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Entrevue avec Richard Garneau, président et chef de la direction chez Produits forestiers Résolu

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Résolu mise sur des produits plus verts

Natif de Saint-Prime au Lac-Saint-Jean, Richard Garneau aime souligner qu'il a des racines bien ancrées dans la plus grande région forestière du Québec où l' « or vert » est bien présent. Nommé président d'Abitibi-Bowater en juin 2010, l'entreprise a changé de nom pour devenir Produits forestiers Résolu (PFR). Du coup, le discours a pris un virage plus vert. Les termes développement durable, analyse de cycle de vie, empreinte carbone et produits écoresponsables font maintenant partie du vocabulaire courant de M. Garneau, au même titre que rentabilité et compétitivité.

« L'avenir commande de sortir des sentiers battus et de revoir les façons traditionnelles de penser et de faire », a lancé Richard Garneau lors de son allocution pendant le Congrès de l'Association forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean présenté à St-Félicien le 26 octobre dernier. Le Maître Papetier en a profité pour discuter de la vision de PFR, de développement durable et des défis à relever au cours des prochaines années.

Dans votre discours, on entend beaucoup parler de développement durable. Quelle est la vision de Produits forestiers Résolu?

Richard Garneau : C'est une très belle opportunité de développement durable. C'est parfois difficile d'arriver avec une définition du développement durable. On mise sur les trois piliers, l'environnement, les communautés et l'économie. On pense constamment à protéger l'environnement, à créer des emplois en s'assurant que ce soit viable économiquement. Nous souhaitons que toutes les décisions que nous prenons aient des conséquences bénéfiques à long terme.

Produits forestiers Résolu est un chef de file mondial de l’industrie des produits forestiers offrant une grande variété de produits, notamment du papier journal, des papiers d’impression commerciale, de la pâte commerciale et des produits du bois.

On ne vous entendait pas parler autant d'environnement jadis. Est-ce que vous adoptez un nouveau discours?

R.G. : On en entendait moins parler avant, mais c'était aussi présent. Maintenant, c'est vraiment une activité qui est soutenue et qui va permettre éventuellement d'avoir de meilleures récoltes ou d'augmenter la possibilité forestière. Je pense que c'est un gros plus.

Vous avez récemment reçu le prix RISI pour le chef de la direction nord-américain 2012. Qu'est-ce que ça signifie pour vous?

R.G. :  C'est moi qui a eu l'honneur, mais je pense que c'est l'équipe qui a bien travaillé pour permettre de remettre la compagnie sur les rails et de faire les changements qui étaient nécessaires pour assurer la pérennité et la rentabilité à long terme de l'entreprise. Ces décisions vont nous permettre de rencontrer nos obligations.

Quels ont été vos plus grands défis à PFR depuis votre arrivée?

R.G. : L'industrie est en crise. Il faut prendre des décisions rapides pour être en mesure de se positionner sur les marchés mondiaux. Le changement de culture nous permet de nous assurer d'exécuter rapidement les changements lorsqu'une décision est prise. On ne prend pas les décisions pour demain, mais pour les prochaines années. On a tendance, dans n'importe quelle compagnie publique, à prendre des décisions pour le prochain trimestre. Je ne regarde même pas les résultats du trimestre. On prend les décisions pour s'assurer qu'à long terme on sera un joueur important et que la profitabilité sera au rendez-vous pour que tous les partenaires puissent éventuellement en bénéficier.

La Société possède ou exploite 22 usines de pâtes et papiers et 22 usines de produits du bois aux États Unis, au Canada et en Corée du Sud, commercialisant ses produits dans près de 80 pays. De plus, la totalité des terrains forestiers sous sa gestion sont certifiés conformes à une norme d'aménagement forestier durable par des experts indépendants.

À court et à moyen terme, quels sont vos plus grands défis avec l'avènement du nouveau régime forestier?

R.G. : Le nouveau régime forestier est un défi en soi. Quand on regarde nos opérations, on perd 11 % du volume de façon permanente et on un autre 30 % du volume qui était garanti sera mis aux enchères. On perd 40 % du volume, on ne sait pas combien on va en récupérer et où ce sera disponible. C'est le forestier en chef, qui représente le gouvernement et le ministère des Ressources naturelles, qui va décider de la planification, du développement du réseau routier, du suivi sur la certification et la sylviculture. Ce sont beaucoup de changements très rapides. Il ne faut pas oublier que le coût de la matière ligneuse livrée aux scieries est parmi les plus dispendieux de toutes nos unités d'opération. On n'est pas compétitif. Est-ce que ça va être plus concurrentiel? Est-ce que les coûts vont baisser avec ces changements-là? On verra, mais j'ai des doutes.

Entre 2500 et 3000 employés de PFR partiront à la retraite au cours des prochaines années. Avec le manque d'étudiants dans les domaines liés à la foresterie, aux pâtes et papiers et à la transformation du bois, comment comptez-vous recruter de la main-d'œuvre qualifiée?

R.G. : C'est un défi. Quand une entreprise a du succès, c'est beaucoup plus facile de trouver des employés qui sont prêts à relever le défi. En positionnant la compagnie pour le futur, on va être capable de relever ce défi-là et d'attirer la main-d'œuvre pour combler les postes des employés qui vont partir à la retraite.

Résolu est aussi membre du programme Climate Savers du Fonds mondial pour la nature (WWF), qui incite les entreprises à se fixer des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre et à travailler volontairement et activement à l’atteinte de ces objectifs.

Des marchés qui disparaissent dans l'industrie du papier alors que de nouveaux créneaux semblent prometteurs. Quels créneaux d'avenir sont les plus porteurs pour PFR?

R.G. : Il y a beaucoup de nouveaux créneaux. On parle de biodiesel, de granules, et autres, mais les marchés sont encore très fragiles. Les technologies existent. Par exemple, on a un projet commercial ou on pourrait fabriquer de la résine à partir de la lignine du bois qui remplacerait la résine faite à base de produits pétroliers. Encore là, les clients éventuels sont frileux à utiliser de nouvelles technologies. Ça va prendre trois ans, quatre ans, cinq ans, ou même dix ans avant qu'on puisse utiliser davantage l'or vert que l'on a ici. Il faut s'assurer que les marchés sont au rendez-vous avant d'annoncer des projets. On doit être prudent, mais on sait qu'il y a une ouverture avec le bois.

PFR est aujourd'hui le plus gros gestionnaire de forêts certifiées FSC au monde. Qu'est-ce que ça représente pour l'entreprise?

R.G. : Ça nous permet de nous assurer des débouchés pour la vente de la pâte, du papier et du bois. Il y a beaucoup de producteurs en Asie ou en Indonésie qui se font attaquer par des agences environnementales parce qu'ils n'ont pas de bonnes pratiques de développement durable. Nous avons l'objectif d'atteindre 80 % de forêts certifiées FSC. Nous avions 18 % de nos territoires certifiés FSC en 2006. Nous sommes à plus de 50 % aujourd'hui et d'autres certifications sont en cours. La certification FSC nous permet d'avoir un meilleur accès à de nouveaux marchés et ça améliore notre réputation.

Avec la consolidation des actifs au Saguenay-Lac-Saint-Jean, comment PFR est-elle positionnée pour faire face à l'avenir?

R.G. : Il y aura encore de la consolidation à faire. L'an prochain on parle d'une réduction de 11 % de la récolte forestière. Il va falloir continuer à travailler avec les communautés pour pouvoir aborder les problèmes de manque de bois dans deux de nos six scieries.

Depuis votre arrivée à la tête de l'entreprise, de quelle réalisation êtes-vous le plus fier?

R.G. : C'est d'avoir mis ensemble une équipe de direction et une équipe de gestionnaire qui sont en mesure d'aborder les problèmes pour faire face aux défis. Nous avons une équipe motivée, ce qui nous permet de prendre des décisions rapides et de poser les bons gestes.

Avez-vous des investissements majeurs prévus à court et à long terme?

R.G. : Nous avons investi 200 millions pour l'acquisition de Fibrek de St-Félicien. Nous investirons 23 millions supplémentaires pour rencontrer les standards environnementaux de Résolu. À Dolbeau, nous avons fait un autre investissement de 20 millions. Nous avons annoncé une nouvelle ligne de sciage à Girardville et un planeur à La Doré. Quand les conditions d'investissement favorables vont être là et qu'on v savoir combien de bois on a, on va continuer à investir. Le climat d'investissement est toujours très important.







Richard Garneau
Président et chef de la direction


Richard Garneau est administrateur de Produits forestiers Résolu depuis juin 2010. Il était jusqu’à récemment président et chef de la direction de Catalyst Paper Corporation. M. Garneau était auparavant vice-président exécutif responsable de l’exploitation de Domtar. Il a également occupé divers postes auprès de Norampac, de Copernic.com, de Future Electronics, de Cartons St-Laurent, de Finlay Forest Industries et de Donohue Inc.


 

 

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