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Fructueux mois de mars

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Mars 2011 n'est pas encore terminé mais les bonnes nouvelles fusent de toute part. Transactions de vente, projets de modernisation d'usines et financements de recherches se sont succédés à vive allure, faisant de ce mois l'un des meilleurs depuis longtemps pour l'industrie papetière et forestière. Si certaines annonces étaient attendues, d'autres constituent de belles surprises, surtout pour les employés d'usines menacées de fermeture, dont certains pourront conserver leur travail.

C'est le cas de l'usine de Prince Albert, en Saskatchewan, que la compagnie Domtar a vendu à une société du nom de Paper Excellence, laquelle n'a pas attendu pour annoncer un investissement de 200M$ pour convertir la production de l'usine à celle de la pâte de rayonne. Il s'agit de la deuxième conversion du genre d'une papetière canadienne en moins d'un an, Fortress Paper ayant rouvert l'usine de Thurso en juin 2010. Il est vrai que le secteur de la pâte de rayonne poursuit sa forte croissance et peut encore accueillir de la capacité supplémentaire. Le projet de Paper Excellence permet du même coup de sécuriser 200 emplois à la papetière, une bonne nouvelle pour l'économie de cette région du nord de la province.

Pendant ce temps, Cascades, dont le dernier trimestre fut plombé par le coût des matières recyclées, a pris une décision d'affaires en cédant sa division de produits de restauration rapide, Dopaco, pour la somme de 400M$. La transaction avec la compagnie Reynolds permet à Cascades d'évacuer un secteur moins stratégique de son portfolio de produits, tout en réduisant le ratio d'endettement de 54 à 47% de ses liquidités (selon les données du journal Les Affaires).

Injection de 88M$

N'en déplaise au journaliste Terence Corcoran du Financial Post, le gouvernement a annoncé ce mois-ci que 11 usines recevraient des fonds de deux programmes : le Programme d'écologisation des pâtes et papiers, et le Programme de projets pilotes de démonstration des technologies transformatrices. M. Corcoran accusait en février le gouvernement fédéral de jouer au père Noël à l'approche d'une éventuelle campagne électorale, mais les sommes annoncées étaient prévues au budget de Ressources naturelles Canada depuis un certain temps (cela n'exclut pas, bien sûr, le bon timing politique du gouvernement conservateur).

Chez Cascades, par exemple, trois usines se partageront une somme de 6M$, soit celles d'East Angus, en Estrie, de Cabano, dans le Témiscouata, et de Trenton, en Ontario. Ces projets valent au total 10,7 millions$ : on comprend donc toute l'importance de cette aide précieuse d'Ottawa. A East Angus, 3,1 millions$ vont servir à construire un nouvel atelier de recyclage de vieux carton, permettant ainsi de remplacer en partie l'utilisation de copeaux de bois comme matière première. À Cabano, 3 M$ seront investis pour réduire les émissions particulaires des deux chaudières à biomasse de l'usine. Ensemble, les trois projets généreront une économie d'énergie suffisante pour alimenter 14 000 maisons, diminuer la quantité de déchets de 28 000 tonnes par an, réduire chaque année de 1592 tonnes les gaz à effet de serre et baisser de 42 % la quantité de rejets d'eaux usés dans les conduits municipaux. Les impacts environnementaux sont donc loin d'être négligeables. Ajoutons que Smurfit-Stone LaTuque (24 M$) et Tembec Témiscaming (1 M$) figurent aussi sur la liste des projets subventionnés par RNC.V

CIPP et nanocellulose

La recherche et développement n'est pas en reste et profite également de cette « embellie printanière. » L'UQTR recevra en effet une somme de 2,2 m$ (sur une période variant de deux à cinq ans) pour des travaux sur la nanocellulose et les papiers bioactifs. L'un des chercheurs ayant décroché ces subventions d'organismes et d'entreprises est nul autre que Patrice Mangin, DG du CIPP. Il a reçu en fait un montant de 961 393 $ (réparti sur deux ans) pour le développement de papiers d'emballage et d'impression innovants à base de nanocellulose, de nanopigments et de pâtes mécaniques (plutôt que chimiques). Une partie de cette somme, soit 411 010 $, est fournie par ArboraNano, le nouveau Réseau des nanoproduits de la forêt canadienne mis en place grâce au programme de Réseaux de centres d'excellence du gouvernement fédéral, de FPInnovations et de NanoQuébec. L'autre part du financement (550 383 $) provient de deux partenaires industriels, soit GL&V (Trois-Rivières) et une entreprise européenne possédant une filiale et des usines au Canada, dont le nom demeure confidentiel. De plus, une somme de 565 000$ sur cinq ans servira à démontrer, en phase précommerciale, la faisabilité de production de papiers bioactifs. La faisabilité industrielle des produits sera démontrée sur la machine à papier pilote du CIPP, laquelle reçoit une subvention non remboursable du fédéral de l'ordre de 1 million$. De nouveaux équipements seront ajoutés à la machine, lesquels permettront de produire les nouveaux papiers spécialisés mis au point par les chercheurs.

Un autre chercheur et professeur émérite de l'UQTR en chimie-biologie, Claude Daneault, a reçu un montant de 528 859 $, réparti sur trois ans, de la part du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) du Canada, pour le développement d'un procédé de fabrication de nanocellulose assisté d'ultrasons. Cette innovation permettra à l'industrie papetière ou agricole de développer des produits à valeur ajoutée grâce à la fabrication de nanofibres de cellulose (ou nanocristaux). Ce projet vise la production de nanocellulose en milieu alcalin, plutôt qu'acide, ce qui permet de conserver toutes les composantes de la nanocellulose et d'en tirer le maximum de possibilités.

Avec cette effervescence, il serait facile de conclure à une sortie de crise de même qu'à une reprise durable et tangible pour l'industrie. Il reste encore du chemin à parcourir, mais la reprise, ça se prépare : après un trop long passage à vide, l'industrie planifie sa métamorphose et regagne lentement mais sûrement la confiance des économistes et des investisseurs. Le rythme des annonces en mars ne vient que confirmer que l'industrie est prête à passer de la planification à l'action.

Le Dauphin

Il n'y a pas si longtemps encore, Alain Lemaire, le « bébé » de l'illustre famille, prenait les rennes de Cascades. Tout comme Laurent l'avait fait, des mains du fondateur de l'entreprise, Bernard Lemaire. Bien qu'il compte occuper son poste encore quelque temps, Alain Lemaire ne cachait pas depuis un an que le processus pour dénicher un remplaçant à son poste, était enclenché. Il m'avait même fait part de ce « problème » lors d'une entrevue en 2006. Le ton de sa voix trahissait déjà l'inquiétude d'avoir à confier les destinées de l'entreprise à quelqu'un d'autre qu'un Lemaire. La semaine dernière, Alain Lemaire a annoncé que Mario Plourde était le Dauphin désigné par lui et ses frères pour lui succéder. M. Plourde a deux ans pour se faire à l'idée, puisque l'actuel PDG de Cascades ne quittera ses fonctions qu'en 2013. Entretemps, Mario Plourde est devenu chef de l'exploitation de Cascades le 1er mars dernier. Bien que difficile à faire, avec de brillants candidats d'expérience comme Suzanne Blanchet et Marc-André Dépin, le choix de M. Plourde a fait l'unanimité à la direction comme au conseil d'administration. En plus d'être un solide gestionnaire, M. Plourde a participé aux grandes décisions de l'entreprise depuis son arrivée en 1985 à titre de contrôleur. Chef de l'exploitation du Groupe des produits spécialisés depuis 2000, il continue d'assumer ce poste de façon intérimaire jusqu'à ce que son remplaçant soit désigné. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il s'agit d'une belle marque de confiance pour l'homme d'affaires de 49 ans, celle-ci venant directement de la famille fondatrice d'une des meilleures entreprises au Québec.


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