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L’honorable Jim Carr, Ministre des Ressources naturelles – Discours de la conférence PaperWeek Canada

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Le 17 février 2017,
Centre Sheraton, Montréal

Merci beaucoup. Je tiens à vous remercier plus particulièrement de m'avoir invité à Montréal. Cette ville est ma deuxième ville préférée. La première étant Winnipeg parce que c'est la ville qui m'a vu naître et grandir. J'y habite encore avec ma famille.

Toute ma vie, j'ai été un grand partisan des Canadiens de Montréal. Lorsque j'étudiais à l'Université McGill, j'avais un abonnement pour les Canadiens et ils ont gagné la Coupe Stanley les deux années. J'habitais dans le ghetto McGill. En sortant de mon appartement, je pouvais tourner à gauche et marcher jusqu'au Forum ou tourner à droite et me rendre chez Schwartz's. Ma vie était, pour ainsi dire, dictée par le hockey et le smoked-meat.

De plus, savoir que l'on célèbre le 103e anniversaire de PaperWeek ici et que cette conférence s'est toujours tenue dans la magnifique ville de Montréal me ravit. Je suis donc très heureux d'avoir accepté votre invitation.

Quel plaisir d'être parmi vous! L'an dernier, je n'ai pas pu venir, mais ma secrétaire parlementaire, Kim Rudd, y était. Elle est revenue de PaperWeek enchantée, me disant tout ce que j'avais manqué. Alors je suis bien content d'être ici aujourd'hui pour en profiter moi-même. D'ailleurs, elle n'exagérait pas. Vous avez concocté un excellent programme qui illustre l'énergie et le dynamisme de l'industrie des pâtes et papiers et de celle des produits forestiers.

Le choix du thème de cette année m'a frappé : « Rester à l'affût du progrès ». C'est exactement ce que fait votre industrie. D'aucuns imaginent encore l'industrie forestière avec des cabanes de papier goudronné et des camps de bûcherons. C'est une image mythique qui s'est imprégnée dans l'histoire du Canada, avec ses stéréotypes de bûcherons aux barbes touffues, une hache à la main. Cependant, aujourd'hui, j'aimerais parler de l'industrie forestière telle nous la connaissons vous et moi : une industrie qui, en plus de rester à l'affût du progrès, crée le progrès.

La fibre de bois a aujourd'hui des usages que l'on n'aurait jamais cru possibles il y a de cela à peine quelques décennies. Elle est utilisée pour renforcer les composantes automobiles, pour fabriquer des véhicules plus légers, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour remplacer des plastiques et des produits chimiques faits de combustibles fossiles. L'industrie est à la fine pointe de l'innovation, que ce soit en proposant des immeubles en bois de 18 étages, un édulcorant pour nos aliments ou une puissance accrue pour nos voitures. Elle dicte aussi la cadence au chapitre de la performance environnementale.

Le travailleur du secteur forestier d'aujourd'hui peut aussi bien être appelé à porter un sarrau qu'une chemise à carreaux. Ce travailleur peut être une chercheuse en génomique qui explore des façons de rendre les arbres plus résistants aux maladies ou une biologiste qui assiste les compagnies dans la planification durable des récoltes ou même un économiste qui travaille à optimiser les chaînes d'approvisionnement. Il est d'autant plus remarquable que, il n'y a pas si longtemps, ce secteur semblait laissé pour compte : son avenir était sombre, son potentiel était limité et ses pratiques étaient critiquées.

Pour beaucoup de gens, cette industrie était dépassée et mourante. Il est toutefois arrivé quelque chose d'extraordinaire. Au lieu de baisser les bras, l'industrie s'est retroussé les manches et a commencé une transformation dont le meilleur est encore à venir. Les chefs de file de l'industrie forestière ont tendu la main aux critiques, ont écouté leurs préoccupations et ont effectué des changements dans leurs opérations. Avec le soutien du gouvernement, vous avez investi dans la recherche, conçu de nouveaux produits et établi de nouveaux marchés à l'étranger. Tout ceci a permis de créer une nouvelle image, mais surtout une nouvelle vision de ce que peuvent être les produits forestiers.

Le secteur forestier est maintenant devenu l'un des secteurs les plus novateurs de notre économie. Une histoire de réussite encore peu connue des Canadiens. Ainsi, plutôt que de vous asseoir sur vos lauriers, vous avez décidé de rester à l'affût du progrès. Parlons donc de ce qui nous attend.

Comme toute industrie, le secteur forestier fait face à son lot de défis, et l'un des plus importants ces jours-ci est le bois d'œuvre. Je comprends l'importance de ce dossier pour vous, pour le Canada et pour toutes les communautés de notre grand pays. C'est pourquoi le gouvernement travaille étroitement avec ses partenaires provinciaux et territoriaux, de même qu'avec les États-Unis, afin d'arriver à un accord qui sera équitable et durable. En fait, ce vendredi, je discuterai des solutions envisageables et de la planification des prochaines étapes avec mes homologues provinciaux.

Je peux vous assurer que notre gouvernement défendra avec vigueur les intérêts des travailleurs, des collectivités et de l'industrie du pays. Le conflit du bois d'œuvre nous rappelle tous l'importance de votre trajectoire, une transformation de longue haleine et une plus grande diversification des marchés.

Bien que ce dossier prenne beaucoup de place, nous ne devrions pas négliger la force sous-jacente de l'industrie des produits forestiers lorsqu'elle est considérée dans son ensemble. Votre industrie est en meilleure santé que par les années passées et bien positionnée pour nous aider à affronter quatre des plus grands défis de notre pays : lutter contre les changements climatiques, promouvoir l'innovation, créer des débouchés économiques pour les communautés autochtones et rurales et faire progresser le commerce.

Je prendrai maintenant quelques minutes pour discuter de ces défis. Premièrement, notre lutte contre les changements climatiques. Il ne faut pas sous-estimer l'importance de l'industrie des produits forestiers dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Je dirais même plus que sans cette industrie il ne peut y avoir de solution mondiale au réchauffement climatique. Rien de moins! Pourquoi? Parce que la foresterie est le seul secteur des ressources naturelles qui a la possibilité d'absorber le carbone de l'atmosphère.

Sa contribution va toutefois beaucoup plus loin. L'industrie développe des technologies propres, elle produit une énergie verte, elle réduit les besoins en énergie et en eau et elle réduit les émissions de gaz à effet de serre et le gaspillage. Alors que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté au Canada entre 1990 et 2012, les usines de pâtes et papiers ont réduit les leurs d'un impressionnant 66 %.

Si les autres secteurs avaient aussi fait de telles réductions, le Canada n'aurait pas eu à se demander comment respecter ses engagements de l'Accord de Paris sur les changements climatiques parce que ses cibles auraient déjà été dépassées. Cette infrastructure écologique de l'industrie, aussi impressionnante soit-elle, n'en est encore qu'à ses débuts. Les nouvelles fibres de bois comme les filaments de cellulose arrivent sur le marché, générant ainsi de nouvelles sources de revenus.

Il y a aussi un grand retour du bois dans la construction d'immeubles, alors que de nouveaux matériaux, plus résistants et plus écologiques, font leur apparition sur le marché. À masse égale, le bois d'ingénierie peut être aussi fort que l'acier, ce qui le rend sécuritaire et pratique, et ce, non seulement dans les immeubles mais aussi dans des infrastructures comme des ponts. Le Canada est un chef de file dans la construction en bois de grande hauteur. Je le sais parce que j'ai eu le plaisir d'assister à l'inauguration, à l'Université de la Colombie-Britannique, de l'immeuble en bois le plus haut du monde. Cet immeuble n'est pas seulement un fleuron d'architecture et d'ingénierie, il vient changer la donne environnementale. Il emmagasine près de 1 600 tonnes métriques de dioxyde de carbone et évite l'émission de plus de 1 000 tonnes métriques de gaz à effet de serre. C'est comme si on enlevait 500 voitures de la circulation par an. En un seul immeuble!

Mais ce n'est que le début. Notre gouvernement appuie aussi la construction d'un immeuble en copropriété de 13 étages en bois stratifié croisé dans la ville de Québec.

Par ses pratiques d'aménagement durable, l'industrie forestière joue aussi un rôle crucial dans la lutte contre les changements climatiques. Le Canada compte la troisième superficie forestière de la planète et 40 % des forêts certifiées dans le monde. C'est beaucoup plus que n'importe quel autre pays.

C'est très important. C'est important car les consommateurs peuvent être certains que les produits du bois achetés au Canada sont récoltés dans le respect de pratiques durables. En fait, lorsque la planète veut en apprendre plus sur la foresterie durable et les pratiques exemplaires, elle regarde le Canada, elle vous regarde. L'industrie forestière est un élément essentiel du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. L'augmentation des constructions en bois, la stimulation de la production de bioénergie et de bioproduits, la promotion de l'innovation dans le secteur forestier : tout ceci aidera le Canada à respecter ses engagements en matière de changements climatiques d'ici 2030.

Deuxièmement, l'industrie favorise l'innovation. Depuis des décennies, l'industrie forestière a investi dans le développement de nouveaux produits et de nouvelles méthodes d'exploitation. Cet engagement envers l'innovation se poursuit. Par exemple, tout récemment, les gouvernements canadien et québécois ont annoncé deux investissements d'envergure. D'abord à Thurso, où l'usine de la société Fortress Cellulose Spécialisée sera la première à l'extérieur de la Scandinavie à produire de la pâte pour transformation chimique à partir de bouleaux. Puis, à Gatineau, dans le secteur Masson-Angers, où Papiers White Birch (anciennement Papier Masson) introduira une nouvelle technologie de criblage pour produire des composites bois-plastique.

Ces investissements totalisent 25 millions de dollars. Ce sont de formidables exemples de la façon dont l'industrie diversifie son offre de produits, en plus de s'engager sur une nouvelle voie et de percer de nouveaux marchés. Nous sommes aussi témoins de la montée de la bioénergie, une source d'énergie renouvelable que les communautés autochtones éloignées utilisent de plus en plus pour cesser de dépendre des génératrices au diesel, grandes émettrices de gaz à effet de serre.

L'été dernier, j'ai eu le plaisir d'annoncer un investissement du gouvernement du Canada de 44,5 millions de dollars dans Bioénergie AE Côte-Nord Canada qui a développé un procédé très prometteur pour transformer les résidus forestiers en combustibles renouvelables. En fait, la bioéconomie présente un énorme potentiel pour ce qui est de réduire la demande pour les combustibles fossiles, de créer des emplois et de nous mener vers un avenir plus sobre en carbone.

Voilà pourquoi le gouvernement s'est engagé à travailler de concert avec vous, avec le milieu universitaire et avec nos partenaires provinciaux et territoriaux afin de développer un cadre bioéconomique pour le secteur forestier canadien. Tous les aspects seront pris en compte : l'harmonisation de la législation, la réduction des goulots d'étranglement, le développement de l'information commerciale et la création d'un système d'innovation pansectoriel. Dans le budget 2016, nous avions annoncé des investissements de plus d'un milliard de dollars pour soutenir les écotechnologies, y compris dans les secteurs des ressources naturelles.

Depuis, nous avons appris de divers intervenants, y compris ceux de l'industrie, que le soutien pour les écotechnologies et pour la recherche, le développement et la démonstration était limité. Nous devons nous concentrer sur les avancées des technologies d'énergies propres. Alors que nous préparons le budget de 2017, nous comptons apporter notre aide aux innovations technologiques propres, ce qui comprend la croissance de la bioéconomie, afin de soutenir la persévérance et l'excellence environnementale de nos secteurs des ressources naturelles.

Peu de pays dans le monde ont à la fois les ressources et le savoir-faire technique nécessaires pour saisir les occasions que nous offre la bioéconomie. Nous les avons. Il est donc temps d'établir une stratégie afin de devenir un leader dans ce domaine émergent.

Troisièmement, le secteur forestier est un secteur dynamique qui crée des emplois pour les communautés autochtones et les gens des régions éloignées. Soixante-dix pour cent des communautés autochtones habitent dans un milieu forestier et l'industrie forestière est l'un de leurs principaux employeurs, offrant près de 9 000 emplois bien rémunérés au Canada. Ces emplois ouvrent la voie à une prospérité durable, que nous avons l'obligation de partager avec les peuples autochtones afin de donner l'espoir d'un changement durable à leurs communautés.

Mon quatrième point complète le précédent. Le secteur forestier crée des emplois ici en développant le commerce extérieur. On a vu une remarquable augmentation des exportations de produits du bois vers des marchés comme la Chine, soit une augmentation de plus de 1 400 % depuis les 10 dernières années. Aujourd'hui, l'industrie des produits forestiers emploie près de 200 000 Canadiens et contribue pour 21 milliards de dollars par année au PIB. En fait, cette industrie offre plus d'emplois par dollar que n'importe quel autre secteur des ressources et elle exporte pour plus de 31 milliards de dollars de produits forestiers à une centaine de pays dans le monde.

En continuant à développer et à exporter des produits et des technologies propres, l'industrie forestière fera du Canada un chef de file dans la lutte contre les changements climatiques, en plus de créer des emplois et de générer des revenus ici, chez nous. C'est un point essentiel parce que bien que l'industrie ait une portée mondiale, ses retombées demeurent locales. Elle est le poumon des régions rurales canadiennes et une des principales sources de revenus pour une municipalité sur sept dans tout le Canada.

Au fil des années, la foresterie a fait partie de l'histoire du Canada, elle nous a aidés à trouver notre voie en tant que nation et en tant que peuple. C'est ce qu'elle fait encore aujourd'hui. Notre gouvernement croit en cette industrie et il voit à quel point son rôle est important pour certains des grands enjeux de notre époque : lutter contre les changements climatiques, promouvoir l'innovation, créer des débouchés économiques pour les communautés autochtones et rurales et faire progresser le commerce.

Oui, il y aura encore des défis à surmonter. La transition est loin d'être achevée. Mais je crois fermement qu'en travaillant ensemble, les gouvernements, l'industrie, le milieu universitaire et les collectivités pourront surmonter ces défis. Notre gouvernement continuera à vous épauler dans vos efforts, en faisant tout ce qui est en son pouvoir pour vous aider.

Je vous remercie.

Source : Ressources naturelles Canada

 
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