bonne décision de Cascades qui a préféré renforcer ce qu'elle avait initié dans le passé. Il faut savoir que les priorités d'action de ces plans ont été définies grâce à des analyses de matérialité bâties grâce à de larges consultations avec les parties prenantes de l'entreprise de Kingsey Falls. Dans le jargon, une analyse de matérialité est l'identification, la sélection et la priorisation des enjeux et impacts clés des pratiques pour une entreprise ou un secteur d'activité.

Une approche de reporting unique

Les premiers rapports de développement durable de Cascades étaient très complets et produits chaque année. Il s'agissait d'une liste exhaustive de l'ensemble des actions de Cascades en matière de responsabilité sociale d'entreprise (RSE). Malgré des versions abrégées, le tout tenait souvent en quelque 50 pages. L'entreprise s'inspirait des lignes directrices du Global Reporting Initiative (GRI) sans en reproduire le cadre exact. Après consultation avec ses parties prenantes, le processus est apparu trop complexe et peut-être sans véritable valeur ajoutée. « Avec son premier plan de développement durable en 2010, l'entreprise se détachait du format des rapports traditionnels et misait plutôt sur l'annonce d'objectifs clairs et alignés selon les priorités », souligne Suzanne Blanchet. Cascades se distinguait en effet ainsi de tous les acteurs du secteur des pâtes et papiers et se faisait remarquer dans le monde de la RSE. Depuis, le modèle est reproduit ailleurs. Sa force tient en grande partie dans sa concision et sa simplicité. En somme, Cascades répond aux demandes de ses parties prenantes. Souvent, les rapports ne sont pas assez tournés vers l'avenir et les engagements ne sont pas assez pointus.

Planète, prospérité, partenaires : trois piliers, dix objectifs

Disponible en ligne comme l'ensemble de ses rapports, le plan 2016-2020 met de l'avant des priorités d'action subdivisées en trois piliers. Sous un pilier « planète », l'entreprise place la quantité d'énergie achetée pour fabriquer les produits, la réduction des rejets d'eau et de GES ainsi que la transition vers une plus grande utilisation d'énergie renouvelable. On note aussi l'augmentation de la valorisation des matières résiduelles. Sur la base d'un indicateur mesurant les kilogrammes de matières valorisées par rapport aux kilogrammes de matière générée, elle vise un taux de valorisation de 80 %. Son score était de 76 % en 2015.

Sous un pilier « prospérité », Cascades regroupe l'innovation, la performance financière et l'approvisionnement responsable. Dans ce dernier cas, les fournisseurs de biens stratégiques et les fournisseurs qui risquent d'avoir le plus grand impact sur l'environnement sont les principales cibles de l'entreprise. Par biens stratégiques, on pense à ceux essentiels à la production. Suzanne Blanchet note par exemple « les fournisseurs de fibres vierges et les fournisseurs de produits chimiques ». Les fournisseurs de fibres recyclées sont jugés moins à risque du côté environnemental explique la vice-présidente, « mais il demeure que nous souhaitons mieux connaître leurs pratiques sociales. » Pareillement, les fournisseurs d'énergie sont aussi dans la ligne de mire.

Le pilier « partenaires » liste trois priorités : la santé et sécurité, la mobilisation des employés et les implications communautaires. Dans ce dernier cas, Cascades souhaite notamment encourager ses employés à s'impliquer bénévolement dans la communauté.


Image ÉCOterre

RSE et image de marque

Pour Cascades comme pour plusieurs entreprises, la RSE est perçue comme un levier pour le développement de l'entreprise dans le sens où elle permet d'améliorer l'image de marque et de se différencier sur le marché. Toutefois, sondage après sondage, Cascades est au haut de la liste des entreprises considérées comme les plus socialement responsables. Voilà qui rend Suzanne Blanchet particulièrement fière. Elle explique que cette réputation pousse l'entreprise « à montrer l'exemple, à innover et à demeurer en avant de la parade. »

Pour qui les rapports ?

L'entreprise a commencé à produire des plans pluriannuels en 2010. Une des logiques derrière cette approche tient au fait que contrairement aux résultats financiers, la performance en développement durable s'évalue moins facilement dans le court terme. Pionnière dans le secteur, avant même ces « plans de développement durable », Cascades produisait déjà des « rapports » annuels plus traditionnels. Dès 1996, Cascades publiait à même son rapport annuel financier un bilan social comprenant des données environnementales et sociales. Le premier rapport séparé du rapport annuel a été produit en 2004, et, selon Suzanne Blanchet, « la grande évolution entre ce premier rapport et ce qui est produit aujourd'hui, c'est l'engagement ». Si la reddition de compte est très louable, qu'elle démontre les valeurs de transparence d'une organisation, la mise en place d'un plan s'avère encore plus fort au plan stratégique, car il dicte publiquement les priorités d'action et les engagements en termes d'objectifs clairs.

« Le rapport est une nécessité, mais pas une finalité » souligne Suzanne Blanchet qui précise qu'il existe chez Cascades plusieurs autres formes de reddition de compte qui opèrent en parallèle. Au lieu de rapports annuels touffus, Cascades mise sur la publication annuelle de rapports simplifiés. Pour l'aider, elle utilise depuis cinq ans le logiciel Métrio qui permet de produire de l'information très simple à comprendre et très agréable au plan visuel. Aujourd'hui, Suzanne Blanchet note « qu'en plus des groupes environnementaux, des gouvernements, des investisseurs et du grand public, c'est souvent les sociétés clientes qui lisent nos rapports. » Tous ont en commun de ne pas avoir beaucoup de temps et de vouloir l'information la plus transparente possible.

Le Plan de développement durable 2016-2020 ainsi que les résultats du dernier plan sont disponibles sur le site web de l'entreprise.


 
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