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FAB 3R : diversification des activités

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FAB 3R, née de GL&V est une entreprise emblématique de l'industrie papetière de Trois Rivières. Quand l'entreprise décide en 2013 de fermer les portes de sa division « fabrication », trois gestionnaires de l'usine décident d'acheter l'usine. Au lieu de fermer, l'entreprise se réinvente sans oublier l'industrie des pâtes et papiers.

Comme le relatait récemment le journal Les Affaires dans une nouvelle série intitulée « Ces gens qui font une région », la détermination et la vision sont souvent au cœur des bonnes nouvelles économiques ! Quand l'entreprise de GL&V Trois-Rivières a annoncé sa fermeture en 2013, Yves Lacroix a tout simplement décidé de l'acheter. Il croyait fermement dans son potentiel et c'est assez facilement qu'il il a convaincu deux de ses collègues, Chantal Rochette et Martin Magny de se joindre à lui.. Yves Lacroix travaillait pour GL&V depuis vingt ans et n'a pas accepté de voir l'entreprise fermer comme plusieurs autres usines de la région. 150 autres emplois étaient en jeu. 150 emplois ont été sauvés.

Cette nouvelle compagnie, complètement indépendante, c'est FAB 3R. Avant d'être créée, l'entreprise ciblait aussi d'autres secteurs industriels : hydroélectricité, traitement de l'eau, mines, énergie ou alumineries. Toutefois, GL&V était très connue dans le secteur des pâtes et papiers et c'était peut-être à son désavantage au sortir de la crise qu'a connu le secteur. Si GL&V s'est départi de sa division de fabrication, c'est que « ça ne faisait plus partie de ses orientations stratégiques ». En clair, il y a fort à parier que ça n'allait pas très bien en termes de revenus. Clairement, le ralentissement économique dans le secteur des pâtes et papiers a dû jouer un rôle dans la décision. Par ailleurs, plusieurs considèrent encore ses perspectives de croissance assez limitées. Or, ce secteur était la colonne vertébrale du groupe GL&V et, outre les acheteurs, il y avait peu d'acquéreurs potentiels au Québec pour une telle entreprise manufacturière. Quand on produit des pièces comme des arbres de turbine qui peuvent peser jusqu'à 100 tonnes, la concurrence est internationale. On imagine bien les Chinois dans le même carré de sable.

GL&V et FAB 3R : partenaires d'affaires?

Notons qu'à Trois-Rivières, seule la division Fabrication de GL&V a été vendue en 2013. Le Groupe GLV a conservé sa division « pâtes et papiers » que l'on trouve aujourd'hui sur le boulevard Westinghouse dans la même ville que l'usine de FAB 3R. Celle-ci est-elle devenue en "compétition" avec GL&V? La réponse diplomatique fournie par le service des communications de l'entreprise indique au contraire que les deux compagnies sont devenues complémentaires. Depuis deux ans et demi, FAB 3R travaille d'ailleurs souvent pour GL&V. La complémentarité vient de leur expertise en fabrication ou en réparation de certains des équipements de la multinationale qui sont destinés au marché des usines de pâtes et papiers. Si l'on prend l'exemple des équipements CANRON, c'est maintenant FAB 3R qui détient 100 % de la propriété intellectuelle. C'est certainement un atout. FAB 3R peut maintenant affirmer être le fabricant d'origine pour les équipements CANRON. Son site web annonce avec raison que : « Comme pour une voiture, faire affaire avec le fabricant d'origine est très avantageux. »

Une bonne idée, un effort collectif

Les trois Trifluviens qui ont investi dans FB 3R ont présenté 8 millions de dollars pour l'obtention des équipements et du fonds de commerce. Un prêt sans intérêt du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie a été très bienvenu, mais cette somme a aussi été récoltée grâce à des investissements personnels, à une marge de crédit offerte par Desjardins et à une garantie de prêt d'Investissement Québec. Les vendeurs, GL&V acceptèrent d'échelonner leurs paiements compte tenu de leur attachement à la communauté. Bien qu'elle ait eu plusieurs noms, la première coulée d'acier du groupe trifluvien date de 1889.

Deux ans et demi après le rachat de l'entreprise par des employés qui travaillaient auparavant pour cette véritable institution industrielle, le volume d'affaires de la nouvelle entité avait augmenté de 15 %. Dès 2013, les dirigeants actuels décidèrent de consolider leur base de clients en démontrant qu'ils avaient les reins solides et que la qualité serait toujours au rendez-vous. En 2016, environ 50 % des activités de FAB 3R touchent directement le secteur de l'industrie papetière. L'usine est encore très active par exemple dans la réparation d'équipements pour les machines à papier. Parmi leurs clients, Kruger et WestRock. En même temps, FAB 3R continue de clamer haut et fort son désir de se diversifier en développant de nouveaux marchés.


Composantes pour les machineries d'usines de pâtes et papiers. Crédit photo : FAB 3R


Sortir de la morosité économique

La jeune entreprise trifluvienne connue dans le secteur papetier met l'accent sur une nouvelle gamme d'équipements et de pièces fabriquées selon les demandes des grands manufacturiers, mais elle souhaite aussi commencer à concevoir ses propres produits. Selon les dirigeants, cette orientation stratégique lui permettrait de s'attaquer plus sérieusement au marché international. À l'heure actuelle, FAB 3R se décrit comme un « manufacturier spécialisé dans l'usinage, la fabrication et le montage mécanique d'équipements lourds et de pièces de grandes dimensions. » C'est facile dans une usine de 200?000 pieds carrés.

Voilà une bien belle histoire pour le développement économique régional. Elle illustre en outre qu'il est possible pour les villes traditionnellement orientées sur les pâtes et papiers de se relever des difficiles dernières années. C'est aussi une belle histoire pour les salariés de l'entreprise. Motivés par la sauvegarde de leurs emplois sur les rives de la Saint-Maurice, ceux-ci ont même décidé qu'ils ne toucheraient pas à leur convention collective d'ici 2020. Près de 10 % des 150 employés actuels sont issus d'usines de pâtes et papier et l'ancienneté moyenne de l'ensemble des employés est de 20 ans. C'est court quand on sait que l'on contribue à la survie de la plus vieille industrie de Trois-Rivières.


 
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