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La manière suédoise de combattre l’inévitable

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Au mois de juin, à Kvarnsveden en Suède, Stora Enso a définitivement fermé sa machine à papier PM8 ainsi que sa ligne de production de pâte mécanique. Il y a quarante deux ans, l'auteur de ces lignes a travaillé pendant l'été à cette usine, et je ne peux m'empêcher d'en être un peu triste.


L'usine de pâte mécanique de Stora Kvarnsveden où j'ai eu un emploi d'été est maintenant fermée.

Mais comme disait ma grand mère : « Chaque jour est différent ». C'est très vrai pour beaucoup de choses, notamment pour l'industrie du papier d'impression et d'écriture ou le papier de bureau. La tendance inéluctable à la baisse de la consommation de papier journal et à publication étrangle ces usines et les oblige à prendre des mesures diverses – les papeteries de Suède n'y échappent pas. Alors, qu'ont-elles fait pour combattre l'inévitable?

Cet article ne veut pas être une liste exhaustive de toutes les mesures prises par les papeteries suédoises concernées mais décrit plutôt quelques unes des plus intéressantes.

Il y a en Suède cinq usines de papier journal et de divers papiers à publication : les usines de Stora Enso à Kvarnsveden et Hytle, l'usine SCA de Ortviken et celles de Holmen à Braviken et Hallstavik. Comme dans le reste du monde, une façon de réagir à la décourageante tendance à la baisse a été bien sûr de fermer les machines à papier les plus vieilles mais pas forcément désuètes. Il y a dix ans, ces cinq usines représentaient un ensemble de 18 machines à papier alors que, depuis la fermeture récente de la machine PM8 à Kvarnsveden, leur nombre est tombé à 11. La réduction totale de la capacité de production a été d'environ 1,5 million de tonnes.


À l'usine Holmen de Hallsta, la vapeur du raffineur PTM couvre la consommation des deux machines. Photo par Holmen

Aucune de ces usines n'était intégrée avec les pâtes chimiques mais elles comportaient une ligne de PTM produisant des pâtes correspondantes aux différentes qualités de papier. Auparavant, elles avaient également de vieilles installations de pâte mécanique. La fermeture des machines à papier a provoqué du même coup celle des installations de PTM correspondantes ainsi que celle des installations de pâte mécanique. Ces fermetures ont eu le plus d'impact sur les usines de Kvarnsveden, Hallstavik et Hytle car chacune d'elle a fermé deux machines à papier sur quatre. À Hylte, la dernière usine de papier journal utilisant des papiers recyclés, a également fermé sa ligne de désencrage.

Un directeur d'usine a résumé sa pensée au moment de la rationalisation de son usine : « C'est une question de simplification des procédés de production, de la manipulation du bois et de la production de la pâte jusqu'à la fabrication du papier et la logistique. Sans oublier le côté énergétique! Tout ce qui n'est pas utile doit être enlevé et des investissements nécessaires et modérés doivent être faits ».


L'investissement dans une nouvelle calandre à la machine à papier PM53 de Braviken était obligatoire pour pouvoir produire la nouvelle qualité UNIQ.

Un exemple intéressant de réorganisation de production ainsi que du volet énergétique est à l'usine de Hallstavik. En fermant la machine à papier SC PM3 ainsi que la production de pâte mécanique, la vapeur provenant des raffineurs PTM couvre maintenant les besoins de deux machines à papier. Par conséquent, la chaudière à écorces a fermé et l'écorce est devenue un produit vendu aux installations du chauffage municipal. Les boues de l'usine de biotraitement sont devenues un autre produit pour le compostage et le traitement des sols.
Ces réductions amènent des changements d'organisation et dans certaines usines se sont traduites par la centralisation des diverses salles de contrôle en une seule. Par exemple, les trois salles de contrôle des machines à papier de Hallstavik ont été ramenées à une seule servant aux opérateurs de machine à papier et de bobineuse. Un autre exemple est à Hylte où on a créé une seule salle de contrôle central pour l'approvisionnement en pâte provenant des PTM et pour les opérations de désencrage. Un avantage évident de la centralisation des salles de contrôle est que les opérateurs peuvent facilement échanger des renseignements.

Malgré les fermetures et les licenciements qui en découlent, et selon les contraintes et les possibilités offertes par les équipements existants, les cinq usines ont pris une action commune en essayant de développer de nouveaux produits à valeur ajoutée dans des créneaux intéressants. Holmen, par exemple, a complètement abandonné la production de papier journal à Hallstavik pour se concentrer sur le papier d'édition et de magazine. Braviken a investi lourdement pour produire leur nouveau produit Holmen UNIQ, une nouvelle qualité de papier pour les magazines, les catalogues et les envois postaux afin de concurrencer les papiers couchés. De nouveaux produits ont également été lancés à Kvarnsveden.


SCA Ortviken est la seule usine suédoise à produire le papier couché léger (LWC). LWC4 est une des deux machines LWC de l'usine.

La société SCA Ortviken est avec ses trois machines à papier la plus grosse des cinq usines et deux de ces machines y font du papier couché léger LWC. La troisième machine alterne entre le papier journal et les papiers non couchés à offset. De nouveaux produits sont en cours pour les divers secteurs de publication. La machine PM2, cependant, était leur plus vieille et n'avait aucun avenir dans le papier journal. L'usine s'efforça de l'adapter aux produits d'emballage mais sans succès et la machine fut fermée en 2015. De même, Stora Enso ne réussit pas à trouver d'autres fonctions pour la machine PM8 de Kvarnsveden ce qui a amené sa fermeture récente.

Une approche tout à fait différente pour créer de nouveaux produits a été prise à Hylte, qui fut pendant un temps une des plus grosses usines à papier journal du monde. Un travail de développement fructueux s'est soldé par un investissement de 12 millions de dollars US dans une usine qui doit ouvrir en 2018 pour la fabrication d'un matériau bio-composite qui sera d'abord 50% PTM et le reste plastique. La teneur en PTM sera augmentée graduellement. Le produit doit être vendu sous forme de granulat pour la production d'une vaste gamme d'articles qui sont actuellement composés uniquement de plastique. Voilà de l'innovation!


Stora Enso Hylte produira un tout nouveau produit, un bio-composite de PTM et plastique. Photo par Leonardson.

Enfin, sur la scène suédoise, Husum fut la plus grosse usine de papier fin de Suède et j'y ai occupé différents postes entre 1976 et 1992. Husum à abandonné le domaine du papier l'année dernière et fabrique maintenant des cartons pour boites pliantes et des kraftliners blancs. Ainsi, les conditions futures du marché estompent sans répit ma notion de l'industrie papetière de la Suède.


 

 
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