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Premiers jours porteurs d’avenir pour Mario Plourde

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Mario Plourde est devenu président et chef de la direction de Cascades au printemps dernier. Il reçoit Le Maître Papetier pour sa première entrevue comme successeur aux frères Lemaire. Quel est son parcours, quels sont ses défis, comment s'y prendra-t-il?

C'est sans grande surprise que Mario Plourde succédait à Alain Lemaire il y a moins de huit mois. Cascades préparait la succession du dernier frère Lemaire à diriger l'entreprise depuis un bon deux ans. Alain Lemaire a assumé la présidence de 2004 à 2013. Des années difficiles pour toute l'industrie pendant lesquelles Cascades plaçait ses pions.

Si les frères Lemaire restent impliqués dans la destinée de l'entreprise, ils passent les rênes au premier dirigeant de Cascades qui ne fait pas partie de la famille. Une première depuis 1964.

Administration des affaires – option finance

Comme financier, Mario Plourde regarde d'abord les chiffres. C'est ce qu'il fait chez Cascades depuis 28 ans. Décideur rapide qui n'a pas peur de se tromper, mais qui évalue toujours très attentivement les obstacles qui se présentent devant lui, il a un style de gestion différent des frères Lemaire. C'est probablement pour cette raison qu'on lui confie une entreprise métamorphosée par rapport à ce qu'elle était il y a encore cinq ans. Aujourd'hui, Mario Plourde dirige une entreprise intégrée à la fois horizontalement et verticalement.

Mario Plourde dirigera autrement. On le considère comme exigeant sur la performance des unités et probablement moins tolérant au risque que ces prédécesseurs. « Un site en difficulté doit être en meilleure santé financière après mon passage », affirme-t-il.

Quand viendra la fin du plan stratégique en 2015, il sera probablement moins patient que ses prédécesseurs par rapport à la performance des unités. Quelques mois après le plus important investissement dans l'histoire de Cascades (Greenpac LLC à Niagara Falls), le modèle de redressement d'entreprises en difficultés propre à Cascades semble prendre une toute nouvelle tournure.


Les frères Lemaire et Mario Plourde

Des rouleaux bien alignés

Le parcours professionnel de Mario Plourde est celui d'un homme qui n'a pas froid aux yeux. Il se fait confier le redressement d'une usine dans la jeune vingtaine. Il n'avait alors aucune expérience. « On devenait gestionnaire d'entreprise après avoir passé du temps sur les planchers d'usines, dit-il, il fallait être très impliqué dans les opérations routinières à la base de la productivité. Moi, je sortais de l'université, mais, par chance, en devenant contrôleur, j'étais très proche du centre des décisions. Le travail du contrôleur est en effet de décortiquer les résultats à la fin du mois et de proposer des solutions pour rentabiliser les opérations. C'est une excellente manière de s'initier à la gestion ».

« Ma première expérience aux opérations, je l'ai eu très jeune alors que j'étais en comptabilité. On m'a parlé d'une petite entreprise produisant du plastique à Kingsey Falls. C'était le mouton noir de Cascades et l'usine n'était pas rentable. J'ai regardé les taux d'intérêt, et je me suis lancé le défi de prouver qu'il serait plus rentable d'investir dans cette usine que de mettre de l'argent à la banque. Ma ligne d'horizon était d'un an. » Très présent sur le plancher et avec un plan d'attaque bien communiqué aux employés, il s'attèle à la tâche et réussit. Seule nuance, il gagne son pari en dix-huit mois au lieu de douze. Les frères lui font déjà confiance. Il obtient rapidement la gestion de trois autres usines du même secteur. De directeur d'usine, il devient directeur général du secteur plastique.

Son ascension continue alors qu'il occupe des fonctions similaires dans le secteur de la pâte moulée. À bien des égards, c'est un secteur qui ressemble à celui du plastique, car il touche le marché du détail. En prenant ce secteur sous sa charge, il ajoute quatre nouvelles usines à sa gouverne. Ce qui devait arriver arriva. « Un jour, les frères Lemaire m'ont suggéré d'en apprendre un peu plus sur les pâtes et papiers, car après tout, Cascades opère dans ce domaine! »

Au milieu des années 1990, il intègre l'usine de Papier Kingsey Falls productrice de carton recyclé non couché. Il va sur le plancher avec ses bottes de sécurité pour étudier les procédés de près. Selon lui, c'est la meilleure place pour apprendre le métier de papetier. « Il faut mettre les mains à la pâte », dit-il, presque littéralement.


Alain Lemaire et Mario Plourde

Transition et continuité

Au cours des dix dernières années, Cascades a dû se repositionner dans un marché différent. Mario Plourde a participé aux grandes décisions stratégiques ayant mené au repositionnement, mais admet qu'Alain Lemaire a dû prendre la barre pendant des années particulièrement difficiles. Pensons seulement au ralentissement du marché vers les années 2000, à la remontée du dollar ou à l'arrivée de nouveaux joueurs comme la Chine qui s'intéresse au recyclage de nos vieux papiers et qui contribue à faire augmenter le prix des fibres recyclées. « Mon prédécesseur a dû jouer à l'équilibriste sur une corde raide tendue entre le besoin de faire des acquisitions et le contrôle de nos coûts de production. C'est dans ce contexte que nous avons développé le plan stratégique actuel dont découle ma vision pour Cascades. » Cette vision se décline en quatre priorités qui visent l'amélioration de la performance opérationnelle et financière : modernisation, optimisation, innovation et restructuration.

« On doit moderniser nos actifs pour être compétitif sur le marché vu la dynamique économique canadienne où le dollar demeure autour de 0,95 $. » Dans ce contexte des projets comme Greenpac prennent tout leur sens. Il s'agit d'investir dans une « machinerie hautement-performante pour diminuer nos coûts ». Même chose du côté de l'Ontario où Cascades modernise ses usines de carton-caisse. Ceci pourrait aussi aller avec une réévaluation des usines aux frais d'exploitation élevés afin de les repositionner dans un marché plus spécialisé comme c'est le cas avec le papier fin, un secteur en fort déclin. « En 2004 nous avons décidé de convertir une usine au recyclé. » Plus question alors de compétitionner avec des Domtar, Windsor (1 800 tonnes/jour sur les machines à papier). « Cascades n'opère pas dans les mêmes créneaux de marchés. » Une stratégie de spécialisation pourra continuer à aider la compagnie à se positionner avantageusement là où les créneaux sont déjà saturés.

« La demande est bonne et Cascades s’affaire depuis déjà un bon moment à spécialiser la production de ses usines sur d’autres catégories de papier. »

Les trois premiers défis du président

Le premier défi est relevé, mais ne sera pas sans conséquence: le démarrage de l'usine de Greenpac Mill. Pour un début de mandat, ce n'est pas rien. « Alors que la plupart des joueurs de l'industrie fermaient des usines vers 2011, nous sommes allés à contre-courant en investissant 430 millions $ US pour la construction d'une usine neuve à Niagara Falls. Il ne fallait pas partir du mauvais pied. Aujourd'hui, l'usine roule de manière plus que satisfaisante. »

Greenpac changera la donne en Amérique du Nord. « Nous serons les premiers à entrer dans le marché du papier doublure à poids de base léger et c'est tant mieux parce qu'il y a une demande croissante pour les emballages légers. C'est ce que l'on constate en Europe depuis plusieurs années et la tendance se confirmera en Amérique du Nord. » De plus, dans le cas de cette usine de Norampac, 100 % de la fibre utilisée provient de fibres recyclées : un double avantage concurrentiel.

Aucune fermeture d'usines n'est prévue au Québec ou au Canada dans la foulée de Greenpac. « La demande est bonne et Cascades s'affaire depuis déjà un bon moment à spécialiser la production de ses usines sur d'autres catégories de papier. » Ceci ne veut pas dire pour autant que des usines ne pourraient pas fermer, explique-t-il, mais ceci dépendrait de la conjoncture économique et Cascades ne serait probablement pas la seule compagnie à souffrir. Comme Greenpac est une usine très compétitive, elle risque de rester sur place longtemps.

Deuxième défi : l'Europe. « Nous avons des actifs importants en Europe et le continent ne va pas très bien. Pensons à l'Espagne ou à la France. Nous opérons le même plan stratégique, mais nous surveillons de près l'évolution de la situation économique. »

Troisième défi : la modernisation des actifs. « Il faudra finir de moderniser nos actifs pour opérer un parc compétitif sans augmenter notre dette. » Pour Cascades, il s'agira de trouver l'équilibre qui lui permettra de maintenir une flexibilité financière suffisante pour effectuer de nouveaux investissements stratégiques.

« Nous sommes le premier joueur au Canada avec 30 % des parts de marché alors que la demande augmente chez notre voisin du sud depuis deux ans, et ce, malgré le ralentissement économique américain. »

Un marché qui évolue rapidement

Selon Mario Plourde, ces trois défis sont d'autant plus importants que Cascades domine son marché au Canada. En ce sens, l'entreprise ne serait probablement pas en position d'y investir davantage. Ainsi, si Cascades souhaitait prendre plus de place dans le secteur du papier tissu alors qu'elle occupe le deuxième rang au pays après Kruger, ce serait probablement une décision malavisée d'investir au Canada. « Vaudrait mieux se tourner vers les États-Unis». Même chose en ce qui concerne le carton-caisse, « nous sommes le premier joueur au Canada avec 30 % des parts de marché alors que la demande augmente chez notre voisin du sud depuis deux ans, et ce, malgré le ralentissement économique américain ».

Créneaux d'avenir

Mario Plourde s'illumine en parlant de deux créneaux prometteurs : le secteur des emballages et celui des papiers tissu. Outre l'investissement dans Greenpac, Cascades vient tout juste d'investir 35 millions de dollars dans son usine de l'Oregon. « Nous souhaitions renforcer notre position dans ce marché en Amérique du Nord. » Une machine à papiers spécialisés sera reconfigurée afin de produire chaque année 55 000 tonnes de papiers, principalement du papier essuie-mains et des serviettes de table (Cascades est le quatrième fabricant de papiers tissu sur le continent).

Les marchés changent. « Il faudra s'ajuster alors que des Européens commencent à regarder par ici. Saika ou DS Smith par exemple ». C'est entre autres dû au fait que l'on s'intéresse à des catégories de papier qu'il n'y avait pas ici il y a encore quelques années à peine alors qu'il s'agit de secteurs qui existent déjà ailleurs comme en Europe. « Je ne serais pas surpris d'apprendre qu'il en découlera des investissements importants. Une fois que l'on commencera à utiliser des boîtes légères, la tendance ne se renversera pas ».







Mario Plourde
est Président et chef de la direction de Cascades depuis mai 2013. Il chapeaute l'équipe de direction responsable de l'exploitation et des différentes unités d'affaires des trois grands groupes qui composent l’entreprise (Groupe Tissu, Norampac et Groupe Produits Spécialisés).

Depuis ses débuts avec Cascades en 1985, M. Plourde a occupé divers postes dont ceux de Contrôleur, Directeur d’usine et Directeur général. En 1997, M. Plourde est nommé Vice-président et chef de l’exploitation, Groupe Produits Spécialisés et agit comme Président de ce groupe de 2000 à 2010. De 2011 à 2013, il est nommé Chef de l’exploitation du groupe Cascades en prévision de prendre la relève dans son poste actuel.

En plus de ses nombreuses obligations envers le groupe Cascades, Mario Plourde est membre de l’Association Canadienne des Pâtes et Papiers et s’est aussi associé aux campagnes de Centraide et de la Fondation Charles-Bruneau.
Il est récipiendaire du prix « ARISTA 1990 » à titre de jeune cadre d’une grande entreprise et a été Lauréat au Gala Prix Performance de l’UQAM en 2001.

Mario Plourde a obtenu un baccalauréat en administration des affaires, option finance de l’Université du Québec à Montréal en 1983. Né à Danville, Québec le 14 septembre 1961, Mario Plourde est un fervent amateur de ski et de vélo.



Fondée en 1964, Cascades oeuvre dans les domaines de la fabrication, de la transformation et de la commercialisation de produits d’emballage et de papiers tissu composés principalement de fibres recyclées.
Cascades regroupe plus de 12 000 femmes et hommes travaillant dans plus d’une centaine d’unités d’exploitation modernes et flexibles situées en Amérique du Nord et en Europe.
Sa philosophie de gestion, son expérience de près d’un demi-siècle dans le recyclage, ses efforts soutenus en recherche et développement sont autant de forces qui lui permettent de créer des produits novateurs pour ses clients.

      Pour plus de détails : Cascades en bref / www.cascades.com


 

 

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