Accueil Nouvelles De l'industrie Découverte d'un gène de résistance à la tordeuse

Découverte d'un gène de résistance à la tordeuse

Envoyer Imprimer PDF

Les épinettes blanches qui expriment fortement ce gène résistent mieux aux attaques de cet insecte ravageur

Des chercheurs rattachés à l'Université Laval, à l'Université de la Colombie-Britannique et à l'Université d'Oxford ont découvert un gène de résistance à la tordeuse des bourgeons de l'épinette dans le génome de l'épinette blanche. Cette percée, annoncée dans la revue The Plant Journal, laisse entrevoir la possibilité de sélectionner des lignées d'arbres naturellement résistants à cet insecte ravageur pour reboiser les forêts où il sévit.

Le groupe de recherche composé d'Éric Bauce, de Joerg Bohlmann, de John J. Mackay et de leurs étudiants a découvert ce gène dans des épinettes qui avaient subi peu de défoliation à la suite d'une épidémie locale de la tordeuse et dont le feuillage contenait certaines molécules naturelles toxiques pour la tordeuse (le picéol et le pungénol). Les chercheurs ont comparé le génome de ces arbres à celui d'épinettes qui avaient subi d'importants dommages. «Nous avons mesuré l'expression de près de 24 000 gènes dans les deux groupes d'arbres, explique le professeur Mackay. Ceci nous a permis de repérer un gène, la bêta-glucosidase-1, dont l'expression est jusqu'à 1000 fois plus élevée dans les aiguilles d'épinettes résistantes que dans celles d'épinettes non résistantes.»

Les chercheurs ont ensuite synthétisé en laboratoire la protéine codée par ce gène. Les tests ont montré que cette protéine participe à des réactions chimiques qui conduisent à la production de picéol et de pungénol. «Le gène de la bêta-glucosidase-1 sert, en quelque sorte, à produire des insecticides naturels dans les aiguilles de l'arbre», résume le professeur Mackay.

Ce gène de résistance est exprimé dans toutes les épinettes blanches, mais à différents degrés. «En théorie, on pourrait créer des peuplements d'épinettes blanches moins vulnérables à la tordeuse en reboisant, après les coupes forestières, avec des plants issus d'arbres qui expriment fortement le gène de résistance», avance Geneviève Parent, stagiaire postdoctorale et coauteure de l'étude. L'équipe de l'Université Laval poursuit d'ailleurs des travaux en ce sens avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette est un papillon dont la chenille se nourrit principalement d'aiguilles de sapin baumier et d'épinette blanche. C'est l'espèce qui cause le plus de dommages aux peuplements de conifères dans l'est de l'Amérique du Nord. Au Québec seulement, la dernière grande épidémie, qui a eu lieu entre 1970 et 1990, a occasionné des pertes estimées à un demi-milliard de mètres cubes de bois, ce qui correspond à environ 15 années de coupes forestières. Depuis 2003, les superficies de forêt attaquées par cet insecte sont en hausse.

L'étude publiée dans The Plant Journal est signée par Geneviève Parent, Gaby Germanos, Isabelle Giguère, Nathalie Delvas, Halim Maaroufi et Éric Bauce de l'Université Laval, John Mackay, de l'Université Laval et présentement rattaché à l'Université d'Oxford, ainsi que Melissa Mageroy et Joerg Bohlmann, de l'Université de la Colombie-Britannique.

Source : Le Fil (Université Laval)

 

 
paptac-portal

inscription-infolettre

acces-infolettres
Symposium forestier
banniere PaperWeek Canada
kemira banner
fpinnovations banner
european paper week
tecumseth banner
cristini banner
buckman banner
banniere BIOFOR International
le maitre papetier