Nova Scotia Power brûlera plus de biomasse

Source : Halifax Examiner

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La Nova Scotia Power prévoit brûler plus de biomasse pour générer de l’énergie renouvelable mais cette annonce ne fait pas l’unanimité.

D’autant plus que l’électricité produite par l’entreprise coûtera 11,6% plus cher au cours des trois prochaines années. D’ailleurs, des audiences publiques ont commencé pour déterminer si les nouveaux tarifs sont justifiés; la Nova Scotia Power aura la tâche de prouver que ces taux sont prudents et raisonnables.

Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, une nouvelle taxe carbone fédérale sera introduite en janvier 2023, laquelle entraînera une hausse de 14 cents le litre d’essence et d’huile à chauffage.

Nova Scotia Power entend maximiser la production d’électricité de ses installations de Port Hawkesbury Paper et de Brooklyn Energy qui alimentent leurs chaudières en biomasse forestière. Par exemple, la chaudière de Port Hawkesbury Paper produira en 2022-2024 jusqu’à 210 298 MWh d’électricité, soit une hausse de 51,7% sur les 138 620 MWh produits durant la période 2020-2021. Cette augmentation ne suscite pas que des éloges, loin de là. Pour Ray Plourde, Coordonnateur Nature sauvage au Ecology Action Centre, le fait de brûler de la biomasse n’est qu’un moyen déguisé pour atteindre la carboneutralité. « Ce n’est pourtant pas le cas. Le fait de bruler des arbres émet plus de gaz à effet de serre que les combustibles fossiles, » soutient M. Plourde.

Autre irritant : la Nova Scotia Power estime que ses coûts d’achats de biomasse augmenteront de 9,5 millions$ en 2020-2021 à 18,9 millions$ en 2024. La compagnie veut aussi ressusciter une chaudière à biomasse vieille de 25 ans chez Brooklyn Energy, laquelle était utilisée par la défunte Bowater Mersey. Brooklyn Energy est la propriété d’Emera, filiale de Nova Scotia Power.

Dans un contexte inflationniste et devant l’incertitude que fait planer le conflit armé en Ukraine, la porte-parole de Nova Scotia Power Jacqueline Foster admet ne pas avoir de contrôle sur ce qui fait de la biomasse une option moins chère que le pétrole et le charbon.


Jaclin Ouellet, Journaliste, Le Maître papetier