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Une brève histoire du peluchage

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Je me souviens de la première fois que j'ai vu une image en couleur dans un journal, c'était dans les années 1960. Je me souviens aussi de la dernière fois que j'ai vu la fabrication de papier journal sur une machine fourdrinier, c'était dans les années 1990. Le papier journal et les technologies d'imprimerie ont fait beaucoup de chemin depuis ce temps.

Anciennement, les journaux étaient seulement imprimés en noir par impression typographique. L'arrivée de la lithographie offset a mené à de meilleures images en couleur mais elle utilisait des encres plus visqueuses, ce qui donnait lieu à une accumulation de peluche sur le blanchet d'impression et dégradait la qualité d'impression sur de longs tirages. Cette peluche provient de matières qui sont mal liées à la surface du papier. Au fur et à mesure que les journaux ont utilisé plus de couleur, le peluchage est devenu pire, parce que l'impression quatre couleurs a augmenté la chance d'attraper des particules de peluche par un facteur de quatre.

Sur une machine fourdrinier, toute l'eau sort du bas de la feuille, ce qui laisse des particules mal liées sur le dessus de celle-ci. D'ailleurs, certains annonceurs exigeants ont demandé que leur publicité soit imprimée sur le « côté toile » de la feuille.

La première solution conçue par l'industrie papetière pour régler ce problème était d'ajouter une unité de toile supérieure au-dessus du fourdrinier afin d'enlever une partie de la matière problématique et de créer une feuille plus uniforme. Ceci a atténué les plus graves problèmes de peluchage mais au fil du temps, les imprimeries offset ont amélioré leurs normes de qualité d'impression, ont développé des encres plus collantes et ont prolongé leurs tirages. Ainsi, les fabricants de papier journal ont dû faire plus pour combattre le peluchage.

Le développement des machines à doubles toiles, où l'eau est enlevée des deux côtés en alternant pendant la formation de la feuille, a créé une feuille de papier plus uniforme qui a moins tendance au peluchage. La mise au point de la pâte thermomécanique (PTM) pour remplacer la pâte mécanique à meule a aussi grandement aidé, puisque la PTM compte beaucoup moins de bûchettes qui sont facilement attrapées par les encres collantes.

Avec le rétrécissement de la demande pour le papier journal depuis 20 ans, plusieurs des plus anciennes machines avec une tendance à pelucher ont été retirées. Cependant, le papier peut parfois pelucher à cause d'une perturbation de procédé sur une machine moderne. Ceci peut devenir un problème difficile à déceler.

L'histoire de la mesure de la tendance à pelucher est un cas typique de « bon, vite et pas cher – choisissez-en deux. » Des méthodes élaborées ont été mises au point mais, jusqu'à récemment, aucune n'a réussi à s'adresser aux trois aspects.

Dans les années 2000, un entrepreneur du nom de Pierre Frigon a eu une idée fondée sur le concept d'un rouleau anti-peluche utilisé pour les vêtements. Il a appliqué un ruban collant et transparent à une feuille de papier avec un montant fixe de pression, a enlevé le ruban, puis a effectué une analyse d'image du ruban. J'ai aidé à évaluer ce test et je l'ai trouvé pas cher, vite et raisonnablement précis. Le principal inconvénient était la difficulté de produire le même résultat avec deux testeurs distincts. J'ai dit à Pierre que le test était un bon candidat pour l'automation.

Quelques mois plus tard, il est revenu avec un instrument automatisé sur table Lintview, développé en partenariat avec Labtech. Mes collègues et moi l'avons évalué en utilisant l'analyse de système de mesure (un outil de Six Sigma) et avons montré que le test était maintenant répétable et reproductible.

Dix ans plus tard, 42 unités de Lintview ont été vendues dans 15 pays différents. On les utilise dans de nombreuses applications variées, incluant le papier de copie, le papier de soie et le papier d'emballage, où les problèmes sont souvent reliés à la transformation de papier plutôt que l'impression. Frigon a aussi élaboré une version haute résolution, le Dustview, qui peut détecter des particules qui sont presque dix fois plus petites.


Martin Fairbank a travaillé dans le domaine de la foresterie pendant 31 ans, y compris de nombreuses années pour un producteur de pâtes et papier et deux ans avec Ressources Naturelles Canada. Détenteur d'un PhD en chimie et d'une expérience en amélioration de procédés, développement de produits, gestion d'énergie et de production rentable, Martin est actuellement un conseiller indépendant basé à Montréal. Il est également écrivain et a publié récemment Resolute Roots qui relate les 200 ans d'histoire de la compagnie Produits forestiers Résolu et de ses prédécesseurs.

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