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Essais et erreurs dans l’industrie papetière

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J'ai participé à certains essais de machines à papier où nous avons lamentablement échoué mais tiré des leçons valables. Au début des années 1990, quand tout le monde voulait du contenu recyclé, on a ajouté des déchets de papier d'une imprimerie censés être « sans contaminants » à la caisse de machine d'une machine à papier journal. Le résultat : des agrafes partout sur la machine à papier ! Ceci nous a montré l'importance d'utiliser des tamis et des nettoyeurs pour la pâte recyclée (et de ne jamais présumer que les matières recyclées sont « sans contaminants »).

Lors d'une autre occasion, en essayant d'atteindre une cible de blancheur, nous avons utilisé une glaise calcinée. Après quelques jours, nous avons constaté que la glaise, fortement abrasive, usait certaines pièces d'équipement. Nous avons donc appris à établir une limite supérieure pour son utilisation.

Tel qu'indiqué par l'éducateur américain du 19e siècle, Amos Bronson Alcott, « Nous apprenons nos meilleures leçons non pas par la réussite, mais par accident. »

J'ai appris une autre leçon valable lorsque j'étais étudiant en affectation d'été. Nous avions pris quelques jours à construire un appareil complexe en plastique, retenu par un calfeutrage au silicone. On m'avait dit de le sécher dans un four à 100°. Après 15 minutes, j'ai ouvert la porte du four et j'ai trouvé l'appareil déformé et inutile ! Il s'est avéré que mes instructions auraient dû être en degrés Fahrenheit au lieu de Celsius. Ceci illustre le besoin de communication claire en effectuant quelque chose de nouveau.

Tous les futurs scientifiques apprennent la méthode scientifique. Cette méthode nous enseigne à formuler des observations pour élaborer une hypothèse sur la manière dont les choses fonctionnent, puis à utiliser cette compréhension pour prédire le comportement futur. Les expériences bien conçues peuvent vérifier ces hypothèses. Nous pouvons ensuite mettre au point des améliorations fondées sur une telle compréhension.

En sciences pures, la méthode scientifique fonctionne bien et elle est relativement facile à appliquer. Quand on ajoute le comportement humain, les émotions et les fortes opinions, les choses peuvent mal tourner. On doit utiliser des études en double aveugle pour éviter l'effet placebo; de plus, les sondages soi-disant conçus scientifiquement peuvent être biaisés par la manière dont les questions sont posées.

Les machines à papier sont des systèmes très complexes, et il est souvent difficile de contrôler le processus de fabrication de papier. Mes collègues et moi-même œuvrant en recherche et développement plaisantions sur la méthode utilisée par les papetiers pour solutionner n'importe quel problème : trouver le dernier changement effectué et le renverser ! Quand un changement faisait partie d'un de nos essais, vous pouvez bien comprendre notre frustration. La conception des essais dans l'industrie papetière nécessite une bonne planification ainsi qu'une bonne communication. Nous avons dû informer les papetiers de certaines choses comme les suivantes:

a) Un changement dans les résultats est attendu quand on modifie la recette et normalement, il faut faire beaucoup d'expérimentation pour arriver au dosage optimal;
b) Le changement dans les résultats pourrait se situer dans les limites d'erreur expérimentale – attendez un peu avant de tirer des conclusions hâtives et de réagir;
c) Le système autour de la machine à papier pourrait s'ajuster au changement avec le temps, puisque l'eau blanche est recirculée.

Les essais de fabrication de papier sont coûteux, bien sûr, surtout s'ils mènent à du papier non conforme qui doit être rejeté. On peut minimiser les risques en effectuant des essais exhaustifs en laboratoire pour comprendre les effets attendus, en élaborant des objectifs clairs de l'essai, en communiquant ces objectifs à tous les employés engagés ou touchés, en prenant des mesures fréquentes avant, pendant et après l'essai, et en mettant sur pied des plans de rechange advenant des résultats inattendus.

En cette époque où il est essentiel de minimiser les coûts et de maximiser l'efficacité, l'amélioration continue des procédés est importante. Avec un taux élevé de roulement de personnel en raison de nombreuses retraites, il est important de rappeler aux nouveaux employés qu'on retrouve beaucoup de science dans l'industrie des pâtes et papiers, et que la méthode scientifique constitue toujours un outil clé pour améliorer les procédés.


Martin Fairbank a travaillé dans le domaine de la foresterie pendant 31 ans, y compris de nombreuses années pour un producteur de pâtes et papier et deux ans avec Ressources Naturelles Canada. Détenteur d'un PhD en chimie et d'une expérience en amélioration de procédés, développement de produits, gestion d'énergie et de production rentable, Martin est actuellement un conseiller indépendant basé à Montréal. Il est également écrivain et a publié récemment Resolute Roots qui relate les 200 ans d'histoire de la compagnie Produits forestiers Résolu et de ses prédécesseurs.

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