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Domtar Windsor ferme la boucle de l’économie circulaire

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Usine Domtar de Windsor

On entend beaucoup parler d'économie circulaire ces temps-ci, un sujet à la mode que ce soit dans l'industrie lourde en général et plus particulièrement dans celle des pâtes et papiers. Plusieurs entreprises, surtout dans le secteur du papier contenant du matériel recyclé, se targuent de pratiquer l'économie circulaire en se servant justement de vieux papiers pour la fabrication de leurs produits, fermant ainsi la boucle des écosystèmes. C'est en effet un moyen d'y parvenir.

Mais qu'en est-il vraiment de l'économie circulaire au niveau des papetières ou producteurs de pâte qui ne travaillent pas (ou peu) avec de la fibre recyclée? Et de quoi parle-t-on exactement lorsqu'il s'agit « d'économie circulaire »?

Pour mieux illustrer le concept, appliqué depuis plusieurs années dans les papetières européennes, servons-nous de l'exemple tout récent de l'usine de Domtar Windsor, en Estrie. Celle-ci annonçait en effet le 14 juin dernier que le fait d'appliquer le principe d'économie circulaire, a contribué à réduire ses rejets enfouis de 95% et à allonger la durée de vie du site d'enfouissement de l'usine de 40 ans!!



Mais que fait l'usine Domtar Windsor au juste? Prenons le principe des écosystèmes : la façon de vivre de tous les êtres vivants dans un secteur donné interagit avec d'autres êtres vivants et leur environnement. On retrouve un concept semblable de durabilité (sustainability) appelé « écologie industrielle », qui stipule que tout procédé de fabrication gagne à imiter l'efficacité de la production en circuit fermé, ou économie circulaire, dans un écosystème naturel donné. Dans un tel scénario, chaque étape de la production (forêt, scieries, fabrique de pâte, papetières et ainsi de suite) est durable et ne tolère aucun gaspillage. Toutes les parties de l'arbre sont acheminées vers le meilleur usage et la meilleure valeur (usine de déroulage, usine de sciage et usine de pâtes et papiers).

Chez Domtar, les usines se concentrent sur leurs économies circulaires respectives. Dans les usines de Plymouth et de Marlboro, aux États-Unis, on fabrique, en fin de procédé, des fertilisants à teneur modérée en nutriments pour les exploitants agricoles. À l'usine de Windsor, l'économie circulaire est rendue possible en fermant la boucle du développement par l'intégration des 400 000 acres (160 000 hectares) de terres forestières privées servant de support à ses opérations.



Des pratiques durables bien implantées

Pour André Gravel, directeur de l'approvisionnement en fibres à l'usine de Windsor, il s'agit tout bonnement de repenser le terme « résidu ». Il faut parler plutôt de ce qu'il est possible de faire à l'usine avec ce qui était auparavant traité comme des résidus. Il y a plus d'une façon d'y parvenir, mais l'idée principale demeure la notion de circularité.

« Lorsque M. Gravel s'est amené avec l'idée d'économie circulaire, et suite à un colloque sur les matières résiduelles, je me suis rendu compte que grâce à nos bonnes pratiques, notamment en foresterie, nous étions déjà engagés dans une forme d'économie circulaire, » de constater Patrick Cartier, Surintendant, Terrains privés.

La papetière et ses opérations font partie intégrale de l'économie circulaire, mais tout commence par la base, soit la forêt. Les arbres sont récoltés, et ce en suivant des pratiques responsables très strictes afin de tirer la meilleure valeur pour la fibre. Les copeaux et les écorces (biomasse) provenant du sciage des billes de qualité sont dirigés vers l'usine de Windsor qui transforme les copeaux en pâte et en papier. La biomasse sert de combustible pour produire de la vapeur pour le procédé de fabrication, et de l'électricité vendue à Hydro-Québec.

« La nouveauté dans cette filière, elle se trouve dans la valorisation des cendres de la chaudière et d'autres résidus qui s'en allaient jusqu'en 2013 à l'enfouissement, » d'enchaîner Patsy Inglis, Chef de service, Développement durable.

Le mélange stabilisé de cendre de bois riche en potassium et d'autres résidus alcalins sert en fait d'amendement améliorer le pH des sols de la forêt naturelle, dont les érables à sucre. « La portion sylvicole est exclusive à l'économie circulaire de l'usine de Windsor. Nulle autre usine de Domtar n'exploite cette filière, » d'ajouter Mme Inglis.

Ajoutons à cela les boues papetières, générées par la production de papier de l'usine, déjà utilisées à des fins agricoles depuis belle lurette, et maintenant maximisées comme engrais pour la croissance des peupliers hybrides dans la région. Les jeunes pousses de peuplier plantées en forêt, avec la fertilité des sols, ont toutes les chances d'atteindre et même de dépasser les croissances souhaitées, soit 20 mètres à 20 ans.

Adieu à l'enfouissement?

Dorénavant, il ne reste que 5% de rejets qui vont à l'enfouissement. Peut-on espérer atteindre un jour le 0%? « Peut-être pas car on retrouve de petites roches dans ce qui peut être valorisé. Mais nous visons clairement à aller chercher un 3% supplémentaire, » d'avouer Mme Inglis. Ce dernier 3% sera le plus difficile à atteindre. « C'est déjà un défi énorme de réutiliser 95% des rejets, que ce soit au niveau infrastructure et de maintenir ces forêts ouvertes à des activités de chasse et pêche, notamment, le tout sous la supervision du Ministère québécois de l'environnement.»



« L'épandage en milieu forestier, poursuit Patrick Cartier, ne se fait pas les yeux fermés. Il y a derrière ce repeuplement naturel toute une planification du dosage et de l'épandage. Domtar a également implanté des dispositifs de recherche avec des chercheurs du gouvernement provincial et des universités afin de suivre la croissance des arbres. Aussi, l'usine de Windsor et les terrains forestiers sont certifiés selon les normes environnementales ISO 14001, ISO 9001, FSC et SFI. En forêt, nous procédons généralement à des coupes par éclaircies, suivi d'un épandage. En procédant ainsi, dans le cas de l'érable à sucre, on gagne jusqu'à 30% de croissance pour le peuplement proprement dit.

En fin de compte, Domtar Windsor faisait déjà de l'économie circulaire sans le savoir. Toute la logistique en place maintenant lui permet de poursuivre la valorisation des résidus et d'officialiser ses efforts à titre d'acteur de l'économie circulaire à partir du bois, une ressource renouvelable.

Aux sources de l'économie circulaire (selon Wikipedia)

L'économie circulaire s'inspire notamment de Michael Braungart et de William McDonough ou plus exactement de leur formulation de la théorie Du berceau au berceau (formalisée en 2002).
Le premier livre sur l'économie circulaire en langue française paraît en 2009 (Économie circulaire : l'urgence écologique écrit par Jean-Claude Lévy), et attire alors l'attention des écologistes et des médias.

Éléments de définition

L'économie circulaire se veut plus « écologiquement vertueuse » que les modèles économiques classiques qui basent le développement économique sur une production de richesse ou de plus-value se traduisant par une destruction de ressources.

Elle promeut pour cela un système économique et industriel d'une part sobre en carbone et en énergie et d'autre part sobre en ressources naturelles pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables, fondé sur l'écoconception des produits et services qui doit favoriser le recyclage au meilleur coût.

En tant que théorie, l'économie circulaire est compatible avec les théories de l'économie de la frugalité ou de la décroissance ou de la sobriété heureuse. Elle semble cependant également compatible avec un modèle classique optimisé et intégrant l'écoconception, mais reposant toujours sur le recyclage rapide d'objets rendus désuets par la mode et la publicité ou par une obsolescence technique programmée.

L'économie circulaire présente entre autres deux enjeux environnementaux et économiques. D'un premier côté l'enjeu est de pouvoir répondre à la problématique que posent l'obsolescence programmée des produits et la croissance importante de la consommation mondiale de matières premières.

L'économie circulaire intervient dans l'optimisation de l'utilisation des ressources limitées (dont le foncier) ou en voie de raréfaction (quatorze minéraux ou métaux dont le béryllium, le cobalt, l'indium, le magnésium, les terres rares et le tungstène sont de plus en plus demandés par l'industrie, ce qui peut être source de tensions sociopolitiques et d'inégalités). Elle joue un rôle nouveau dans la gestion des déchets et du recyclage. À cet égard l'économie circulaire est un modèle innovant qui a pour objectif de rechercher l'efficience de l'économie des ressources. Cela passe par le fait de donner une seconde vie aux produits et notamment par des méthodes de réemploi, de réparation et de réutilisation des matières premières. D'un autre côté l'économie circulaire conduit aussi à des avantages économiques. Cette méthode peut être facteur d'attractivité d'un territoire et d'opportunité d'emplois. Le déploiement d'une économie circulaire permet de créer de nouvelles activités notamment dans le secteur de l'écoconception, gestion des ressources naturelles et des énergies renouvelables.

Les bénéfices écologiques

  • l'économie circulaire réduit la consommation de ressources naturelles et cela en réutilisant en boucles ces ressources en provoquant ainsi la dématérialisation de l'économie. Comme elle participe à la réduction des dépenses des entreprises. Elle permettrait de réaliser une économie nette annuelle comprise entre 340 et 380 milliards $ en Europe et ce dans un scénario de transition. En revanche, on estime que ce chiffre pourrait éventuellement osciller entre 520 et 630 milliards $ par an dans un scénario avancé;
  • l'économie circulaire favorise la réduction des émissions de CO2. Concrètement, il s'agit de mettre en place une stratégie verte qui permettrait à la fois de produire tout en préservant l'environnement. À noter que les accords de Kyoto ont placés la lutte des émissions de CO2 comme étant un enjeu mondial. Dans ce sens l'économie circulaire pourrait être un outil incontournable.

Photos: Gracieuseté de Domtar




 
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