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White Birch - Questionnement

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Un peu d'histoire

Le déroulement actuel des évènements, incite le RERWBS (Regroupement des Employés Retraités White Birch-Stadacona) à se poser de nombreuses questions et à soumettre ses réflexions.

Après 76 ans d'opération, ayant traversé un seul conflit de travail digne de ce nom en 1975 (14 semaines), l'usine de Québec a été un élément économique marquant dans l'histoire de la Ville de Québec.Ce long périple a été franchi grâce à de nombreuses étapes de modernisation et à l'implication de ses dirigeants et travailleurs.

Citons seulement la réfection des machines à papier dans les années 80 et 90, la construction de l'usine de pâte chimio-thermomécanique dans les années 87 et 88, la construction de l'usine de désencrage en 1992 n'en sont que quelques unes. Nous avions des gestionnaires qui avaient à cœur leur usine.

 

opinion1-photo1Toutes ces transformations n'en font pas une usine neuve. Elles en font par contre une des usines qui, par sa diversification et ses équipements une des meilleures au Québec sinon au Canada. Cette «vieille» usine, comme certains la nomme, construite pour produire 900 tonnes de papier journal par jour, a atteint une production avoisinant les 1500 tonnes de papier par jour sans compter les 125 tonnes de carton, pour une production globale de 550,000 tonnes.

De plus, des produits de valeur supérieure au papier journal tels, le papier annuaire, le papier haute brillance, le papier «high bulk» pour plus de 100,000 tonnes font partie de cette production annuelle de 550,000 tonnes.

Précisons que la qualité de ses produits n'a d'égal que la qualité de ses travailleurs.

La venue de Peter Brant

L'acquisition de l'usine, au coût de 205 millions, par l'homme d'affaire américain Peter Brant en novembre 2003 a changé le cours de l'histoire. Les quelques 1100 travailleurs connaitront à partir de ce moment, un revirement de situation drastique.

Dès 2004, c'est l'annonce de coupures progressive dans la main-d'œuvre. Ces coupures ont eu pour effet de réduire le personnel de moitié, sous prétexte de diminuer les coûts de main-d'œuvre.

Parlons chiffres

Regardons la situation financière de l'usine depuis l'acquisition de l'usine de Québec par Peter Brant en novembre 2003 ?

Voici ce qu'elle est devenue en l'espace de 6 ans.

D'une usine qui a toujours su tirer son épingle du jeu et être avantageusement reconnue pour la qualité de ses produits, Papiers White Birch s'est, le 24 février 2010 placée sous la LACC avec une dette de 650 millions. Quatre mois plus tard on nous parlait de 950 millions de dettes.

opinion1-photo2Peut-on nous blâmer de nous poser des questions?

Est-ce que la manœuvre de réduire les équipes des départements d'entretien, composées de travailleurs dévoués et expérimentés, et de les remplacer par des sous-contractants en quantité jamais vu à cette usine a été efficace?

Est-ce que la manœuvre de réduire la quantité des travailleurs nécessaires pour une opération efficace et forcer ceux qui demeurent en place à travailler à bout de souffle de 50 à 60 heures par semaine a été efficace?

Est-ce que de réduire de plus de 500 le nombre de cotisants au régime de retraite tout en augmentant le nombre de prestataires, devançant l'âge de la retraite pour plus de 200 travailleurs en attribuant des préretraites accompagnées de primes de départ et autres avantages a été efficace ? Cela peut-il au contraire avoir contribué à créer un débalancement majeur dans les fonds régimes de retraite ?

Une chose est certaine, personne ne peut nous faire croire que ces décisions ont aidé l'usine à prospérer.

Des faits nébuleux

Le Contrôleur déclare tenir ses chiffres de White Birch. Un haut dirigeant de la compagnie affirme détenir ses informations financières du Connecticut. Il ne peut répondre à des questions aussi simples que : combien y a-t-il de machines à papier à l'usine de Québec ? Il ne sait pas non plus le détail de ce qui s'y produit.

Autre précision intéressante : le propriétaire (White Birch) qui, selon des informations dignes de foi, se paie des frais de gestion généreux a vu durant cette période grimper sa fortune à plus de 2.4 milliard $ et son principal créancier (Black Diamond) qui encaisse des intérêts tout aussi généreux sur son prêt de 475 millions $ forment le consortium des « nouveaux » acquéreurs.

Qu'advient-il des économies des travailleurs ?

À travers tout ce parcours, les travailleurs ont placé une grande partie de leurs économies ainsi que toute leur confiance dans ce véhicule que sont les régimes de retraite. Ils ont économisé pour leurs vieux jours. Ils se sont toujours crus à l'abri de tout problème avec leur régime de retraite. Ils ont contribué par leurs cotisations telles qu'établies par négociations entre les parties, ils ont sacrifié en plusieurs occasions une partie des augmentations de salaire pour améliorer ces régimes. Pour en assurer la pérennité, l'adhésion au régime de retraite est devenue obligatoire pour les nouveaux employés. Ils ont signé un contrat à vie avec leur employeur. Ce contrat doit être respecté.

Conclusion

Au Canada, on constate que plus de 60% des travailleurs n'ont aucun régime de retraite, tout le monde trouve déplorable que les Gouvernements doivent prendre charge de ces personnes lorsqu'elles cessent de travailler. La majorité de ces personnes n'a pas eu la chance de faire des économies, souvent faute d'emplois assez rémunérateurs pour le faire. Les Gouvernements cherchent tous les moyens possibles pour remédier à cette situation. Il faut trouver des solutions. Les grands penseurs de notre société sont à l'œuvre. Il faut améliorer la RRQ, il faut améliorer la PSV et, nous n'avons rien contre ces projets de société.

Il est dommage par contre de constater que tous ces grands penseurs n'aient pas encore pensé à protéger ceux qui, souvent à coup de grands efforts, ont fait des économies pour leurs vieux jours. Profitant de la situation économique que nous traversons présentement, une mode s'est installée : les régimes de retraite vont ruiner la société, on doit y mettre fin à tout prix. Tout le monde s'y met, les grandes sociétés, les industries, les Gouvernements, tous ont trouvé un point de frappe commun, l'élimination des régimes de retraite. Comme si le contrat entériné par les parties et reconduit année après années n'existait pas.

Nous sommes conscients qu'il y a des problèmes, des changements doivent être apportés pour le futur. Doit-on pour cela, détruire en leur arrachant dignité et économies, cette minorité de travailleurs qui ont, dans leurs préoccupations sociales, préparé leur après carrière ? Nous ne croyons pas que ce soit agir en personnes civilisées, que d'agir de la sorte.

Les Gouvernements doivent s'impliquer, les lois doivent être modifiées, les parties doivent se parler, les économies de cette minorité de travailleurs doivent être protégées, les tractations des entreprises peu scrupuleuses doivent être neutralisées.

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