Travaillons ensemble pour lutter contre l'aggravation des incendies et des émissions de carbone forestier

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La semaine dernière, le Natural Resources Defense Council (NRDC), basé à San Francisco, et ses partenaires de Nature Canada présentaient un rapport qui mentionnait à juste titre l'augmentation des émissions de carbone dans les forêts canadiennes.

Ce que les critiques ont eu tort de faire, c'est d'essayer de rejeter la faute sur les scientifiques canadiens et les travailleurs du secteur forestier.

Le Canada est confronté à un défi forestier grandissant, alimenté par l'aggravation des conditions de sécheresse, des infestations de ravageurs et des incendies de forêt catastrophiques. Aujourd'hui, pour chaque arbre que les forestiers du Canada récoltent et régénèrent de manière durable, vingt-cinq sont endommagés ou détruits par des perturbations naturelles. Ce problème a des répercussions sur la santé et la résilience des forêts, les économies locales, la santé humaine et la sécurité des collectivités.

Il est également vrai que lors des évacuations dues au feu, les communautés autochtones sont touchées et déplacées de manière disproportionnée. Il nous faut de toute urgence des solutions constructives et nous espérons que les efforts du gouvernement fédéral dans le cadre du Dialogue canadien sur les feux de forêt et la résilience des forêts et de sa Stratégie nationale d'adaptation, qui sera bientôt publiée, permettront de tracer une voie mûrement réfléchie.

Interrogé sur le rapport lors d'une réunion sur le climat la semaine dernière, le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, a répondu : « Le Canada suit des lignes directrices internationales strictes en ce qui concerne la comptabilité forestière, il ne faut donc pas simplement changer de méthode. Je peux vous dire que mes fonctionnaires et les scientifiques de RNCan discutent très régulièrement de notre méthodologie avec Nature Canada et le NRDC. Les cadres comptables que nous suivons ne peuvent pas changer d'eux-mêmes – c’est un sujet de conversation important à l’échelle mondiale. »  

Le secteur forestier canadien partage l'avis du ministre Wilkinson selon lequel un dialogue international suivi et constructif est essentiel pour relever les défis urgents qui se posent. Et il n'y a pas que du pessimisme. La Finlande et la Suède nous ont montré comment les forêts boréales peuvent être gérées pour maximiser le stockage du carbone, même dans un climat qui se réchauffe. Bien que leurs forêts soient beaucoup plus petites, la Finlande et la Suède récoltent de six à huit fois le volume de bois par hectare de forêt que le Canada récolte. En même temps, l'augmentation annuelle nette du carbone stocké dans la forêt suédoise est si importante qu'elle réduit les émissions nationales de GES de 70 %.

Alors que les Canadiens sont confrontés à une récession probable, il est essentiel de renforcer les industries canadiennes de base, comme la foresterie, ainsi que les perspectives des travailleurs du Nord et des régions rurales et de leurs familles. En adoptant la foresterie - au lieu de l'attaquer et de la miner - nous pouvons faire davantage pour atténuer les risques croissants d'incendie et protéger les tourbières et milieux humides riches en carbone, tout en fournissant des emplois et en soutenant les communautés rurales. Nous pouvons également construire davantage avec des produits en bois renouvelables qui stockent le carbone, et créer des produits écologiques à partir de ce qui serait autrement des déchets de bois.

Si nous voulons aller plus loin - pour notre économie et pour notre environnement - nous devons le faire ensemble.

Derek Nighbor est président et chef de la direction de l'Association des produits forestiers du Canada, la voix des producteurs canadiens de bois, de pâte, de papier et de bioproduits à base de bois, au Canada et à l’étranger, pour les questions touchant le gouvernement, le commerce et l’environnement.


Source : APFC