Accueil Blogues Mathieu Régnier Pâtes, Papier et Bioproduits 101 chez FPInnovations

Pâtes, Papier et Bioproduits 101 chez FPInnovations

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Le Maître papetier était invité à participer au dernier segment du cours « Pâtes, papier et bioproduits » donné par FPInnovations. Cet évènement excitant dure une semaine et a été décrit par un participant enthousiaste comme étant « un excellent cours intensif sur la fabrication des pâtes et papiers ».

FPInnovations offre le cours sur les pâtes, papiers et bioproduits depuis les années 1980, mais à cause des difficultés économiques qu'a dû subir l'industrie dans les années 1990, le programme a été interrompu jusqu'à ce qu'un intérêt suffisant justifie son retour. Le directeur du programme, le Docteur Xuejun Zou, fait remarquer que ce cours existe depuis 2014 dans sa forme actuelle. Pour lui, le succès et la popularité du cours sont confirmés et la session du 3 au 7 octobre dernier en témoigne bien. Plus nous nous éloignons de cette difficile période pour l'industrie et plus les baby-boomers commencent à prendre leur retraite, les ingénieurs, les gestionnaires et leurs semblables sortent des universités pour se joindre aux usines canadiennes de pâtes et papier. « Ces jeunes professionnels ont besoin d'une vision générale des procédés et des innovations les plus récentes de l'industrie et nous croyons que nous sommes les mieux placés pour leur fournir cette perspective » fait remarquer le Docteur Zou.

Donnés au siège social de FPInnovations à Pointe-Claire au Québec, « les exposés et les travaux pratiques sont établis de façon à fournir aux étudiants une connaissance et une base solide sur le fonctionnement de l'industrie des pâtes, papiers et bioproduits » explique le Docteur Zou.

« Les exposés et les travaux pratiques ont été établis de façon à fournir aux étudiants une connaissance et une base solide sur le fonctionnement de l'industrie des pâtes, papiers et bioproduits »

Nouvelle formule de cours pour 2016

Lui-même un baby-boomer approchant la retraite, le Docteur Jean Bouchard est un ancien employé de FPInnovations et un conférencier dynamique. Après plus de 25 ans passés chez FPInnovations, sa contribution à l'industrie a été reconnue par les organisateurs qui se sont assuré que ses connaissances et expertises puissent être mises à profit par une série d'exposés sur la chimie du bois, le blanchiment de la pulpe et les procédés innovateurs sur les nanocristaux de cellulose (NCC), un matériau extrait des arbres, recyclable, renouvelable et non toxique. Pour le Docteur Bouchard, les 5 jours du cours fournissent l'essentiel des connaissances nécessaires à la bonne compréhension de l'industrie et ceci à un large éventail de participants. Grâce aux cours et aux travaux pratiques, les participants ont eu l'occasion d'apprendre de première main les notions essentielles entourant la chimie du bois, les propriétés du papier ainsi que celles sur la fabrication de la pâte et du papier. En tout, 25 professeurs sont intervenus lors de cette semaine. Le Docteur Bouchard explique : « Les étudiants ne sont pas seulement des ingénieurs de procédés, des opérateurs ou des directeurs d'usine, et en réalité cette clientèle n'est pas la seule que nous visons. » Il ajoute en riant : « C'est bien dommage qu'il n'y ait pas plus de journalistes ou de généralistes qui cherchent à obtenir notre certificat de 35 heures ».

Afin de convenir à une grande gamme de participants, le programme a été conçu afin de répondre aux besoins et aux intérêts des employés gouvernementaux, des représentants commerciaux ainsi qu'à une panoplie d'autres intervenants de l'industrie. Le cursus particulier de 2016 a été adapté aux besoins changeants de l'industrie et à une économie en besoin pressant de pollinisation croisée sur le plan des idées et des innovations. « Nous avons mis un très fort accent sur les innovations de l'industrie et élargi le cours vers les bioproduits et la biochimie ». Le Docteur Zou confirme que les cours sont maintenant plus courts que d'habitude, une décision qui découle des suggestions des participants des autres années. « Le format du nouveau cours a été construit en plaçant l'accent sur la pratique, mais tient compte des plus récents développements chez FPInnovations ».

Pendant la semaine, les 24 participants ont mis à jour leurs connaissances à propos des nouvelles occasions qui s'offrent à eux dans les secteurs émergents de l'industrie. « Nous avons présenté les derniers procédés industriels en ce qui concerne le papier-tissu, les produits de soins personnels et les emballages et avons insisté sur la description de produits qui ne sont malheureusement pas assez connus de ceux qui travaillent dans ce domaine – même après plusieurs années ». Un exemple cité par Jean Bouchard concerne les multiples applications en matière de nanocristaux de cellulose (NCC)1. « Pensez simplement aux secteurs de la construction et manufacturier ou au domaine médical qui profitera des nombreuses possibilités offertes par les applications médicales que les NCC peuvent offrir. »

Le cours de cette année comprenait aussi une demi-journée dédiée aux innovations dans le secteur. Cette partie du programme a permis de présenter les nouveaux bioproduits, dont certains sont élaborés dans les laboratoires mêmes de FPInnovations. Ce segment du cours a été bien suivi par les chercheurs de FPInnovations qui en ont profité pour présenter leurs propres travaux dans une salle d'exposition située à proximité de la salle de cours. C'est dans cet espace que l'on a pu voir et toucher à la prochaine génération de produits absorbants et adhésifs issus de la fibre, aux mousses de polyuréthane à base de lignine, aux objets en impression 3D, aux biocomposites, aux nouveaux emballages et à une série d'autres nouveautés.

Découvertes et réseautage

Les participants du cours de la semaine dernière ont trouvé plusieurs occasions de tisser des liens professionnels et ont particulièrement aimé les échanges avec les conférenciers qui restaient toujours prêts à répondre et à discuter. Pierre Marie Dion, comptable chez ABB Canada, un des participants, travaille étroitement avec des clients du domaine des pâtes et papier et expliquait que son rôle est « de les aider dans la modernisation et dans l'optimisation des procédés afin de leur permettre d'être plus concurrentiels ». Il considère le cours comme une véritable découverte à propos des complexités inhérentes aux différentes étapes de fabrication du papier. Pour lui, ces informations pourraient, dans plusieurs cas, aider ses clients dans l'optimisation des processus transversaux et des synergies entre différents procédés industriels. Monsieur Dion admet avoir autant appris des discussions avec ses collègues et les conférenciers que des cours eux-mêmes. « En travaillant dans le domaine des pâtes et papier, notre rôle chez ABB est d'améliorer la productivité et l'efficacité des processus industriels, explique-t-il avant d'ajouter qu'il peut maintenant contribuer aux projets d'équipe avec de nouvelles connaissances, de nouvelles idées et plusieurs pistes de solutions face aux défis qui se présenteront pour les clients. »

« L'industrie se complexifie alors que la gamme de produits se diversifie et dans ce contexte, pour simplifier les relations de l'ensemble des parties prenantes, un même langage devient très utile ».

De nombreux progrès ont été réalisés dans l'industrie des pâtes et papiers depuis la dernière décennie et les intervenants se doivent de s'adapter aux produits nouveaux et spécialisés. Le Docteur Zou croit que « l'industrie se complexifie alors que la gamme de produits se diversifie et dans ce contexte, pour simplifier les relations de l'ensemble des parties prenantes, un même langage devient très utile ». Cette lingua franca est à notre portée grâce à de telles formations spécialisées. L'exercice qui a duré une semaine a attiré des étudiants d'autres industries en plus de ceux qui travaillent déjà dans l'industrie des pâtes et papier. « Un étudiant de chez Dupont s'est montré particulièrement intéressé par les nouvelles applications possibles des fibres de bois et des biomatériaux » faisait remarquer le Docteur Zou. En tout, 15 compagnies étaient représentées et les participants provenaient du Canada comme des États-Unis.

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Coup d'œil sur la « Journée de l'innovation »

Les filaments de cellulose (FC). Xujuan Hua, Ph. D., conférencier

  • Les FC peuvent servir à améliorer l'efficacité des machines à papier, à réduire les coûts et à développer de nouveaux types de papier.
  • Les FC ont un grand potentiel pour les produits non conventionnels tels que les composites, les emballages ainsi que les matériaux de construction, les produits agricoles, etc.

Les Nanocristaux de Cellulose (NCC). Jean Bouchard Ph.D., conférencier

  • Au Canada, les NCC ont obtenu l'approbation du Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles. Une utilisation sans restriction est permise au pays.
  • Propriétés des NCC : durables, disponibles en grandes quantités, intrinsèquement résistant, uniformes et réactifs, sujets à la dispersion, pratiquement non toxiques.

La lignine de Kraft pour les produits à forte valeur ajoutée. Michael Paleologou, conférencier

  • La lignine de Kraft des feuillus est maintenant disponible en tonnes pour servir aux produits à forte valeur ajoutée.
  • Le Système LignoForce a été présenté comme idéal pour réduire ou éliminer les émissions de gaz sulfureux.

Introduction au bioraffinage forestier. John Schmidt, conférencier

  • Ne peut concurrencer les sucres de maïs ou de canne sans subventions.
  • L'utilisateur typique peut être une PME (entreprise privée avec un petit volume de biomasse).

Impression en 3D et emballage avancé. Gary Li, conférencier

  • L'impression 3D offre une méthode alternative de fabrication qui est idéale pour les produits spécialisés ou à forte valeur ajoutée.
  • Vous avez manqué ce cours ? Participez à l'atelier d'impression 3D lors de BIOFOR 2017.

Biomatériaux à partir de cellulose traitée chimiquement. Alois Vanerek, conférencier.

  • La cellulose et ses dérivés jouissent d'une gamme étendue d'applications potentielles comprenant même les technologies de pointe – films de cellulose régénérée, sacs compostables et biodégradables, possibilités de remplacement des Styrofoam, films conducteurs électriques transparents, etc.

Composites. Norayr Gurmagui, conférencier.

  • Le bois est le plus vieil exemple de composites.
  • Les fibres de pâte de bois peuvent remplacer les fibres utilisées présentement pour l'armature des produits moulés composites. Pourquoi ? À cause des besoins de plus en plus pressants d'armatures pour composites qui soient légères, économiques et durables.

 1 Les NCC sont un biomatériau de très haute performance dérivé de la cellulose.


 
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