Le syndicat Unifor demande au gouvernement de François Legault de prévoir des exceptions et de faire pression sur le fédéral pour assurer que les travailleuses et travailleurs reçoivent de l’aide dans un délai raisonnable

De l’industrie
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Montréal, le 23 mars 2020 – L’annonce du premier ministre François Legault de fermer toutes les entreprises à compter de minuit demain soir soulève des critiques et une certaine incompréhension quant aux conséquences indésirables que cette situation entraînera sur plusieurs industries.

« Une fois le choc passé et même si on comprend que des mesures draconiennes doivent être prises pour combattre le virus, je pense que le gouvernement n’a pas évalué toutes les répercussions indésirables qu’une fermeture complète des entreprises va avoir » a commenté Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor.

Le syndicat estime que c’est le cas pour plusieurs usines qui produisent des éléments essentiels pour l’industrie pharmaceutique, du papier ou alimentaire.

Voici quelques cas :

  • Usine Rayonier au Témiscamingue dont la pâte cellulosique produite sert à la fabrication de médicaments;
  • Westrock (usines de La Tuque et de Montréal) qui produit du carton utilisé dans l’emballage de lait notamment;
  • Usine de Saint-Félicien de Résolu qui fait de la pâte kraft qui est une pâte utilisée pour fabriquer tous les papiers tissus, le papier hygiénique, les couches, etc., et qui desservent notamment les besoins dans les centres hospitaliers.
  • Toutes les usines de cartons qui fabrique des emballages pour l’industrie alimentaire comme Kruger, Cascades, Mitchel-Lincoln, etc.;
  • Les Serres Toundra qui sont adjacentes à l’usine de Résolu à Saint-Félicien dont les vapeurs servent à chauffer les serres;
  • Etc.

« Et pour produire la pâte kraft et cellulosique, ces usines ont besoin de la fibre, ce qui veut dire des copeaux de bois produits par les scieries », a expliqué M. Gagné.

Le secteur de l’aluminium n’est pas en reste

De même, le syndicat est inquiet des répercussions sur les alumineries. « Ça ne s’arrête pas sur un dix cents ce genre d’installations et surtout, ça coûte une fortune à redémarrer », a indiqué le directeur québécois.

Dans ce contexte, le syndicat Unifor lance un appel au gouvernement afin de revoir les mesures de fermetures. « Nous demandons au gouvernement de refaire ses plans et d’examiner la possibilité d’exclure certaines usines des fermetures annoncées aujourd’hui », a exposé M. Gagné. « Nous croyons que plusieurs usines pourraient être en activités avec des mesures spéciales de protection pour s’assurer que leurs activités ne contribuent pas à la propagation du coronavirus », indique le dirigeant syndical.

Des travailleuses et travailleurs dans le besoin

À la veille des mises à pied massives, le syndicat Unifor appelle par ailleurs, les gouvernements tant québécois que fédéral à revoir le fonctionnement de l’aide aux travailleuses et travailleurs qui passent principalement par l’assurance-emploi.

« On nous dit que déjà les bureaux d’assurance-emploi débordent et que les délais seront de plusieurs semaines. Des gens seront sans salaire pendant ce temps, c’est grave. Il faut faire quelque chose pour désengorger le système », a indiqué Renaud Gagné.


À propos d’Unifor

Unifor est le plus grand syndicat du secteur privé au Québec et au Canada représentant plus de 315 000 membres dans tous les secteurs de l’économie. Unifor milite pour toutes les travailleuses et travailleurs et leurs droits. Il lutte pour l’égalité et la justice sociale au pays et à l’étranger et aspire à provoquer des changements progressistes pour un avenir meilleur. Au Québec, Unifor représente près de 55 000 membres et est affilié à la plus grande centrale syndicale québécoise, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).


Source : Unifor