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Daniel Archambault voit renaître l’industrie après une triste décennie

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Optimisme, patience et curiosité décrivent bien la vision du nouveau président du Conseil de PAPTAC. Le Maître papetier a rencontré Daniel Archambault qui partage sa vision après 35 ans dans l'industrie. Vice-président exécutif et chef de l'Exploitation à la Division des Produits industriels, il considère qu'après une décennie difficile pour chaque acteur concerné, l'avenir peut enfin être envisagé sous de meilleurs jours.

Ce n'est pas uniquement par une série de consolidations ou l'arrivée de pratiques d'affaires durables que l'on constate de prometteuses opportunités d'affaires pour l'industrie. Comme diplômé de l'Université de Sherbrooke en Génie Chimique, Daniel Archambault porte des lunettes d'ingénieur quand il dit observer une amélioration de l'efficacité opérationnelle à travers l'ensemble du secteur. Une efficacité qui naît en grande partie des plus récentes innovations scientifiques et technologiques.


Kruger - Papiers pour publications - Usine de Brompton

Solutions à vocation scientifique

Ce constat, il le fait pour l'échiquier mondial, mais en pensant tout particulièrement à l'industrie papetière canadienne; « une industrie en processus de réinvention après la récession, une industrie qui est promise à un bel avenir, car elle investit sérieusement dans la recherche de solutions à vocation scientifique par le biais de réseaux comme FIBRE ou FPInnovations – pour ne nommer que ces programmes ».
C'est par ce type d'initiative que le secteur forestier canadien pourra répondre aux besoins de ses partenaires gouvernementaux et de membres industriels. Pour une organisation comme Kruger, ces réseaux deviennent essentiels pour faciliter l'échange entre experts et pour stimuler la recherche appliquée. « C'est justement ce qui rend si intéressante la participation à l'Association technique des pâtes et papiers du Canada (PAPTAC); ces regroupements sont essentiels pour canaliser et coordonner les énergies d'un si grand nombre d'acteurs » dit-il en insistant sur l'importance de la recherche de nouveaux produits et de nouveaux procédés pour voir à la valorisation des activités de transformation de la fibre.

« Une industrie en processus de réinvention après la récession, une industrie qui est promise à un bel avenir, car elle investit sérieusement dans la recherche de solutions à vocation scientifique par le biais de réseaux comme FIBRE ou FPInnovations – pour ne nommer que ces programmes. » »

Le Canada garde son avantage concurrentiel

Pour Daniel Archambault, le Canada n'a jamais perdu son avantage au plan mondial. Cet avantage se décline sous différentes perspectives. La première concerne la qualité et l'abondance de la fibre puis, dans une hiérarchie d'avantages, viendrait soit les pratiques de régénérations durables maintenant monnaie courante ou le coût de l'énergie qui est très compétitif. À ces avantages se rajoute une main-d'œuvre qualifiée soutenue par un bon système d'éducation. Sur le plan logistique, le Canada a des ressources qui lui permettent d'exporter ses produits à travers le monde. Enfin, les gouvernements fédéral et provinciaux investissent beaucoup en recherche sur les technologies de transformation et encouragent et soutiennent l'industrie ce qui compte énormément pour transformer la fibre à des coûts concurrentiels.

Au large de la bioéconomie : suivre le cap

La demande mondiale pour la pâte, le papier et le bois d'œuvre se maintient bien que les centres de croissance économique se soient déplacés. C'est pour cette raison que la croissance des entreprises canadiennes viendra de plus en plus de l'exploitation de nouveaux segments de marché et vers l'exploitation de produits sophistiqués comme le bois d'ingénierie, la nanocellulose cristalline ou les filaments cellulosiques. Daniel Archambault croit que l'industrie devra prendre un virage avec un œil sur les phares de la bioéconomie, comme un bateau voguant une fois la nuit tombée. « Je pense entre autres à la bioénergie, aux biocarburants – à la pyrolyse – ou encore aux produits bio et biochimiques. »

 Développements récents chez Kruger

Parmi les plus récentes évolutions de l'entreprise, on note l'agrandissement de l'usine de Kruger à Memphis, au Tennessee qui a été financé en partie par un prêt de la Caisse de dépôt et placement du Québec. La nouvelle usine comprend trois machines à papier et des chaînes de transformation.
Cet agrandissement s'accompagne tout particulièrement de l'installation d'une nouvelle machine de papiers tissu. L'objectif de l'investissement est de faire passer la capacité totale de 57 000 à 117 000 tonnes métriques (papiers hygiéniques, papiers-mouchoirs, essuie-tout, serviettes de table).
On note aussi l'inscription en bourse d'une partie des activités de l'entreprise (Papiers Tissu KP inc.). Cette société a été créée exclusivement aux fins d'acquérir une participation dans Produits Kruger S.E.C. – fabricant de produits de papier.

Le respect de l'environnement : « une de nos plus grandes fiertés ».
« Nous travaillons à réduire notre empreinte environnementale depuis plusieurs années et nous y sommes arrivés à coups d'investissements majeurs dans nos usines. » Selon Daniel Archambault l'industrie en entier a adopté de grands changements afin de répondre à des normes environnementales toujours plus sévères.

« Parmi nos plus grandes fiertés, il faut certainement compter sur la baisse considérable d'utilisation de carburant fossile dans nos opérations. » Kruger utilise par exemple sa propre biomasse forestière et consent des efforts considérables en matière d'efficacité énergétique. « Des plans de cogénération sont en place dans plusieurs de nos installations. » Le rôle de Kruger Énergie comme unité d'affaires de la société y est pour quelque chose dans le sens où elle illustre l'expertise développée par Kruger dans le domaine des énergies renouvelables. Kruger Énergie est la résultante d'une diversification des activités de la compagnie. Son mandat est de croitre dans le domaine des énergies vertes (hydroélectrique, éolien, cogénération, biomasse et biogaz) bien avant de fournir de l'énergie aux installations des autres unités. Pour l'instant l'autoconsommation est très utile pour répondre aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre, mais l'entreprise mise aussi sur la revente de l'énergie produite au sein de ses 34 sites de production. Au total, la puissance installée est de plus de 520 MW.

Renouvellement de la main d'œuvre

« Comme plusieurs acteurs du milieu, nous constatons que le renouvellement de la main d'œuvre sera un défi important de la prochaine décennie. Il en va de la pérennité de l'industrie, explique-t-il. » L'Association des produits forestiers du Canada parle de 60 000 nouveaux emplois d'ici 2020. Si la main-d'œuvre manque à l'appel et que la moyenne d'âge dans l'industrie est de 50 ans, aux yeux de Daniel Archambault, il faut d'abord retenir la main d'œuvre existante et Kruger adopte une foule de stratégies pour s'en assurer.
« Parmi les mesures offertes chez nous il y a la possibilité de suivre différents cheminements de carrières au sein de toutes nos divisions. Ceci attire les candidats à une époque où les postes qui durent toute une vie ne sont plus monnaie courante. »
La compétition est grande pour attirer la main-d'œuvre qualifiée dans différentes régions du pays. Le boum des sables bitumineux attire de nombreux corps de métiers, même chose du côté des activités minières dynamisé par le développement du Nord. Il s'agit d'industries qui nécessitent l'apport d'une main d'œuvre très similaire : gestionnaires de projets, ingénieurs, ouvriers spécialisés, etc.

« Comme plusieurs acteurs du milieu, nous constatons que le renouvellement de la main d'œuvre sera un défi important de la prochaine décennie. Il en va de la pérennité de l'industrie. »

Diversification: la solution?

Le récent programme d'expansion de Kruger lui a permis de réaliser une diversification équilibrée au plan industriel dans le but, notamment, de répartir les risques liés à la récession sur une plus large gamme de produits. Ce ralentissement économique, a certainement été un défi pour Kruger, toutefois, en favorisant la diversification, l'entreprise assure sa croissance et l'aide à mieux se protéger contre de futurs ralentissements économiques. « Entre 2009 et 2011 de nombreuses usines ont dû fermer à travers le pays, mais Kruger s'en est relativement bien tiré en comparaison avec ses concurrents. L'entreprise est le seul fabricant de papier journal au Canada et un des rares en Amérique du Nord qui n'a pas dû se placer sous la protection de la loi pour éviter la faillite. » Bien entendu, Kruger a dû faire des choix : réorganiser sa division du papier par exemple. Malgré les rationalisations d'effectifs inévitables, l'entreprise estime avec fierté avoir respecté toutes ses obligations envers ses employés : primes de séparation et bénéfices.

« Entre 2009 et 2011 de nombreuses usines ont dû fermer à travers le pays, mais Kruger s'en est relativement bien tiré en comparaison avec ses concurrents. »

Une présidence qui tombe sur une année bien spéciale

Flatté d'avoir été choisi par PAPTAC pour assumer le poste de président du Conseil pour l'année 2013, Daniel Archambault prend donc une place importante pour une année d'importance. La prochaine édition de PaperWeek Canada intitulé « L'innovation en mouvement » marquera le centième anniversaire de la conférence canadienne des pâtes et papiers.

Pour Daniel Archambault, PaperWeek Canada 2014 sera un moment charnière pour l'industrie à l'heure de la bioéconomie et à l'heure d'un redressement certain. Il rappelle que l'édition de 2013 a vraiment redonné des ailes à la conférence qui avait également souffert de la situation économique. « Après 2009, la semaine du papier était presque disparue, mais depuis trois ou quatre ans nous assistons à un véritable retour en force de l'événement, en février dernier nous pouvions vraiment sentir une nouvelle dynamique sur le plancher. »

L'industrie se repositionne en fonction de l'innovation. Innovation dans les pratiques d'affaires et de gestion autant que dans les technologies et les processus de production. À ce sujet il y a beaucoup à apprendre des autres PAPTAC du monde croit Daniel Archambault. Pour lui, les regroupements industriels de pâtes et papiers des autres grandes régions productrices du monde, comme l'Europe ou le Japon, doivent continuer à partager leurs connaissances. « C'est particulièrement intéressant en matière de progrès technologiques », dit l'ingénieur. Il note d'ailleurs que les principales innovations, tant en matière de fabrication de papier qu'en matière de coupe du bois proviennent de recherches conduites par des réseaux scientifiques internationaux. Espérons qu'ils seront présents à PaperWeek.

« Après 2009, la semaine du papier était presque disparue, mais depuis trois ou quatre ans nous assistons à un véritable retour en force de l'événement, en février dernier nous pouvions vraiment sentir une nouvelle dynamique sur le plancher. »






Daniel Archambault
, Vice-président exécutif et chef de l’Exploitation, Division des Produits industriels chez Kruger cumule plus de trente années d’expérience dans le domaine des pâtes et papiers.
Son parcours professionnel s’est construit sur les bases d’un diplôme en Génie chimique de l’Université de Sherbrooke.
Il a débuté sa carrière chez Albany International, un fournisseur de pièces d’habillage pour l’industrie, avant d’occuper divers postes au niveau des opérations des machines à papier chez Papeterie Reed à Québec (maintenant Papiers White-Birch).
De 1988 à 1995, il a œuvré comme directeur et ingénieur de projets chez NLK Consultants, une firme d’ingénieurs-conseils spécialisée pour l’industrie des pâtes et papiers.
C’est en 1995 qu’il entre chez Kruger en tant qu’ingénieur en chef avant d’occuper divers postes de direction : Krupack, Bromptonville, Wayagamack et de vice-présidence : fabrication Papiers pour publications, direction à l’exploitation, puis son poste actuel depuis 2009.
Daniel Archambault a été nommé Président du Conseil de PAPTAC pour l’année 2013. Il est d’ailleurs membre du conseil exécutif de PAPTAC depuis trois ans. Il est membre de PAPTAC depuis 1979.



Fondée en 1904, la société Kruger est établie au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve-et- Labrador et aux États-Unis.

  • La Division des produits industriels comprend les papiers pour publications et les produits forestiers, ainsi que le carton et les emballages.
  • La Division des produits de consommation comprend les papiers à usages domestiques et institutionnels et les vins et spiritueux.
  • Kruger Énergie se consacre au développement de projets d'énergie renouvelable, principalement d'hydroélectricité, d'énergie éolienne, de cogénération à la biomasse et de valorisation des biogaz.
  • La société Kruger est également l’un des principaux recycleurs de papiers et cartons en Amérique du Nord.

    Pour plus de détails, visitez : le site Internet de Kruger

 

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