Le Maître Papetier

Mercredi 18 juillet 2018

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Le rôle de l’industrie des pâtes et papiers dans la transition énergétique

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Entrevue avec Johanne Gélinas, PDG de Transition énergétique Québec (TEQ)

Créée en avril 2017, Transition énergétique Québec (TEQ) est une nouvelle société d'État qui doit aider les citoyens et les entreprises à miser sur des formes d'énergies renouvelables. Le Maître papetier s'est entretenu avec Johanne Gélinas, PDG de TEQ pour en savoir plus sur les différents programmes et sur le rôle de l'industrie pour atteindre les objectifs du gouvernement.

Le Maître papetier : Quel est le rôle de l'industrie des pâtes et papiers dans la transition énergétique du Québec ?
Johanne Gélinas : L'industrie jouera un rôle important en introduisant différents types de bioénergies, comme les biocarburants ou la biomasse. L'optimisation des processus industriels permettra aussi de réduire l'utilisation de carburants fossiles, comme le mazout, en utilisant plutôt des énergies renouvelables. Nos programmes misent aussi sur l'électrification des transports dans le secteur industriel. En bref, toutes les énergies renouvelables font partie de la solution.

LMP : Certains puristes veulent miser seulement sur l'énergie solaire et éolienne pour atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de 37,5% d'ici 2030. Est-ce réaliste ?
J. G. : On n'a pas le luxe de refuser des solutions qui nous permettront de réduire notre empreinte carbone, d'autant plus que le gouvernement veut réduire l'utilisation des carburants fossiles de 40% d'ici 2030. La biomasse et la bioénergie font partie des solutions et il faut les utiliser au meilleur escient et valoriser la ressource au maximum.

LMP : Concrètement, comment TEQ peut-elle aider les industriels ?
J. G. : Les industriels nous connaissent déjà et nos programmes sont déjà connus car ils contribuent financièrement de façon significative à la faisabilité des projets. On invite les industriels à continuer à venir chez nous en nous présentant des idées innovantes en ce qui a trait à la conversion ou à l'efficacité énergétique. Les couts liés à l'énergie sont très importants dans les postes budgétaires d'une entreprise et les projets d'efficacité énergétique apportent des retombées immédiates. Pour la conversion, il faut monter un plan d'affaire solide, mais avec les aides gouvernementales, on réussit à avoir des gains intéressants sur les projets.

LMP : Les programmes que vous menez sont parfois victimes de leur popularité. Par exemple, les fonds du programme sur la biomasse forestière résiduelle avaient été dépensés très rapidement et plusieurs acteurs qui avaient des projets intéressants ont dû attendre plusieurs années avant la relance du programme. Croyez-vous pouvoir amener une certaine stabilité ?
J. G. : C'est un enjeu que tout le monde soulève dans l'industrie forestière et dans plusieurs autres industries. On doit pérenniser les programmes et ce sera un message très clair dans nos rapports. Il faut s'assurer qu'on a des programmes sur le long terme qui ont suffisamment d'argent pour pouvoir permettre à l'industrie de développer des propositions sur plusieurs années. Et qu'ils n'ont pas besoin de courir de peur qu'il manque d'argent à la fin de l'année. On a clairement sous-estimé la popularité que pourrait avoir le programme de biomasse forestière résiduelle. Il faut aussi faire la démonstration que les programmes fonctionnent d'un point de vue financier, mais aussi d'un point de vue environnemental.


Cibles du gouvernement du Québec dans le cadre de sa politique énergétique


 

 
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