La crise sanitaire contraint l’industrie forestière à une pause

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La pandémie a forcé de nombreux gouvernements à confiner la population, ce qui a provoqué une profonde contraction de la consommation de biens et services de par le monde.

Le PIB chutera de près de 6 % aux États-Unis et au Canada, soit un recul deux fois plus prononcé que lors de la dernière crise de 2008-2009. Contrairement à la dernière crise financière, les économies émergentes comme la Chine ne pourront amoindrir le choc, car elles entreront également en récession cette année.

L’industrie forestière est majoritairement cyclique, ce qui signifie qu’une crise économique implique une baisse de la demande et des prix. Ceci accentue la pression sur la rentabilité de ces entreprises manufacturières parce qu’il y a simplement trop de fournisseurs et moins de clients. La réponse des industriels du secteur forestier a toujours été de diminuer la capacité de production pour tenter d’assainir le fragile équilibre entre l’offre et la demande. Les économistes anticipent qu’il faudra attendre la fin de 2021 avant de retrouver un niveau d’activité économique similaire à celui qui prévalait avant l’arrivée de la COVID-19. Puisque la crise sanitaire n’affecte pas tous les secteurs de l’économie de la même manière, ce retour à la normale diffèrera d’un produit forestier à l’autre.

Le recours au télétravail, la fermeture du milieu scolaire et la baisse des revenus publicitaires des médias papier ont ébranlé la demande pour les papiers d’impression. Au Québec, au moins 8 papetières ont arrêté temporairement leur production. L’inquiétude gagne ces entreprises qui risquent de perdre définitivement leurs clients au fur et à mesure que le confinement se prolonge et que les habitudes de consommation changent. Quant à eux, les producteurs de pâte de bois ont bénéficié de l’appréhension quant à la disponibilité des papiers hygiéniques qui a encouragé les consommateurs à accroître leur réserve au début de la crise. Toutefois, il apparaît fort probable que ce pic de consommation impliquera un contrecoup plus tard cette année.

Tout comme la grande majorité des matières premières, la demande ainsi que le prix du bois d’œuvre et des panneaux structuraux en bois ont rapidement diminué avec l’imposition des mesures de confinement et le ralentissement de la construction. À partir de la fin avril, le regain de confiance des marchés, la mise en arrêt de près du tiers des usines nord-américaines ainsi que la résilience de la demande en provenance de la rénovation résidentielle ont permis au prix des produits de construction en bois de presque regagner leur niveau d’avant la crise. Toutefois, il est peu probable que le ralliement se poursuive alors que l’attractivité actuelle des prix devrait engendrer une augmentation de l’offre et provoquer une baisse des prix. Ceci à moins bien sûr que le rythme des mises en chantier aux États-Unis ne connaisse une reprise rapide après avoir chuté de 45 % entre les mois de janvier et avril 2020. Ce serait tout de même surprenant considérant une hausse de 40 millions de nouveaux chômeurs depuis le 21 mars 2020.

Cette situation engendrera une baisse de la demande pour le bois à pâte et de sciage des producteurs forestiers. Ces derniers auraient intérêt à se maintenir informés des marchés disponibles en consultant régulièrement leur syndicat de producteurs de bois ainsi que le site Web Prixbois.ca.


Source : Fédération des producteurs forestiers du Québec

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