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Vendredi 18 octobre 2019

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Blogue des invités de l’APFC – Mona Chapates #UnePlacePourToi

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C'est la première fois qu'on me demande d'écrire un blogue et honnêtement, je dois dire que j'ai googlé « comment rédiger un blogue » pour savoir par où commencer. Je suis heureuse d'avoir l'occasion de parler de certains aspects de mon parcours qui ont eu une influence sur ma carrière, en espérant que cela ait un impact positif sur quelqu'un d'autre. J'ai réfléchi à des moments clés au fil des années, mais récemment, je me suis demandé quel était le sens de mon histoire. C'est quand je suis remontée au début de ma carrière que j'ai compris que les apprentissages et les leçons de cette période ont continué à jouer un rôle dans ma réussite. J'ai débuté comme empileuse de bois et je suis maintenant directrice de production à la division Athabasca de Tolko Industries, à Slave Lake, en Alberta. Voici certains des moments qui ont marqué mon parcours jusqu'à maintenant.

Sois présente et fais ta marque. Voilà un concept que j'ai appris assez tôt dans ma carrière... en fait, à ma première journée dans l'industrie des produits forestiers. Je me rappelle très clairement cette première journée à la scierie. C'était il y a 18 ans à Ear Falls, en Ontario, une petite ville où les emplois bien rémunérés avec des avantages sociaux étaient peu nombreux. À 22 ans, j'étais contente d'avoir cette chance, en particulier d'avoir été embauchée sans expérience. À mon premier quart de travail, un quart de nuit... j'ai rempli des chariots de 2 x 4 pendant 8 heures. Je suis rentrée à la maison en larmes, me disant qu'il n'était pas question que je refasse ça. Je me souviens par contre que la pensée d'abandonner me faisait encore plus peur, alors j'ai décidé d'y retourner le lendemain. Je devais au moins essayer. Je ne pouvais pas vivre avec l'idée d'abandonner cette incroyable possibilité de gagne-pain. Je suis contente de la décision que j'ai prise d'y retourner, et j'ai continué à la prendre quotidiennement depuis 18 ans. Se présenter au travail, c'est choisir consciemment d'être là et de travailler pour avoir un impact. Contrairement à célébrer les réussites, ce qui est gratifiant, être présent est souvent une petite victoire éphémère. Le processus d'apprentissage, parfois douloureux, m'a régulièrement apporté bien plus d'avantages à long terme. Ce n'est pas facile de faire des essais et des erreurs, ni de se rendre compte que vous vous êtes trompé, mais être disposé à le reconnaître et à changer est l'une des meilleures façons d'avoir un impact au travail.

Lancez-vous. Même si les chances ne semblent pas de votre côté, je vous recommande d'essayer. À ma troisième année à la scierie, un poste de coordonnateur de la production (raboteuse) a été affiché. En 2004, il était plutôt improbable qu'une fille de 25 ans comptant 3 années d'expérience en usine soit considérée pour ce poste, en particulier compte tenu d'autres candidats beaucoup plus expérimentés. Malgré tout, j'avais développé une confiance en mes moyens dans les semaines et les mois qui avaient suivi mon premier quart de travail, celui où je pensais ne pas y arriver. Mes efforts ont payé, car au cours des trois années qui ont suivi ce premier quart, j'ai été formée sur chacun des équipements de l'usine, notamment à la scierie où j'ai passé un an comme superviseure suppléante, ou opératrice de relève. J'étais fière de cette réalisation, qui a accru ma confiance et ma motivation à continuer à perfectionner mes compétences.

Rien ne garantit que vous obtiendrez tout ce que vous recherchez... mais vous ne le saurez jamais si vous n'essayez pas. Dans bien des situations, je sais que je représentais le choix improbable. Ça avait moins à voir avec mes chances d'échouer qu'avec le fait de comprendre que ces chances étaient nulles si je n'essayais pas. Il s'agissait moins de ce que les gens allaient dire que de me préparer pour atteindre les buts que je m'étais fixés. Je serais aussi naïve de ne pas reconnaître l'importance pour ma carrière de ceux qui ont eu un impact majeur en prenant ce qu'ils croyaient être les bonnes décisions plutôt que les décisions populaires. Je crois que celui qui a eu le plus d'influence, c'est le surintendant de l'usine de rabotage qui a misé sur moi en m'offrant le poste de superviseur de quart. Son nom est Kelvin Kostyniuk, et je regrette que nous ayons perdu contact quand j'ai quitté l'Ontario. Je suis très reconnaissante du rôle qu'il a joué de ma carrière. Je ne crois pas que je serais rendue là où je suis sans lui.

Les 18 mois suivants se sont bien passés, ma transition vers un rôle de supervision s'étant accompagnée de résultats record en termes de sécurité, de qualité et de production. C'est facile de se vanter quand les choses vont bien. J'adorais mon travail! J'ai appris que rester positive devant les défis est plus facile quand les choses vont bien. Au cours de l'année et demie suivante, les tarifs américains sur les produits exportés par l'usine ont nui à sa viabilité financière. Je me souviens avoir décidé à ce moment que je ne pouvais pas contrôler les circonstances, mais que c'était à moi de décider quelles seraient les prochaines étapes. Plutôt que de me concentrer sur l'incertitude ou d'entretenir « l'injustice » de la situation, il était plus important de voir que je ferais à cet égard. Et je suis heureuse des résultats, parce que je ne pense pas que j'aurais laissé tout ce que je connaissais pour déménager à Slave Lake, en Alberta, qui est maintenant mon chez-moi depuis 13 ans.

C'était inquiétant de quitter mon patelin et un bon emploi; cependant, après être déménagée en Alberta, j'ai eu un peu de temps pour m'établir à Slave Lake et pour chercher un emploi, car j'étais en congé de maternité pour encore quelques mois. Lorsqu'est venu le temps de retourner au travail, j'ai eu la chance d'avoir un poste à une usine locale de placages, où j'ai travaillé environ six mois. C'est alors que j'ai vu le poste de chef d'équipe de production affiché pour la division Athabasca de Tolko Industries, où la construction était presque terminée.

Pour moi, ce fut une autre situation où je me suis dit : vas-y... la marche était haute, même pour moi. Je n'avais aucune expérience de la fabrication des panneaux OSB, mais j'étais disposée à apprendre. J'avais quand même cinq années d'expérience en supervision, alors pourquoi pas? Après avoir présenté ma demande, je me suis informée le plus possible sur le procédé de fabrication et me suis préparée mentalement pour une possible entrevue. Le jour où j'ai reçu l'appel, en avril 2007, où l'on m'a offert le premier poste de chef d'équipe (production) à Tolko Athabasca est un jalon de ma carrière dont je suis très fière et pour lequel je suis très reconnaissante.

J'ai travaillé pour Tolko pendant trois années où j'ai beaucoup appris. Je reviens au fait que l'apprentissage n'est pas toujours facile. Mettre en service une usine est un processus très complexe. Superviser un procédé de fabrication complexe sans expérience antérieure avec le type d'équipement est déconcertant, alors j'ai appris à me fier à mes collègues et à travailler à aider l'équipe à prendre des décisions collectives calculées. J'ai appris que des marchés volatils peuvent nuire même aux installations les plus avancées au plan technologique. Je me souviens du désagréable sentiment ressenti quand le PDG a annoncé des compressions à l'usine.

Quand l'usine a fermé en 2008 et que j'ai perdu mon poste, en 2009, j'aurais dit qu'y revenir six ans plus tard était plutôt improbable. J'aimais les gens... mais je m'étais investie personnellement et c'était une telle perte pour moi. J'ai fait une transition assez facile vers le secteur pétrolier pendant les cinq années suivantes, travaillant pour la division des approvisionnements d'un petit distributeur et une entreprise de services de chevalets de pompage. Passons rapidement sur quatre ans... j'ai été instantanément attirée par la perspective de revenir chez Tolko! De retour en juillet 2013 comme chef de section pour l'atelier de préparation du bois et le parc à bois, j'ai appris beaucoup pendant les quatre années suivantes et j'ai travaillé avec bien des personnes extraordinaires. J'apprécie les compétences que j'ai perfectionnées, qui m'ont préparée à mon rôle actuel. Ça fait un peu plus de deux ans que je l'occupe et franchement, c'est le rôle le plus exigeant de ma carrière. Ceci étant dit, c'est le plus gratifiant et je remercie ceux qui croient en moi et qui ont investi en moi.

Je mentirais si je disais que je ne souhaitais pas m'investir personnellement pour que notre usine obtienne des résultats extraordinaires. J'ai la chance de travailler pour une entreprise guidée par des valeurs qui correspondent à mon type de leadership : sécurité, respect, caractère progressif, intégrité, communication ouverte et rentabilité. Je pense que mon rôle, dans tout cela, c'est de continuer de choisir de faire de mon mieux, d'améliorer les choses quand je le peux, d'être ouverte aux apprentissages et au changement (notamment en continuant à accepter mes erreurs et à apprendre d'elles). C'est la meilleure façon que je connaisse pour produire de la valeur, dans l'ensemble, et pour faire que chaque journée compte.

Ces apprentissages (être présente, ne pas hésiter à se lancer, ne pas se définir par les circonstances) continuent de me guider au quotidien. Si j'ai appris quelque chose, c'est bien que les facteurs externes sont imprévisibles et incontrôlables. Il devient bien plus important de demeurer concentrés, ensemble, sur ce que nous pouvons contrôler. En période d'incertitude, un conseil qui me sert beaucoup est que lorsque la voie à suivre n'est pas claire, il faut exprimer notre façon de diriger. Soyez authentique, c'est sur cela que vous avez du contrôle, peu importe la situation.

Je crois que la plus grande chance que vous pouvez vous donner est d'avoir le courage d'essayer. Selon moi, l'échec n'est pas l'opposé de la réussite, mais il en fait plutôt partie. Si vous n'êtes pas prêts à connaître l'échec, vous vous privez de l'occasion de connaître le succès. Je pense vraiment que c'est en travaillant constamment à devenir la meilleure version de nous-mêmes que nous avons l'influence la plus positive sur nos familles, nos amis, nos lieux de travail et nos communautés. Et ça commence avec vous!!


Source : APFC

 

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