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Claude Routhier, président de Poly-Énergie

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Cité Verte
Le plus gros projet de chauffage à la biomasse au Québec

Au centre-ville de Québec, La Cité Verte, un écoquartier unique, est en train de redéfinir le concept d'aménagement urbain durable. Efficacité énergétique, récupération de l'eau, collecte des matières résiduelles avant-gardiste et chauffage à la biomasse pour réduire au minimum l'empreinte environnementale du site.

Le Maître papetier s'est entretenu avec Claude Routhier, président de Poly-Énergie, la division en efficacité énergétique de Génécor, la firme de génie conseil en mécanique du bâtiment responsable du projet.

Brève description de la Cité Verte

La cité verte est le premier projet multi résidentiel d'envergure dans le domaine du bâtiment vert au Québec. Situé dans le quartier St-Sacrement, le projet, qui couvre 93 000 m carrés, inclut la construction et la mise en valeur de condominium, de maisons de ville, de bureaux et commerces qui s'inscrivent dans une logique de développement durable. Réalisé par SSQ Immobilier, le projet a nécessité des investissements de 300 M$. À terme, les bâtiments consommeront 30 % moins d'énergie, la moitié moins d'eau tout en préservant les espaces verts.

Pourquoi avoir choisi de chauffer la Cité Verte à la biomasse ?

Nous avons considéré la géothermie, mais ça aurait nécessité des centaines de forages en dessous du site. Pour une viabilité à long terme du site, on a présenté un système de chauffage à la biomasse qui a été accepté par la SSQ. D'un point de vue environnemental, la biomasse est une source d'énergie carbone neutre. La SSQ est très sensibilisée aux enjeux environnementaux et, pour eux, c'était important de donner plus de visibilité à ce mode d'énergie verte et renouvelable.

Quelle est l'ampleur du projet ?

C'est le plus important projet chauffage à la biomasse au Québec et possiblement le plus important au Canada également. Nous avons donc pris des mesures pour nous assurer que la gestion du système de chauffage ne donne pas plus d'ouvrage qu'une centrale de même capacité fonctionnant avec un combustible fossile. Il ne nécessite que quelques vérifications, car il est entièrement automatisé.

Comment avez-vous assuré votre approvisionnement en biomasse ?

Notre fournisseur est Granules LG qui nous assure la disponibilité et l'approvisionnement en granules. L'utilisation de granules nous permet aussi de réduire le temps de livraison et le volume de stockage sur le site.

Quelle est la technologie utilisée ?

Afin d'assurer une très haute fiabilité technique et assurer le respect des normes au point de vue des émissions pour le projet, nous avons travaillé avec Viessman, l'un des plus important manufacturier de chaudières au monde. Quatre bouilloires de 1,25 MW sont installées en série pour une puissance totale de 5MW. Les produits de Viessmann étaient des chaudières de grande série dont le fonctionnement était éprouvé et c'était important pour nous d'éviter de donner un mauvais départ à la filière biomasse en milieu urbain et de ne pas risquer d'utiliser un produit qui en aurait été à ses premières installations.

Est-ce que la combustion de la biomasse peut créer des problèmes de qualité de l'air ?

Les tests environnementaux ont démontré que nos émissions sont trois fois en bas de la norme de 150 mg de particules par mètre cube. Des fonctionnaires de la ville Québec nous ont même indiqués que notre centrale de 5 MW n'émettrait pas plus de poussière que 5 à 10 poêles à bois résidentiels certifiés EPA.

Comment la chaleur est-elle distribuée dans les bâtiments ?

Nous avons beaucoup travaillé sur le développement de la technologie de chauffage urbain à haute performance. Deux réservoirs de 22 000 litres sont chauffés à une température atteignant jusqu'à 90 degrés Celsius. L'eau est ensuite distribuée vers les immeubles où les sous-stations s'assurent qu'elle revient à la centrale avec une température maximum de 50°C.

Est-ce que le chauffage à la biomasse était la solution la plus économique ?

Non. Le gaz naturel, par exemple, dont le prix a chuté de façon spectaculaire, ou l'électricité aurait été beaucoup moins chère si l'on tient compte de l'investissement requis pour la biomasse. Mais SSQ souhaitait que le projet soit spécifique et conserve un caractère de très haute performance environnementale. Avec les subventions d'Hydro-Québec et du Fonds de l'Énergie Propre de Ressources Naturelles Canada, il était possible de réaliser l'option biomasse en respectant les coûts auxquels les consommateurs québécois sont habitués.

Est-ce que le chauffage à la biomasse demeure une option viable pour les nouveaux bâtiments?

Ce sera un grand défi que de rivaliser avec gaz naturel et l'électricité. Il y a de fortes possibilités de développement pour le secteur de la biomasse, mais le gouvernement n'envoie pas toujours le bon signal. Par exemple, en voulant monter le gaz naturel de Jonquière à Baie-Comeau pour les minières, il desservira certainement en chemin plusieurs localités qui auraient eu avantage à se tourner vers la biomasse.

Le gouvernement a fait beaucoup d'efforts pour stimuler la production de biomasse et nos producteurs sont maintenant parmi les plus efficaces. Il devra aussi faire des efforts pour stimuler son utilisation, en livraison par vrac particulièrement, sinon ce sera difficile de développer le marché. Pour l'instant, ce sont des promoteurs audacieux qui choisissent la biomasse par conviction et pour faire avancer la technologie.

Est-ce que la centrale thermique de la Cité Verte est en opération ?

La centrale thermique est terminée et opérationnelle et elle dessert la chaleur aux bâtiments existants. La tuyauterie et les infrastructures du réseau souterrain de chauffage urbain seront construites d'ici l'automne pour les autres bâtiments en 2012.

Comptez-vous continuer à utiliser la biomasse dans vos projets ?

Oui. Une annonce importante pourrait être faite prochainement à propos d'un projet du même ordre de grandeur que la Cité Verte.

L'Europe peut-elle être un modèle de développement de la biomasse?

Il existe 1400 projets comme Cité verte en Autriche et leurs forêts sont souvent plus belles que les nôtres. Partout en Europe, ils utilisent beaucoup plus de chauffage au bois, surtout sous forme de granules, même si celui-ci est de 30 à 40 % plus cher que chez nous. Ils ont des centaines de manufacturiers qui développent le produit et les appareils pour l'utiliser. Et malgré la petite quantité de forêts, ils ont la capacité de se suffire à eux même. C'est même choquant de voir comment ils intègrent beaucoup plus rapidement que nous des énergies renouvelables au bénéfice de leur communauté.

Le bas prix relatif de l'électricité et du gaz naturel au Québec désavantage grandement le développement de la filière biomasse. Cette réalité dirige la conversion de système de chauffage au mazout vers ces filières. Heureusement, des entrepreneurs audacieux osent tout de même entreprendre l'aventure du chauffage à la biomasse dans les nouvelles constructions. Des projets verts comme la Cité Verte offre une belle vitrine à cette filière en émergence d'énergie renouvelable de haute qualité.

 

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