Le bulletin technique

Envoyer Imprimer PDF

Avec l'objectif de réduire les coûts de production, les papetiers se demandent souvent s'ils utilisent les produits chimiques à bon escient et de façon optimale. Je débute ici une série d'article exposant le point de vue des utilisateurs et ce, pour plusieurs propriétés que l'on vise obtenir dans les différents grades de papier et de carton. Pour cette première chronique, on regarde quel niveau d'encollage (résistance à la pénétration des liquides à base d'eau) on a vraiment besoin pour répondre aux besoins des convertisseurs et des utilisateurs de nos produits de papier et carton...

De quel niveau de résistance à l'eau avez-vous besoin au juste ?

Lorsque je me suis joint à l'industrie en 1985, les usines de papier fin et de carton multicouches utilisaient tous des agents d'encollage en partie humide, que ce soit à base de colophane (rosin size) ou bien synthétiques (AKD ou ASA).

Ces producteurs visaient alors obtenir un certain niveau de résistance à la pénétration des liquides aqueux pour les raisons suivantes :

Papier

  • Résistance au « plumage » (Tendance de l'encre de s'étendre à la surface du papier lorsqu'on écrit à la plume ou au stylo)
  • Éviter que l'encre ne passe au travers du papier ou bien qu'elle y pénètre trop profondément, permettant qu'on la voit en regardant de l'autre côté de la feuille
  • Contrôle de la prise d'amidon à la presse encolleuse
  • Qualité d'impression (retenue de l'encre et brillance de l'encre)

Cartons

  • Contrôle de la prise d'amidon (empois) à la presse encolleuse ou aux calandres
  • Contrôle de la courbure du carton (curl)
  • Améliorations de certaines propriétés du carton
  • Besoin d'un certain niveau d'imperméabilité pour le fabricant, le convertisseur ou bien l'utilisateur du carton
  • Résistance à l'humidité pour éviter des problèmes de stabilité dimensionnelle (courbure et déformations)
  • Résistance à l'huile ou autres liquides non polaires
  • Optimisation de l'absorption de colles ou autres liquides à base d'eau
  • Qualité d'impression
  • Fabrication de carton destiné à l'emballage de produits réfrigérés ou congelés
  • Fabrication de cartons pour l'emballage de produits mouillés (ex : poisson, liquides)
  • Résistance à l'absorption d'eau lors du transport (intempéries), la conversion (laminage) ou pour lors de l'utilisation du produit (carton plat et carton pour transport tel caisses de bière)

Dans le cas du papier, il est clair qu'on ne désire vraiment pas que les encres passent au travers lors du procédé d'impression. Cependant, avec les méthodes d'application et les types d'encres utilisés de nos jour, le niveau d'encollage requis pour éviter ce phénomène est minime. On a qu'à penser que dans le cas de l'impression de papiers à base de pâtes mécanique, on n'utilise typiquement même pas d'agents d'encollage pour l'impression en offset, en flexo ou en rotogravure. On peut expliquer cela partiellement par le faible mais souvent suffisant niveau naturel de résistance à la pénétration des liquides aqueux obtenu par la présence de substances ligneuses (hydrophobes) dans le papier. Lorsque cela ne suffit pas pour application plus sévère (comme par exemple l'impression 4 couleurs à l'offset), on peut considérer l'utilisation d'une technologie disponible d'encollage interne. Pour ce faire, on doit cependant travailler sur la rétention de notre machine si on ne veut pas perdre dans l'eau blanche la grande partie du dosage requis dudit agent d'encollage (voir article précédent : REMPLACER LE PAPIER JOURNAL PAR D'AUTRES GRADES SUR NOS MACHINES : MISSION POSSIBLE)

Pour le papier fin, on avait en fait typiquement besoin d'un certain niveau d'encollage sur machine afin de contrôler la prise d'amidon en presse encolleuse... mais ceci était vrai particulièrement dans le cas de presses encolleuse avec bassin. De nos jours, la plupart des presses encolleuses utilisées sont de type applicateur et elles contrôlent donc la quantité d'amidon et autre solution qu'elles appliquent.... Et pour empêcher que le liquide en question ne transperce totalement la feuille, on a à peine besoin de plus que de quelques secondes HST. On obtient cela facilement avec très peu de résine à base de colophane (en milieu acide) et à peine plus d'un ou deux kg/ton d'AKD ou d'ASA, tout dépendamment de plusieurs facteurs, dont la rétention. Ces dosages permettent typiquement de donner à la feuille les autres propriétés désirées, soient une bonne retenue de l'encre en surface de la feuille (particulièrement vrai avec l'utilisation d'imprimantes à jet d'encre à base d'eau... pas nécessairement pour celles à base de matière non polaire (huile, etc.)). Quant au contrôle du « plumage », ce type d'encre à plume est de moins en moins utilisé, mais pour ces applications et aussi d'autres plus spécialisées requérant un niveau de résistance plus élevé, le papetier peut combler le besoin en utilisant un dosage plus élevé d'encollage interne, ou bien de façon plus optimale, en complémentant son utilisation avec l'ajout d'agent d'encollage en surface (SAA,SAE, SMA, etc.). C'est ici l'avantage que les fabricants de papier fins ont par rapport à ceux qui fabriquent du papier journal typique: une presse encolleuse ou une coucheuse.

Lors du prochain article, on analysera lesquels des besoins mentionnés ci-haut pour le carton s'obtiennent par l'utilisation d'agent d'encollage. On différenciera donc les mythes de la réalité.....

Vous avez des expériences qui corroborent nos dires ? Vous avez des précisions ou des corrections à apporter ? N'hésitez pas... Notre but est toujours le même : Aider les papetiers à améliorer la qualité de leur produits ou bien à en réduire les coûts de fabrication. Alors, fournisseurs, gens de la R&D et consultants, faites-nous part de vos idées... et papetiers, faites-nous part de vos défis !!

{jacomment off}

 
paptac-portal

inscription-infolettre

acces-infolettres
le maitre papetier
le maitre papetier
Vision Biomase Québec
fpinnovations banner
buckman banner
cristini banner
le maitre papetier