Accueil Gens de l'industrie Entrevues Cristini: là pour rester et pour croître !

Cristini: là pour rester et pour croître !

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Le Groupe Cristini investit en Amérique du Nord, là où des compétiteurs « rationalisent leurs opérations ». Le Maître Papetier s'est rendu dans l'usine de l'entreprise familiale à Lachute. Cristini vient d'y investir près de trois millions de dollars.

Vittorio Montiglio était de passage au Canada la semaine dernière. Monsieur Montiglio est président de Cristini Amérique du Nord, mais travaille au siège social de l'entreprise en Italie. Lors de notre rencontre, il était accompagné par John Feola, directeur général de l'entreprise de ce côté de l'Atlantique. L'occasion était idéale pour parler d'une vague d'investissements récents. Que devrait devenir l'entreprise d'habillages pour machines à pâtes alors que les entreprises se repositionnent, quel est l'état du marché, quelles sont les évolutions technologiques importantes, quelle est l'importance du service client pour Cristini et quelles sont les différences entre un café italien et celui du Tim Hortons du boulevard Cristini!

Le Groupe Cristini a construit son usine de Lachute en 1997. Le site produit des câbles d'embarquement et leur environnement mécanique. C'est aussi à Lachute que l'on produit les toiles spiralées destinées aux sécheries des machines à papiers ou aux unités de filtration. « 1997, c'est presque 20 ans, mais il faut dire que nous venons au Canada par affaires depuis le début des années 1980 » dit Vittorio Montiglio. L'implantation canadienne de la compagnie date donc d'il y a plus de trente ans.

Potentiel soutenu en Amérique du Nord

John Feola nous rappelle à l'ordre. Il fait valoir que la bonne nouvelle, outre la visite du patron, c'est l'installation de 3 lignes de productions toutes neuves. Cristini opère maintenant avec de nouvelles installations pour fabriquer ses pièces d'habillage. Cet investissement n'est pas banal dans un contexte où plusieurs compétiteurs, de gros joueurs à l'international, rationalisent leurs opérations et produisent ailleurs pour réduire leurs coûts. Allant à contre-courant, Cristini semble être ici pour y rester. « Considérant nos propriétaires italiens, certains industriels me demandent parfois si l'on prévoit plier bagage – je crie haut et fort que nous n'en avons pas du tout l'intention! » Vittorio Montiglio renchérit : « Nous croyons au potentiel du marché nord-américain qui correspond à notre modèle d'affaires. » Il précise qu'il est tentant pour les grands joueurs d'aller du côté de l'Asie. « Toutefois, les machines à papier d'ici sont plus modernes, plus performantes et ceci convient aux solutions de pointe que nous développons. »

L'avantage Cristini, l'avantage lachutois

Il y a quelques années, peu d'entreprises d'ici ajoutaient de contenu recyclé à leurs produits rappelle monsieur Montiglio. « Au contraire, en Europe, nous utilisons le recyclé depuis longtemps. C'était notre avantage quand nous sommes arrivés au Canada il y a trois décennies et ce l'est encore aujourd'hui. » Les produits de Cristini demeurent dans une gamme technologique unique et s'appliquent toujours aussi bien au recyclé. « C'est ce qui nous a assuré très tôt une part de marché auprès d'entreprises à l'avant garde dans la production du papier ou du carton. » John Feola explique que le « corridor d'intervention de l'entreprise est justement centré sur l'ouest de l'Europe et sur l'Amérique du Nord. « Nous n'avons pas la taille de nos compétiteurs pour garantir des tonnes et des tonnes de feutres et c'est pourquoi nous avons décidé de nous concentrer là où il y a une technologie de pointe compatible avec notre offre. » À ses produits de niche, Cristini dit combiner un « excellent service au client ».

À Lachute on produit les toiles spiralées pour l'ensemble du Groupe Cristini. Chaque site industriel du groupe se spécialise en effet dans un produit différent. « Ceci nous permet d'être plus efficaces, plus performants et c'est plus rentable malgré les coûts de transport », précise John Feola. De même, Cristini exporte dans quelque 50 pays. La toile en production lors de notre visite partait en Russie le jour même. Considérant l'intégration internationale des activités de l'entreprise, on comprend que les autres sites de Cristini ont investi aussi de manière importante depuis quelques années.

Investissement et continuum historique

« En tout, c'est près de trois millions de dollars qui ont été investis dans l'usine de Lachute au cours des cinq derniers mois. » Selon la compagnie, on parlerait de 2,5 millions de dollars seulement en ce qui concerne les deux principales pièces de machinerie – « les Lamborghini » de l'instrumentation servant à la fabrication de toiles spiralées. Ce sont ces toiles qui servent aux segments de filtration ou de séchage des machines à papier. « En seulement cinq mois, on note une augmentation en productivité de plus de 40 % et ceci, avec le même nombre d'employés en usine (25) ». Cristini a évolué grâce à la combinaison de l'amélioration des technologies de tissage et de l'intégration de matériaux synthétiques. Les 2,5 millions qui viennent d'être investis suivent cette même mouvance historique. John Feola ajoute qu'une deuxième phase d'investissements arrivera en 2016 pour améliorer les performances de production. « Il y a deux angles à notre stratégie de modernisation : l'habillage comme tel et les services diagnostics que nous souhaitons rendre encore plus performants. » À ces derniers services se greffe un centre de réparation et de suivi avec les clients. Ils profiteront d'argent neuf d'ici peu.

Lachute : penser global, agir local

Une importante motivation derrière ces investissements tient à la décision prise par Cristini de fabriquer des toiles spiralées à fils plats. Il s'agit d'un produit très spécialisé dans une industrie, qui, à vue d'œil, fournit des produits très similaires. Et pourtant, il s'agit d'un produit de très haute qualité et Cristini serait la seule en Amérique du Nord à les produire. Les toiles spiralées à fils plats sont utilisées pour la production de cartons d'emballage ou pour le papier fin, mais sont spécifiquement conçues pour les machines à papier à haute vitesse. « Sud-est et centre des États-Unis, Canada, etc. Il y a un immense bassin de clients potentiels » lance fièrement John Feola. Plus spécifiquement, Cristini souhaite s'attaquer au marché de l'emballage qui a pris une nouvelle vigueur au cours des derniers mois. « Il y clairement un intérêt en Amérique du Nord pour le carton doublure léger (lightweight linerboard) avec contenu recyclé et nous sommes là pour y répondre. »

L'expérience européenne de Cristini pourra en effet servir aux producteurs d'ici. Le carton léger en Europe est encore bien en avance sur celui fabriqué ici dit, monsieur Montiglio. Outre le poids moyen des emballages qui est 20 % plus bas en Europe, le grammage aussi en dit long : « on parle de 70 à 80 grammes par mètres carrés alors qu'ici 'léger' signifie 100 grammes. Les machines européennes tournent à près de 1800 mètres minutes sur du 80 g/m2, 100 % recyclé et c'est entre autres notre savoir-faire avec les feutres qui permet d'atteindre de pareilles vitesses. Nos compétiteurs utilisent des feutres plus épais. On enlève donc plus d'eau avec des feutres plus légers ».

Vittorio Montiglio rappelle que par le passé il y avait deux gros marchés pour les fournisseurs des papetières : l'Amérique du Nord et l'Europe. L'Asie n'était qu'un tout petit marché. « Aujourd'hui, il y a trois grands marchés et ils sont plus ou moins tous de la même taille. La Chine dépasse presque les États-Unis en production de papier et nos compétiteurs ont suivi ce marché en Asie. » La vision des dirigeants de Cristini est différente. « Le développement des marchés dits 'traditionnels' est une priorité. » Les efforts de l'entreprise en développement d'affaires se sont concentrés en Amérique du Nord. Une des raisons vient du fait que l'Asie ne serait pas un marché en haute technologie selon monsieur Montiglio. C'est une vérité de La Palice, la qualité du papier en Chine n'est pas la même que celle des pays de l'OCDE. « Même s'ils ont énormément investi, leurs machines à papier ne sont pas performantes comme les nôtres. » Leur efficacité est moindre. Leur vitesse aussi. « Ainsi, une machine neuve d'un compétiteur comme Valmet tourne à 1000 ou 1200 mètres par minute en Chine alors qu'en Europe et en Amérique du Nord elle tournera à 1600 ou 1700 mètres. »

Services personnalisés

Pour une papetière les feutres et toiles représentent un coût de production minime par rapport aux dépenses additionnelles comme celles liées aux arrêts des machines à papier pour l'entretien. Aujourd'hui, les usines ont de moins en moins d'employés responsables de l'habillage. La mise en place, l'entretien ou le remplacement des toiles comme des feutres est souvent devenu la responsabilité des fournisseurs externes comme Cristini. En ce sens, la présence nord-américaine de l'entreprise est un énorme avantage pour les clients. Le volet diagnostic de l'offre de Cristini en est un bon exemple. Il permet de faire épargner les papetières et leur donne une information technique en continu. John Feola résume le tout en parlant de la division Systèmes Diagnostique, là où « chaque instrument est calibré rigoureusement de manière à personnaliser notre service auprès des papetières » Les appareils de diagnostic développés au Canada sont maintenant installés sur les machines à papier de manière permanente. Parmi les autres avantages : les économies d'énergie et la sécurité des employés qui doivent autrement entrer en personne dans la machine pour chaque diagnostic. « Voilà une pratique que l'on verra disparaître très rapidement » selon Vittorio Montiglio.

Lecture recommandée :
« Habillage pour machines à papier: un 100e à 360 km/h pour Cristini » (Maitre Papetier, octobre 2014).

Pour plus d'informations: www.cristini.com (en anglais).


 

 

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