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Industrie européenne : investissements à géométrie variable

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L'industrie des fibres et du papier en Europe compte augmenter les investissements de 40% d'ici 2050 tout en coupant ses émissions de GES de 80%.

Créer 50% de plus-value d’ici 2050 par rapport à la situation il y a cinq ans. Ambitieux monsieur Lhôte ? Certainement ! Il faut l’être pour déclencher la véritable transformation de l’industrie en Europe.

Sylvain Lhôte était récemment à Montréal pour présenter le contexte entourant cette nouvelle lors de la plus récente édition de PaperWeek : créer 50% de plus-value d'ici 2050 par rapport à la situation il y a cinq ans.

Ambitieux monsieur Lhôte ? Certainement ! Il faut l'être pour déclencher une véritable transformation de l'industrie en Europe. En février, Sylvain Lhôte expliquait à Le Maître Papetier qu'il ne suffisait pas de décarboniser l'industrie et de préserver la ressource pour prendre le chemin de la bioéconomie. « Il faudra consentir des investissements majeurs au cours des prochaines années et ils devront être engagés rapidement. »

La Confédération des industries européennes du papier (CEPI) lançait en 2011 sa première feuille de route pour amener l'industrie vers une réduction considérable de ses émissions carbone. C'était une première par rapport à l'ensemble des secteurs industriels européens. La semaine dernière, l'industrie réaffirmait cette vision d'une décarbonisation allant de pair avec la croissance. Pour y voir, Sylvain Lhôte souligne l'importance d'un meilleur alignement des politiques, de la recherche et des conditions de financement.

20 + 24 = 44

Depuis cinq ans, l'industrie a déjà investi 15 milliards d'Euros dans une vaste gamme de projets de modernisation. Aujourd'hui, on parle d'un investissement supplémentaire de 24 milliards d'euros d'ici à 2050. Cet argent ira aux initiatives d'efficacité énergétique et au déploiement de technologies innovantes pour réduire les gaz à effet de serre du secteur. La CEPI considère de surcroit qu'un investissement supplémentaire de 20 milliards d'euros sera nécessaire pour stimuler la production de nouveaux produits à faible teneur en carbone. Continuons les calculs... Ces 20 et 24 milliards d'euros représentent 1,2 milliard d'euros chaque année. C'est donc une hausse de 40% des investissements courants qui se profilent dans le paysage industriel transeuropéen.

Croissance de la valeur ajoutée

Cette croissance de 50 % de la valeur ajoutée par rapport à 2010 se chiffre à approximativement 25 milliards d'euros d'ici 2050. Fabrication plus intelligente et meilleure gestion des données riment avec gains d'efficacité selon la CEPI. À ces gains, on vise aussi l'addition de nouvelles fonctions aux produits comme la connectivité ou l'hydrophobie. La CEPI mise aussi sur les nouveaux produits biologiques comme les additifs alimentaires ou les biocarburants ainsi que sur la croissance de segments de marché dans les secteurs de l'emballage, des papiers spéciaux ou des produits hygiéniques.

Feuille de route pour 2050

Pour transformer l'industrie en Europe et mener l'industrie des fibres et du papier vers une bioéconomie à faibles émissions de carbone il faudra certes des investissements directement associés, mais Sylvain Lhôte croit aussi que « la Commission européenne devra s'engager à long terme pour ramener la fabrication en Europe. » Selon lui, il est grand temps d'agir face à la concurrence ; « le cadre politique de la prochaine décennie est en train de se façonner présentement ».

Souvenirs de Montréal

Quand on lui demande ce que nous pourrions apprendre du secteur des pâtes et papiers européen en matière de décarbonisation ou du développement de la bioéconomie, il répond à brûle-pourpoint: « vous devriez plutôt me demander ce que nous, Européens, pouvons apprendre du contexte canadien ». Sachant que nouveau directeur général de la CEPI est diplomate, acceptons le compliment en notant toutefois que l'Europe possède une longueur d'avance. Le Vieux-Continent se prépare pour la transition depuis des dizaines d'années. Quoi qu'il en soit, Sylvain Lhôte ajoute que PaperWeek 2017 s'est révélé être pour lui une mine d'informations ; « je crois que plus d'Européens devraient venir faire leur tour de ce côté de l'Atlantique au cours des prochains événements PAPTAC ».

Lectures pour stratèges forestiers

La nouvelle édition de la feuille de route est disponible en ligne (PDF). Dans une section intitulée « Combiner les morceaux du puzzle politique » (page 13), la CEPI propose une analyse sous forme matricielle qui est particulièrement inspirante. Certains morceaux du puzzle ne pourront trouver de place dans le casse-tête canadien, mais les stratèges politiques d'ici pourront bien visualiser la transformation de l'industrie à venir, une transformation qui nécessitera des investissements à géométrie variable. « Cette matrice servira de liste de vérification (checklist) pour s'assurer que l'industrie et les décideurs politiques sont sur la bonne voie pour réaliser notre vision commune. »


 
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