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Optimiser le système de transport

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« Certains pays ont trop d'histoire, mais nous, nous avons trop de géographie. »
Le premier ministre Mackenzie King
Chambre des communes
1936

J'ai eu l'immense plaisir de participer à un panel de discussion dont le thème était « L'optimisation du système de transport : répondre aux besoins du 21e siècle » qui a eu lieu à Ottawa récemment. Dans le cadre de mes commentaires d'introduction, j'ai utilisé cette citation de l'ancien premier ministre pour expliquer l'importance fondamentale du transport dans notre histoire économique.

Pour paraphraser Mackenzie King, l'immense territoire du Canada explique notre histoire. Nos grands espaces et les ressources qu'ils renferment ont orienté une bonne partie de notre développement économique. Et, aux yeux du monde, ils nous définissent encore dans une large mesure comme nation.

Nos ressources de poissons, de fourrure et de forêts ont amené les explorateurs à remonter nos rivières vers le cœur du continent. La construction du chemin de fer du Canadien Pacifique et l'aménagement de la voie maritime du Saint-Laurent étaient d'incroyables projets visionnaires. Ces corridors de transport ont ouvert le pays et permis aux gens d'accéder aux ressources et aux ressources d'accéder aux marchés. Un système de transport adéquat a contribué à bâtir le Canada et un système de transport adéquat est nécessaire aujourd'hui pour que le Canada réalise pleinement son potentiel économique de nation commerçante.

C'est l'Ottawa Economics Association qui commanditait la discussion où l'on s'est penché sur les défis du transport au Canada dans une ère de mondialisation. Compte tenu de la croissance de la classe moyenne dans les marchés émergents comme la Chine, les ressources canadiennes (la potasse, le grain, les minéraux, les produits forestiers, le pétrole et le gaz) seront plus que jamais recherchées. Mais la question qui se pose est la suivante : avons-nous un système de transport approprié pour appuyer ces perspectives économiques?

Louis Thériault, vice-président aux politiques publiques du Conference Board du Canada, a ouvert la discussion avec un survol de l'évolution de nos échanges commerciaux. Nos importations et exportations, en dollars constants, ont grimpé de concert depuis 30 ans. Toutefois, si nous comparons la balance commerciale du Canada sur la base du tonnage plutôt que des dollars, les deux lignes s'écartent considérablement; il y a un énorme surplus en termes de tonnage des biens exportés par rapport au tonnage de biens importés.


                                              en anglais seulement

C'est logique quand on pense aux grands volumes de ressources naturelles en vrac que le Canada exporte. Toutefois, les économistes ont tendance à se concentrer sur les dollars, et non sur le poids, lorsqu'ils évaluent l'excédent ou le déficit commercial d'un pays. La présentation du Conference Board montrait que la valeur par tonne des importations est environ deux fois plus grande que la valeur par tonne des exportations. Cela laisse entendre que bien des wagons ou des terminaux qui servent à expédier nos exportations ne rapportent pas de produits importés, ce qui crée un problème de voyages de retour à vide.

C'est donc dire que lorsque nous examinons notre système de transport, il faut penser à ce qui est expédié. Quelles difficultés logistiques et économiques sont associées à ce type de déséquilibre commercial et comment y remédier?

La présentation mettait aussi l'accent sur les changements dans les modes de transport utilisés en fonction du changement de la combinaison de clients. En 2001-02, environ 70 % de nos échanges commerciaux se faisaient par transport de surface —la moitié par camion et 20 % par rail. Pendant la décennie qui a suivi, les déplacements sont passés de l'axe nord-sud à l'axe est-ouest, de plus en plus de marchandises transitant par les ports. Globalement, le trafic camionnage-transport maritime et rail-transport maritime a doublé de 2002 à 2012, et les exportations par le transport de surface, camionnage et rail, ont diminué pour atteindre environ 50 % du total.


                                            en anglais seulement

Il faut beaucoup de temps pour construire des infrastructures de transport et en raison de la modification des échanges commerciaux, il est difficile de maintenir le rythme en termes de capacité de transport. Je crois fermement que nous avons besoin de meilleures données et d'une meilleure façon d'analyser le système de transport dans son ensemble; pour trouver des solutions, il faut mieux comprendre les problèmes. Examiner les données et élaborer des solutions sous forme de politiques basées sur des données probantes plutôt que sur les émotions est la seule façon de faire en sorte que le Canada obtienne un système de transport robuste, efficace et concurrentiel sur le plan économique.

Discuter de politiques de transport et d'infrastructures peut donner lieu à des débats tendus. Ce qui est dans le meilleur intérêt économique d'un expéditeur, par exemple d'un producteur de grain, peut entrer en conflit avec les intérêts d'autres secteurs, comme l'industrie forestière. Ce qui est le plus efficace et rentable pour un transporteur peut ne pas être optimal pour un expéditeur. C'est pourquoi Fiona Murray, vice-présidente, Marketing de l'entreprise pour le CN, a été invitée à l'événement pour partager le point de vue des transporteurs, et j'étais là pour partager les difficultés du point de vue des expéditeurs.

Je suis heureux d'indiquer que la conversation a été civilisée. Même avec des points de vue différents, nous avons tous deux convenus qu'on ne peut régler les problèmes de transport du Canada en se concentrant sur un produit ou un transporteur; tous les acteurs doivent travailler ensemble. Et ce n'est pas facile.

Pour l'instant, le gouvernement fédéral examine ces questions par le biais de l'examen de la Loi sur les transports au Canada, comme il le fait tous les dix ans. C'est une étape positive, mais c'est loin d'être suffisant. Il nous faut une réflexion plus approfondie et plus vaste sur la façon d'accroître la capacité, d'améliorer la flexibilité et de maintenir l'efficience économique de notre système. Il nous faut un accès fluide aux frontières. Il nous faut de la flexibilité et une capacité de pointe. Il nous faut l'interconnectivité et la capacité d'être adaptables.

Et il faut examiner les besoins des localités éloignées qui sont captives d'un seul moyen de transport. Pour revenir aux mots de Mackenzie King, il faut reconnaître la vaste géographie de notre pays. La fiabilité et l'efficience économique de notre système de transport sont bien davantage mises à l'épreuve par notre géographie que c'est le cas dans les pays plus petits ou plus densément peuplés. Bien des ressources naturelles que nous exportons dans le monde entier doivent être transportées à partir de localités éloignées captives d'un seul mode de transport.

Notre géographie exigeante a bâti le Canada et les distances demeurent un problème aujourd'hui. Soyons aussi audacieux et visionnaires que nos ancêtres et amorçons un débat public sur les façons « d'optimiser » notre système de transport et ainsi d'assurer la création d'emplois et la prospérité pour le Canada.

Source : Le blog du Président / Association des produits forestiers du Canada

 

 
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