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Industrie forestière et changements climatiques

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L'industrie des produits forestiers est la première au Canada à avoir dévoilé au gouvernement fédéral sa manière de contribuer à atteindre la cible nationale de réduction des émissions. Selon l'Association des produits forestiers du Canada, l'industrie offre une « partie de la solution au défi des changements climatiques. »

Considérant les efforts consentis au cours des 25 dernières années, l’industrie se positionne très bien en matière de performance environnementale.

Le mémoire de l'Association des produits forestiers du Canada (APFC) présenté au gouvernement canadien est l'occasion de souligner l'importante contribution de l'industrie en matière de réduction de ses émissions depuis 1990, mais aussi de porter un regard vers l'avenir. Le mémoire était présenté dans le contexte des consultations qui ont eu lieu au courant de l'été et qui concernaient le tout nouveau « cadre pancanadien en matière de croissance propre et de changements climatiques ». En plus de l'APFC, cinq organisations participaient à la production du mémoire :

  • Council of Forest Industries
  • Alberta Forest Products Association
  • Conseil de l'industrie forestière du Québec
  • FPInnovations
  • Conseil canadien du bois

Énormes progrès depuis 1990

Dans un document synthèse sur son mémoire destiné au grand public, mais qui intéressera les acteurs de l'industrie, l'APFC rappelle que depuis 1990, le secteur des produits forestiers a réduit les émissions de ses usines de pâtes et papiers de 66 %. C'est énorme et mérite mention en ce qui concerne l'avenir des actions qu'entend prendre le secteur. En effet, quand un grand émetteur industriel consent à autant de réduction dans ses émissions de gaz à effet de serre (GES), il est difficile pour elle, même avec beaucoup de bonne volonté d'aller plus loin à moins de collaborer à la recherche de solutions entre secteurs et en tant qu'acteur d'un système complexe qui comprend les réseaux et technologies de transport, les mécanismes de marché entourant les crédits de carbone ou encore aux règlementations qui affectent indirectement ses activités – pensons ici aux codes du bâtiment et aux normes associées qui empêchent la construction d'édifices en hauteur à base de bois.

Considérant les efforts consentis au cours des 25 dernières années, l'industrie se positionne très bien en matière de performance environnementale quand elle se compare à d'autres secteurs industriels et aux industries forestières d'autres pays. Un tableau démontre comment les mesures de réduction de GES placent le Canada en position avantageuse par rapport à des « concurrents comme les États-Unis ou l'Asie ».

Il y a donc très peu de possibilités supplémentaires de réduction de GES au sein de l'industrie elle-même puisqu'elle a déjà investi des milliards de dollars dans les mesures d'efficacité énergétique ou dans la transformation des usines pour qu'elles puissent utiliser des énergies à faibles émissions de carbone. À ce sujet, l'APFC note que le secteur n'utilise plus de charbon et qu'il a réduit sa consommation de pétrole de 90 %. « Actuellement, l'énergie générée pour les pâtes et papiers se répartit comme suit : 80 % biomasse, 18 % gaz naturel et 2 % d'autres types » comme le pétrole, ou l'hydroélectricité.)

Mesures souhaitées d'ici 2030

Outre un fort utile état de la situation, le mémoire de l'APFC propose aussi une série de recommandations pour atteindre les objectifs gouvernementaux ainsi que son propre programme du « Défi 30 en 30 » par lequel l'industrie s'engage à retirer 30 mégatonnes (MT) de CO2 annuellement d'ici 2030. Voilà qui correspondrait à « plus de 13 % de la cible d'atténuation du gouvernement canadien d'ici 2030. »

Parmi les recommandations de nature générale du mémoire sur les changements climatiques, l'APFC résume le tout en cinq points :

  1. « Investir dans la recherche et le développement de technologies innovatrices, la commercialisation des produits ainsi que la diversification des marchés et des exportations dans le secteur forestier et en faire la promotion. »
  2. « Mettre à jour et renouveler les codes nationaux du bâtiment pour faciliter l'utilisation du bois en construction. »
  3. « Diversifier les marchés du secteur forestier en favorisant le commerce par des accords de libre-échange. »
  4. « Encourager le développement des affaires, le perfectionnement des compétences et le développement des capacités qui répondent aux besoins du secteur forestier canadien. »
  5. « Travailler avec l'industrie pour appuyer et promouvoir le dossier environnemental du secteur et le statut de chef de file de la durabilité forestière du Canada. »

Pour le gouvernement tout particulièrement, on demande un soutien plus cohérent pour la bioéconomie. Ceci permettra notamment de favoriser la croissance d'une nouvelle génération de bioproduits écoresponsables ou « verts ». Un exemple concret souligné dans le résumé du mémoire est la console des voitures de marque Ford Lincoln qui est conçue à partir d'un composite de bois et qui remplace le « plastique tiré de combustibles fossiles non renouvelables ».

Les autres grands thèmes de réflexion du mémoire portent sur la fixation du prix du carbone – un « système qui devrait tenir compte des mesures précoces, en reconnaissant que certaines entreprises ont été proactives » ; puis sur les principales possibilités d'atténuation dont la plus importante concerne le transport des marchandises suivi par le milieu bâti (construction des bâtiments) et l'agriculture et foresterie (cycle du carbone et bonnes pratiques forestières). Viennent ensuite l'adaptation et la résilience face aux aléas climatiques. Ici, l'APFC préconise par exemple les pratiques d'aménagement forestier durable et l'établissement de « partenariats scientifiques efficaces, réunissant des aménagistes forestiers, des experts de la communauté scientifique, des ONG et des organismes de règlementation ».

Pour en savoir plus
La soumission complète de l’APFC au gouvernement canadien est disponible sur le site web de l’association.
Le rapport « Défi 30 en 30 » est aussi téléchargeable à partir du même site web.


 
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