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James Lopez, président et directeur général de Tembec

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Entrevue avec James Lopez
sur l'investissement de Tembec dans l'usine à Témiscamingue

Ce n'est pas tous les jours qu'une importante entreprise canadienne de pâtes et papiers annonce un investissement en capital d'une valeur de 310 millions de dollars. Pourtant le 16 mars 2012, Tembec l'a fait en dévoilant ses plans de verser des centaines de millions dans son usine de cellulose de spécialités à Témiscaming, QC, afin d'augmenter sa production annuelle d'électricité verte, de réduire les émissions de dioxyde de soufre, et d'accroître la capacité de production. Le projet a été qualifié de «nouvelle donne», et on prévoit qu'il va mener l'usine au niveau d'une des usines les plus compétitives du marché mondial des pâtes et papiers. James Lopez, Président et directeur général de Tembec, a parlé avec Paper Advance du projet, du produit, et des gens derrière les chiffres.

Paper Advance : Dans une époque caractérisée par les compressions budgétaires, les exemples d'importantes dépenses en capital, telles que l'investissement de 310M $ dans votre usine de Témiscaming, sont rares. Pourriez-vous me parler du processus décisionnel qui a confirmé que cet investissement représentait une bonne décision ?

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James Lopez : L'investissement global est de 310 millions de dollars, ce qui représente le plus grand investissement dans les pâtes et papiers au Canada au cours des 15 dernières années. C'est le plus important investissement jamais réalisé dans une usine par Tembec, ce qui donne une idée de son ampleur tant pour nous que pour l'industrie. Nous avons examiné un certain nombre de choses au moment de décider où investir. Voyant que nous n'avions pas effectué beaucoup d'importants investissements de capitaux dans les 7 ou 8 dernières années, nous avions beaucoup de possibilités à examiner. Ceci dit, il y avait un certain nombre de choses, ou de critères que nous avons examinés avant de décider de cet investissement particulier. Nous avons dû déterminer si les fondements du marché pour ce secteur d'activité étaient assez solides sur le long terme, ce qui signifie que nous avons dû nous demander si la demande pour ces produits allait être forte à long terme, et la réponse a été «oui». Nous avons également dû déterminer s'il y avait un risque que ce produit (cellulose de spécialités) soit fourni en surabondance par les concurrents. Parce qu'il existe d'importantes barrières à l'entrée sur ce marché particulier, la réponse à cette question était «non». Enfin, nous avons eu à déterminer si cet investissement permettrait des marges EBITDA supérieures avec une volatilité réduite, et la réponse à cette question était «oui». Essentiellement, nous savions que cet investissement était une bonne idée, mais nous devions le mesurer aux risques potentiels. Un grand nombre d'investissements peuvent paraître intéressant sur papier, mais être soumis à des facteurs incontrôlables.

Paper Advance : Est-ce que le fait que l'investissement proposé comporte d'importants avantages environnementaux implique un soutien de bailleurs de fonds plus facile à obtenir ?

James Lopez : Ce qui a rendu ce projet particulièrement attrayant est le fait que l'électricité soit la pierre angulaire. En fait, la majorité des revenus que nous prévoyons générer proviendra de l'électricité. Bien que ce ne soit pas un phénomène nouveau, les services publics sont maintenant prêts à payer un peu plus pour l'énergie verte. "Donc, nous savions qu'il y avait un marché intéressant pour cette énergie verte, mais le véritable point tournant a été notre capacité d'obtenir un contrat lucratif avec Hydro Québec. Il s'agit d'un contrat de 25 ans pour 106 $ / mégawatt, et ce chiffre est indexé à l'inflation pour la durée du contrat. Aucun autre aspect de l'industrie forestière ne pourrait offrir ce genre de revenu garanti. Si seulement mes autres secteurs d'activité étaient comme ça !

James-Lopez-photo4Paper Advance : Qu'est-ce que cet investissement signifie pour la population active de Tembec?

James Lopez : Essentiellement, cela signifie la préservation. Témiscaming est une usine vieillissante, construite au début des années 1900. Il ya des parties de cette usine qui deviennent désuètes. Géographiquement, l'installation est dans un endroit assez éloigné, et elle sert de plaque tournante économique pour la région. Elle crée beaucoup d'emplois indirects dans les forêts et la communauté environnante. Actuellement nous avons environ 950 personnes sur le site, 100 d'entre eux sont des employés directs de l'entreprise. Nous ne prévoyons pas de changements importants dans la population active à l'usine en raison de cet investissement.

Paper Advance : La société prévoit-elle d'autres dépenses en capital dans un avenir proche ?

James Lopez : Nous sommes dans une phase d'investissement et nous en prévoyons un certain nombre d'autres dans un avenir proche. Un grand nombre tourne autour de l'énergie. Nous mettons actuellement sur pied une turbine électrique en France, un système anaérobique de traitement des eaux usées à Matane, QC, et nous effectuons aussi un investissement dans notre usine de pâte en Colombie-Britannique. Actuellement, une de nos scieries au Québec brûle du mazout pour sécher la pâte. C'est un processus très coûteux et nous investissons afin d'utiliser plutôt de la biomasse pour ce processus de séchage.

Paper Advance : Avec la compression de l'industrie des pâtes et papiers au Canada, quelle est l'importance pour Tembec de développer des marchés et créneaux spécialisés? Comment cela s'est-il reflété sur sa gamme de produits au cours des cinq dernières années?

James Lopez : C'est essentiel. L'industrie évolue considérablement. On fait maintenant des profits avec les additifs alimentaires, les additifs chimiques et l'industrie pharmaceutique. Il y a aussi les ordinateurs, les explosifs, les téléviseurs, mais plus les pâtes et papiers. Pas avec l'achat de fibre.

Les investissements nécessaires sont tellement importants et les barrières au départ sont si élevées pour les marchés spécialisés, que même lorsque vous investissez, cela peut prendre des années de développement et d'affinement, vous devez donc être certain que votre gamme de produits va être bien accueillie par le marché. C'est ce que nous avons fait avec le marché de haute technologie de cellulose de spécialités.

Paper Advance : Des investissements de cette ampleur impliquent généralement la collaboration du secteur public; Hydro-Québec dans ce cas ci. Comment cette exigence a-t-elle modifié votre façon de faire des affaires?

James Lopez : Je ne pense pas que cela ait changé quoi que ce soit. Quand il s'agit d'énergie, la collaboration avec le secteur public est un phénomène fréquent, rien de plus. Nous voyons souvent des collaborations public-privé essayant de redémarrer de vieilles usines, et elles échouent encore et encore. Ce sont les affaires, et nous devons être en mesure de rivaliser sur un marché ouvert. Lorsque les besoins du gouvernement convergent avec ce que l'industrie peut offrir, alors la collaboration peut devenir logique, mais je ne suis pas un partisan de donner sans retour ou de recevoir d'énormes subventions publiques quand il s'agit de faire des affaires.


À propos de Tembec

Tembec est une société de fabrication de produits forestiers – bois, pâtes, papier et cellulose de spécialités – et un leader mondial en gestion des ressources forestières durable. Inscrite au TSX (TMB), Tembec exploite des usines principalement au Canada et en France, compte quelque 4 000 employés et affiche un chiffre d'affaires d'environ 2 milliards de dollars.


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À propos de James Lopez

James-Lopez-photo2James Lopez a été nommé président et chef de la direction de Tembec en janvier 2006, seize ans après être entré à la Compagnie et y avoir occupé progressivement des postes de responsabilité croissante.

M. Lopez a amorcé sa carrière il y a plus de vingt ans à Synergetics, une entreprise de consultation internationale, en tant que responsable d'un groupe de clients diversifiés du secteur manufacturier, parmi lesquels figurait Tembec. La prochaine étape de sa carrière s'est déroulée à la Kellogg Company, où il a assumé la responsabilité de la construction, de la mise en service et de l'exploitation d'une importante usine de transformation alimentaire.

En 1989, il s'est joint à Tembec en qualité de directeur, Développement d'entreprise. À ce poste, il a participé ou dirigé de nombreux projets ayant trait à la planification stratégique, à l'expansion commerciale et au développement organisationnel. En 1994, M. Lopez a été nommé vice-président et directeur général du Groupe des produits chimiques, puis, en 1996, vice-président, Division des produits spécialisés, du Groupe des produits forestiers.

Trois ans plus tard, soit en 1999, M. Lopez a accédé au poste de vice-président exécutif, Groupe de gestion des ressources forestières, devenant ainsi le grand responsable de la gestion stratégique et opérationnelle de plus de 40 millions d'acres de terres forestières publiques et privées, de même que de l'approvisionnement en fibres des différentes divisions opérationnelles de la Compagnie. Pendant cette période, M. Lopez a travaillé étroitement avec le précédent président et chef de la direction afin de mettre l'accent sur le développement durable. Sous sa direction, le Groupe de gestion des ressources forestières a accumulé les réalisations dans les domaines de la certification forestière et de la conservation, et joué un rôle clé dans l'établissement du Patrimoine vital de l'Ontario et de l'Accord sur les forêts de l'Ontario.

En août 2003, James Lopez a été nommé vice-président exécutif et président du Groupe des produits forestiers de Tembec, assumant ainsi la direction globale du Groupe, y compris la gestion des ressources forestières. Il a occupé ces fonctions jusqu'à sa nomination au poste de président et de chef de la direction.

M. Lopez a pris part activement à de nombreuses associations professionnelles et techniques de l'industrie. Il est un ancien président du conseil d'administration de l'Ontario Forest Industry Association (OFIA), du conseil d'administration de l'Institut canadien de recherches en génie forestier (FERIC) et de WoodWorks, un organisme voué à la promotion de bois dans la construction résidentielle et commerciale. Il siège au conseil d'administration de l'Association des produits forestiers du Canada (APFC), qu'il préside, et il est coprésident du Conseil sectoriel binational relatif au bois d'œuvre de résineux auquel participent le Canada et les États-Unis. Il est membre du conseil d'administration de FP Innovations et siège au comité des conseillers du président de la California University of Pennsylvania.

James Lopez est né à Beaver Falls, en Pennsylvanie, en 1959. Il a fait ses études universitaires à la California University of Pennsylvania, où il a obtenu un baccalauréat en économie.


Découvrez l'usine integrée de Tembec à Temiscaming


 

 

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