Accueil Nouvelles De l'industrie CEPI joue à « qui a la meilleure idée ?

CEPI joue à « qui a la meilleure idée ?

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Jean Hamel, Vice-président, FPInnovations présente les deux conférenciers du dernier lunch de PaperWeek 2014 en bonne connaissance de cause. FPInnovations connaît le projet dont on parle ce midi depuis ses débuts. Pour Jean Hamel, « la CEPI (Confédération des industries papetières européennes) a mené à terme un exercice rassembleur que l'on devrait sérieusement réfléchir à reproduire ».

Il présente la Directrice générale de CEPI, Madame Teresa Presas et Monsieur Bernard de Galembert, Directeur de l'innovation. Dans les mots de Jean Hamel, la CEPI a su répondre à la transformation du secteur grâce à l'innovation et à la créativité. « Vu d'un point de vue organisationnel, ceci nécessite une planification de haut niveau et exige une coordination des travaux avec un large éventail d'acteurs. Pari tenu. Il faut féliciter la CEPI! »

Comment l'Europe peut-elle retrouver le rang qui était le sien?

La présentation intitulée « Définir la transformation du secteur papetier en Europe : les résultats de l'approche 'Two Team' » ce concentre sur une expérience bien précise en matière de stimulation de l'innovation industrielle, mais ne peut être comprise sans une mise en contexte. Teresa Presas dresse l'état général de l'industrie de l'autre côté de l'Atlantique à l'heure des nouveaux plans industriels tels que celui de François Hollande en France qui est soutenu par le Ministère du Redressement productif (ancien ministère de l'Industrie rebaptisé par les socialistes – un nom trop poétique pour ne pas en parler et qui résumerait bien la sortie de crise de l'industrie des pâtes et papiers canadienne). Ce contexte se résume par l'adoption d'une vision industrielle qui s'arrime sur des objectifs de profitabilité et de durabilité environnementale. Madame Presas qui est à la tête de la CEPI depuis 10 ans a piloté avec brio la « Feuille de route 2050 », cette vision industrielle ambitieuse. Lancée en 2012, elle est à la base du « projet Two Team ».

Le projet peut sembler inhabituel explique Madame Presas en ce que les entreprises ont collaboré en matière de recherche technologique alors qu'elles sont normalement en concurrence, mais, et c'est connu au Québec explique Bernard de Galembert, « il s'agit de recherche pré-compétitive ». Les papetières se sont penchées ici sur des percées technologiques de nature très génériques. « Elles doivent maintenant travailler à leur mise en œuvre et c'est là que la concurrence entre en jeu. »

Pour en savoir plus sur la Feuille de route 2050 de la CEPI :
http://www.unfoldthefuture.eu/

Décarbonisation de l'économie : la carotte et le bâton de l'Union européenne

L'organisation est fermement engagée à soutenir l'innovation dans le secteur d'autant plus que l'Union européenne pousse à la reformulation des politiques industrielles en lien à son engagement envers la décarbonisation de son économie (80 % de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050). « Mais 2050 c'est demain dit, Madame Presas, dans seulement deux machines à papier! Il fallait donc se presser et établir 2030 comme premier jalon à atteindre pour être prêts en 2050. » Le CEPI entend répondre à l'appel tout en s'ajoutant un défi : 50 % d'augmentation en matière d'efficacité énergétique. Ce n'est pas sans raison que le thème du récent European Paper Week de 2013 était "Growth Reinvented". « Comme au Canada, l'industrie européenne doit se réinventer », dit Madame Presas qui quittera ses fonctions en mai. Elle insiste sur l'importance de cerner les tendances technologiques et économiques, mais aussi d'anticiper les tendances sociétales : vieillissement de la population, urbanisation, crise alimentaire – dans chaque cas il y a des opportunités pour l'industrie ; « des opportunités pour les investisseurs, mais aussi des occasions de créer plus de valeur sociale en contribuant aux besoins les plus pressants des populations ».

Madame Presas présente à ce sujet l'analogie de la « stratégie du coucou » que la CEPI a utilisée pour décrire les objectifs spécifiques de la feuille de route. Le coucou place ses œufs dans les nids des autres oiseaux – pour l'oiseau, c'est moins de travail et c'est plus « rentable ». Parmi les œufs identifiés par la CEPI on peut penser à la fabrication du papier avec moins d'eau. Et quel nid choisir pour cet œuf si précieux ? Le partenariat d'innovation européen pour l'eau serait l'un d'entre eux. Des œufs et des nids il y en a ici et là. Les exemples abondent, mais il faut battre des ailes pour les trouver!

« Nous sommes impressionnés de voir que Ressources naturelles Canada possède un budget dédié en matière d'innovation industrielle durable, dit Bernard de Galembert, voilà un nid facile à trouver pour vos entreprises, ce n'est pas le cas en Europe où l'Union européenne consacre d'abord des sommes aux enjeux sociétaux. » Cette situation incite toutefois à plus de créativité chez les coucous industriels européens (Cuculus industria ?). Note ornithologique supplémentaire pour les membres de PAPTAC : le coucou nord-américain ne parasiterait pas les nids d'autres oiseaux comme les coucous de la CEPI! Mais il n'y a que les coucous qui ne changent pas d'idées!

Rouge contre bleu!

La CEPI a trouvé une manière unique et certainement très originale de promouvoir l'innovation. Ici, incontestablement, « innovation en mouvement », le thème de PaperWeek 2014 prend tout son sens. Fin 2013, la CEPI lance « The Two Team Project ». Inspiré par une expérience similaire entreprise par l'industrie papetière hollandaise en matière de performance énergétique (Energy in Transition).

Le secrétariat de la CEPI a constitué deux équipes concurrentes – rouge et bleu - qui comprennent le même nombre d'experts, de scientifiques, de fabricants, de fournisseurs, de représentants de l'industrie des pâtes et papiers et d'autres secteurs. L'objectif : produire les meilleures idées pour lancer l'industrie sur la voie de l'innovation industrielle! Chaque équipe était, l'exact miroir de l'autre explique Bernard de Galembert. « Regardez les pages 10 et 11 de notre rapport sur le projet, vous verrez par exemple qu'il y a un représentant de Buckman dans l'équipe bleu. Il trouve son pendant dans l'équipe rouge par la présence d'un confrère de BASF. »

La CEPI qui possède maintenant la propriété intellectuelle des concepts produits voulait surtout encourager la créativité. Pour inspirer les équipes, les rencontres eurent lieu dans des usines de secteurs industriels très différents pour encourager le choc d'idées : métallurgie, textile, énergie, etc. « Le moment était bel et bien venu d'investir dans les technologies de rupture et pour celui il faut sortir de nos zones de confort », dit Monsieur de Galembert. En aucun moment les deux équipes purent communiquer et « je vous l'assure, il s'agissait d'une véritable compétition ». Dans le coin bleu un dirigeant d'entreprise retiré : Frits Beurskens de Smurfit Kappa. Dans le coin rouge, Veit Sorger de Mondi.

L'application d'une méthode d'innovation ouverte fut choisie pour encourager les deux équipes à identifier des concepts de pointe en matière de technologies et de processus industriels. Le mandat était clair. En s'inspirant de la Feuille de route 2050, les équipes devaient trouver les meilleurs moyens de redynamiser le secteur tout en créant plus de valeur. Bernard de Galembert présente ensuite les huit technologies de pointe identifiées par les participants au projet y compris celles s'étant le plus démarquées. Ensemble, elles constituent une combinaison d'idées nouvelles. Chose certaine, aucune n'a déjà été utilisée dans le secteur des pâtes et papiers.

« Les résultats vont bien au-delà de nos attentes dit Teresa Presas. Les deux équipes ont trouvé des clés pour ce que nous considérons comme les plus grandes percées industrielles depuis des décennies. » Il appartient maintenant aux entreprises de passer à la prochaine étape et aux responsables politiques européens de créer les conditions propices à la recherche appliquée dans ces domaines d'avenir.

Pour en savoir plus sur « The Two Team Project » de la CEPI, sur les huit idées retenues et sur la grande gagnante, voir ce rapport téléchargeable: http://www.cepi.org/node/16891.

 
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