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Étienne Couture, président du RIQ

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«L'avenir du génie bioénergétique»

En 2009, le Réseau des ingénieurs du Québec (RIQ) lançait une réflexion sur le développement énergétique du Québec dans un contexte de développement durable. Le RIQ a profité de la récente sortie du rapport La conversion du chauffage au mazout vers la biomasse au Québec produit par Écoressource pour le compte de la Fédération des coopératives forestières du Québec (FQCF) pour donner son appui au développement de la filière biomasse. Le Maître papetier s'est entretenu avec Étienne Couture, président du RIQ, pour en connaître davantage sur l'implication des ingénieurs dans ce dossier.

Quels sont les principaux avantages de la biomasse ?

L'utilisation de la biomasse permet à la fois d'éliminer le mazout, un combustible fossile non renouvelable, en plus d'éliminer des gaz à effets de serre (GES), ce qui lui donne un double avantage.

Utilisons-nous assez de biomasse dans les bâtiments au Québec ?

Non. Contrairement à l'Europe, le coût de l'électricité est bas au Québec, ce qui ne favorise pas l'utilisation de la biomasse. Si on veut développer un créneau de génie bioénergétique, le gouvernement devra créer des incitatifs.

Etienne-Couture-photo2Comment le gouvernement peut-il intervenir pour favoriser la conversion à la biomasse ?

Le gouvernement peut créer des mesures de conversion des bruleurs ou de réservoirs au mazout vers les granules. Il pourrait aussi utiliser le fond vert pour encourager la conversion et la production des granules.

Quel contexte est le plus favorable à l'utilisation de la biomasse ?

Régional. L'idéal est de concentrer l'utilisation de la biomasse où on la trouve pour créer des emplois localement. Que ce soit pour des bâtiments gouvernementaux, commerciaux et résidentiels, il y des gains à faire partout où l'on peut éliminer le mazout. La conversion du mazout est la priorité. Ensuite, pour d'autres genres d'utilisation, des évaluations doivent être faites pour évaluer l'efficacité et la rentabilité d'une installation à la biomasse.

Etienne-Couture-photo3Les ingénieurs connaissent-ils les avantages liés à l'utilisation de la biomasse forestière ? Détenons-nous déjà l'expertise nécessaire ?

Nous sommes en train de développer l'expertise du génie bioénergétique. C'est un mélange de génie mécanique, forestier et industriel. Nous travaillons déjà à offrir une formation spécifiquement orientée pour former des spécialistes de la biomasse. Cette formation s'insérera dans le programme de formation continue dès le mois de septembre si tout va comme prévu. Cette expertise prendra son envol à partir du moment où le gouvernement créera un contexte favorable.

Etienne-Couture-photo4Comment les ingénieurs doivent-ils intervenir dans le développement de la filière biomasse ?

Il y a de plus en plus de jeunes ingénieurs sur le marché du travail. Les jeunes sont particulièrement sensibles au développement durable et à l'utilisation des ressources renouvelables dans un contexte de cycle de vie complet. La population s'attend à ce que les ingénieurs arrivent avec des solutions techniques concrètes face aux défis que présente l'utilisation de la biomasse. Ça fait partie de nos tâches et de nos responsabilités.

Quels sont les plus grands défis techniques ?

Nous devrons concevoir des technologies efficaces pour la récolte et collecte des matières premières, pour convertir les différentes formes de biomasse en granule et pour la conception d'équipement de production de chaleur selon les besoins techniques des bâtiments.

Où voyez-vous la filière de la biomasse dans 10 ans ?

Étant donné que la biomasse est une ressource renouvelable qui peut être utilisée dans le respect de l'environnement et qui permet l'élimination de GES, on se doit de favoriser l'utilisation de ce type d'énergie. Si on peut obtenir des appuis suffisants du gouvernement, plusieurs conversions seront réussies dans plusieurs régions du Québec, créant ainsi beaucoup d'emplois en région.

D'ici 2035, 25 000 emplois et des retombées de 5,1 milliards $ seraient créés pendant la phase d'investissement seulement, selon l'étude La conversion du chauffage au mazout vers la biomasse au Québec. Ces investissements permettraient non seulement au gouvernement de bénéficier de plusieurs centaines de millions de dollars en taxes et impôts, mais ils permettraient aussi d'éviter la production allant jusqu'à 1 216 410 tonnes métriques de CO2 équivalent par année dans l'atmosphère selon les différentes projections.

Ces chiffres sont déjà intéressants, mais si en plus, on peut devenir des leaders du génie bioénergétique, nos équipements seront fabriqués chez nous et des retombées supplémentaires sont à prévoir. Une avenue fort intéressante?!

 

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