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S’ouvrir à la science ouverte

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Le conférencier invité au premier lunch d'affaires de PaperWeek 2018 est le Dr Aled Edwards, PDG, Consortium de génomique structurelle (CGS). Celui-ci occupe la chaire de recherche médicale Banbury à l'Université de Toronto, au Canada et est professeur invité en biologie chimique à l'Université d'Oxford, au Royaume-Uni. Surtout, le Dr Aled Edwards est un expert de renommée mondiale dans le domaine de la « science ouverte » et de la découverte de médicaments. Le CGS est d'ailleurs considéré comme un éclaireur dans le domaine de la science ouverte.

Depuis sa fondation en 2004, le consortium opère selon le principe du partage de tous ses résultats de recherche et ceci sans aucune restriction d'utilisation et sans dépôt de brevet. « Le CGS est un partenariat public-privé qui agit à l'échelle internationale. Il est constitué d'un organisme sans but lucratif qui appuie la découverte de nouveaux médicaments par la recherche en mode libre accès et, dans les mots de son PDG, il a un mandat des plus nobles: « définir les compositions tridimensionnelles de protéines humaines d'importance sur le plan médical ainsi que des protéines de parasites humains qui peuvent faciliter le développement de médicaments. »

La science ouverte correspond au processus selon lequel des chercheurs rendent publiques leurs recherches pour que d'autres chercheurs puissent rapidement utiliser l'information pour les aider dans leurs propres recherches. Dans le cas de la recherche en génomique structurelle, le gouvernement du Canada appuie cette approche ouverte axée sur la collaboration en matière scientifique. Et pourquoi ? demande Aled Edwards « Simplement parce que la science ouverte donne de bons résultats ! Grâce à la collaboration, nous améliorons la santé des Canadiens ! »

Dans le contexte de la recherche du secteur des pâtes et papier ou de l'industrie forestière au sens large, les méthodes de travail sur la génomique du CGS pourraient s'avérer d'un grand intérêt bien que le « libre accès » ait aussi le potentiel de faire trembler bien des chaires de recherches. Dans la suite de sa présentation, Aled Edwards a fait ressortir des parallèles très intéressants entre la recherche dans son secteur et celle concernant les nouveaux produits forestiers. Alors que les entreprises canadiennes jaugent le potentiel de diversification du secteur forestier vers de nouveaux produits biochimiques, les biocarburants avancés, la bioénergie et les biomatériaux, la question de l'innovation ouverte et de son application au modèle d'affaires forestier suscite le débat.

Pour Aled Edwards, l'approche évite le gaspillage ainsi que le dédoublement des efforts de recherche entre institutions et entreprises. Mieux ? La science ouverte stimule l'innovation en favorisant les échanges entre chercheurs. « Les champs du savoir sont vastes dit le scientifique, et en posséder une simple parcelle n'a aucune valeur. » S'il s'agit là d'une considération quasi philosophique, il ajoute des arguments pratiques comme la longueur des négociations sur les droits de propriété intellectuelle dans un contexte où les connaissances et les technologies évoluent très rapidement. « Il a été prouvé que les brevets n'incitent pas à l'innovation et à la productivité », dit l'expert.

Aled Edwards lance la question : imaginez seulement ce que cela signifie dans votre secteur ? Quels enjeux pourraient profiter d'une plus grande collaboration entre chercheurs ? Le développement de nouveaux enzymes qui décomposent la cellulose ? La recherche sur de nouveaux gènes qui réguleraient la résistance des arbres à la chaleur ou à la sécheresse ? Les solutions sont à portée de la main, croit-il. « Essayez avec un seul domaine de recherche qui serait fondamental et mettez ensemble les ressources pour encourager la recherche interuniversitaire ».


 
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