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Mercredi 19 décembre 2018

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Peluchage : ces fibres dont nous ne voulons pas

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Dans cette chronique, nous faisons une brève révision d'un sujet toujours d'actualité : le peluchage du papier dans les presses offset. Loin de proposer une solution-miracle, nous suggérons toutefois des pistes de solution. Il ne faut pas oublier que le peluchage est une affaire d'interactions entre la presse et le papier... Nous nous contenterons de regarder ce que le papetier peut faire pour minimiser ce fléau, de son côté de l'équation.

L'utilisation répandue de presses offset de plus en plus rapides et l'application de toujours plus de couleurs sur lesdites presses provoquent l'aggravation d'un problème qui était déjà des plus répandu en imprimerie, soit le peluchage. Ce phénomène se décrit comme l'accumulation dans les presses (rouleaux et/ou blanchets) de fines particules de poussières qui nuisent au bon fonctionnement de la presse et à la qualité de l'impression de la feuille après un certain tirage. L'analyse de ces poussières montre la plupart du temps qu'il s'agit principalement de cellules de parenchyme (« ray cells »), de fibres cassées ou non fibrilées ou bien de pigments de charges. On décrit le mécanisme du peluchage comme étant le résultat de l'effet des forces appliquées par le film d'encre, ainsi que de l'énergie qui lie les fibres entre elles sur la surface du papier. Le peluchage est également relié à l'écoulement de l'encre sous pression dans la pince de la presse. Différents degrés de force appliquée vont générer différents types de peluchage; à faible force, on obtient du poussiérage (« dusting »), à force moyenne, du peluchage (« lint ») et à grande force, on parle d'arrachage (« picking »).

beaulieu2-photo2Afin de minimiser les problèmes de peluchage, le papetier aura avantage à travailler conjointement avec l'imprimeur. En effet, de nombreux paramètres d'impression ont de l'influence sur le peluchage. Mais lorsque ceux-ci nous renvoient à la table à dessin en nous disant que notre papier a un problème alors que celui de la compétition n'en a pas, alors, il ne faut pas hésiter à regarder dans notre cour.... Tout d'abord, il est recommandé, dans la mesure du possible, de limiter les sources de cellules de parenchyme (ex: Pin Gris, vieux copeaux). On peut également améliorer la liaison des fines et pigments par des moyens mécaniques (raffinage, ratio jet/toile). Le fait de fractionner la pâte en utilisant des hydrocyclones pour ensuite raffiner les rejets réduit le peluchage et améliore les propriétés de surface. Il faut porter une attention particulière au collage (« picking ») aux presses. En effet, celui-ci endommagera la surface de la feuille qui sera ensuite plus fragile lorsqu'exposée aux encres collantes et aux solutions fontaines. De la même façon, on doit éviter les grands chocs de température dans les séchoirs, qui auront le même effet. De plus, trop de calandrage (pince dure) peut également induire le peluchage en brisant mécaniquement certaines fibres de la surface. Pour les cellules de parenchyme, aucun moyen mécanique connu ne fonctionne pour améliorer leur liaison. On ne peut que tenter de les lier électro-statiquement dans la feuille. En dernier recours, il faut souvent considérer les solutions chimiques.

Évidemment, les meilleurs traitements demeurent ceux que l'on peut appliquer à la surface du papier, soit par une presse-encolleuse ou bien un poste de couchage. L'amidon ou l'alcool polyvinylique sont utilisés avec succès depuis des décennies dans plusieurs pays, dont le Japon. Mais si votre budget ne vous permet pas l'ajout d'une telle pièce d'équipement sur votre machine à papier (l'argent pour les investissements de la sorte étant rare par les temps qui courent), alors vous devrez vous tourner vers la chimie de la partie humide. Les technologies disponibles incluent les cires micro-cristallines, les agents coagulants, les agents d'encollage, ainsi que les agents liants synthétiques ou naturels (amidons). Chacune de ces technologies a ses limites, ses avantages et ses inconvénients. Il vous appartient donc de consulter vos fournisseurs préférés et de vous enquérir de leurs expériences positives quant à la réduction significative du peluchage.... Bonne recherche !


Gilles-Beaulieu
Collaboration spéciale de Gilles Beaulieu, Directeur technique,
chimie de la partie humide, Pâtes et papiers, chez Quadra Chimie, Québec, QC.


Nous en profitons pour faire appel à tous ceux parmi vous qui auraient des sujets et/ou articles techniques d’intérêt public que vous seriez prêt à partager dans le cadre de cette chronique. Vous avez des situations corsées à régler dans vos procédés ? Vous avez des solutions à proposer ? Partagez-les avec nous ! Votre collaboration est la bienvenue !

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